Déconfinement, reprise de l’école le 22 juin : les réactions des enseignants et des parents d’élèves en Pays de la Loire

Le Président Macron a annoncé dimanche le retour obligatoire à l’école de tous les élèves du primaire et du collège à partir du 22 juin. Parents et enseignants des Pays de la Loire se félicitent de la reprise de l'école pour tous, mais des interrogations persistent.
Schéma d'organisation post Covid-19 devant une école de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique)
Schéma d'organisation post Covid-19 devant une école de Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique) © Denis Leroy- France Télévisions

"C’est une très bonne chose, car depuis le début du déconfinement, nous demandons que le retour à l’école ne soit pas sur la base du volontariat", explique Céline Sierra, co-secrétaire départemental du SNUIPP/FSU de Loire-Atlantique.

"Il est urgent que tous les élèves reviennent à l’école, car les inégalités ne font que se creuser", constate-t-elle, consciente que certains élèves ne bénéficient pas d’accès aux outils numériques et ne peuvent pas bénéficier d’un accompagnement scolaire par leurs parents.

"Quel que soit l’enfant, qu’il ait eu ou pas des difficultés scolaires avant le confinement, son rapport à l’école est forcément distancié. Il y a une perte de contact importante avec les apprentissages. C’est forcément dommageable pour tous les enfants", explique Céline Sierra.
 

Un protocole sanitaire allégé

La FCPE, fédération des parents d’élèves, se félicite également du retour à une scolarisation normale pour tous les élèves, car "la situation d’accueil des élèves dans les établissements était très diverse d’un territoire à un autre".

"L’accueil ne concernait qu’une petite proportion d’élèves et la situation pour les familles était extrêmement compliquée, en particulier pour les parents en reprise d’activité", explique Florence Prudhomme, co-présidente de la FCPE du Maine-et-Loire.

Le syndicat enseignant regrette cependant le manque de concertation de la part du gouvernement et du ministère de l’Education concernant les modalités d'accueil des élèves. "Le gouvernement aurait dû s’adresser d’abord aux représentants du personnel dans les instances pour préparer le retour des élèves. A une semaine de la reprise, nous n’avons aucun éléments concrets sur le protocole sanitaire"

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education a apporté quelques précisions ce lundi matin sur Europe 1 comme la fin de la limitation à 15 élèves par classe et l’allègement de la distanciation physique. "Elle sera moins contraignante puisqu’elle passera de 4 m2 à un mètre latéral entre chaque élève", a-t-il expliqué.

Les détails du protocole sanitaire devraient être connus mardi 16 juin, mais déjà les syndicats s’inquiètent des moyens pour le mettre en œuvre. "Il faudra poursuivre les gestes barrières, le lavage des mains six fois par jour, ce qui nécessite des aménagements", relève le syndicat. "Et comment installer 30 tables espacées d’un mètre ?". Les enseignants n'auront que quelques jours pour réorganiser l'accueil des élèves. 
 

La rentrée 2020/2021 en question

"Ces deux semaines de reprise vont être un galop d’essai, une manière de prendre la mesure de tout ce qui va devoir se mettre en place à la prochaine rentrée", espère Florence Prudhomme, préoccupée par les conditions de la rentrée 2020/2021 et la continuité pédagogique.

"Car après cette période, il y aura des manques à combler pour un certain nombre d’élèves. Certains ont été en difficulté, d’autres en décrochage scolaire. Comment les équipes pédagogiques vont-elle gérer la poursuite des apprentissages tout en incluant cette période ?", s'interroge-t-elle.

Pour faire face aux enjeux de la rentrée prochaine, le syndicat enseignant demande un plan de recrutement d’enseignants et la réduction des effectifs par classe. "Toutes les études l’ont prouvé. Il faut que le nombre d’élèves par classe diminue pour tous les niveaux du primaire, de la petite section au CM2 et il en va de même pour le collège et le lycée", préconise le syndicat enseignant.

Interrogé sur Europe 1, ce lundi 15 juin, le ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse s’est prononcé en faveur d’une plus grande personnalisation du parcours des élèves, d’une évaluation de début d’année et pour des aides personnalisées.

 

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