Documentaire. "Réparer mon visage" : l'histoire de la reconstruction faciale et intérieure de Caroline après son accident de cheval

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Publié le Mis à jour le

C'est suite à une ruade de son cheval que Caroline Puig-Grenetier a eu la moitié du visage broyé. Elle raconte le lent parcours de sa reconstruction faciale et intérieure, à travers son documentaire "Réparer mon visage". Deux autres femmes témoignent elles aussi dans ce film intimiste et pudique. Un hymne à la vie à découvrir sur France 3 Pays de la Loire

Il est des jours qui ne se ressemblent pas et des matins qui ne seront plus jamais comme avant. Pourtant, il faudra faire avec.

Ce matin-là, Caroline Puig-Grenetier l'a connu. C'était au lendemain de son accident de cheval. Au réveil de la première d'une longue série d'opérations en chirurgie maxillo-faciale. " Est-ce que je vais vivre ?" avait-elle demandé au chirurgien. La réponse, " On va se battre" résonne encore en elle.

La veille, avait été comme tous les autres jours jusqu'à cette ruade qui lui avait broyé la moitié du visage. S'en suivront trois ans d'opérations entre lesquelles il faut trouver des moments de répit. En réparant le visage, il faut aussi se réparer l'âme, se pardonner de "faire de la peine à son entourage", faire le deuil de celle que l'on était avant. "Pendant qu'on me décabossait à l'hôpital, je pensais à mes proches, dit Jacky, le visage complètement détruit dans un accident d'avion il y a 30 ans. Je suis restée deux ans sans vouloir voir ma mère. Je ne voulais pas lui faire de peine. Quand je l'ai vue, elle m'a dit que bien sûr elle me reconnaissait. C'était un joli mensonge."

"Le regard de l'autre est parfois plus compliqué que notre propre regard"

Docteur Virginie Prade, chirurgien maxillo-facial

Les deux chirurgiens qui ont opéré Caroline Puig-Grenetier témoignent dans son film. Il y a les gestes techniques et l'accompagnement du patient. Parce que refaire un visage, c'est aussi changer le visage : "On doit avoir une vision analytique et architecturale qui va nous servir, avec le patient, à définir une stratégie de reconstruction", explique le docteur Thomas Alix. Parce que c'est "un voyage inédit que la réparation du visage" comme le dit Caroline. " Un voyage, c'est le bon mot, reprend le docteur Virginie Prade. Un voyage où aucune étape ne ressemble à l'autre. Mais un voyage que l'on fait ensemble. On a besoin de l'adhésion totale du patient que l'on doit accompagner dans cette reconstruction-transformation. Parce qu'on sait aussi que le regard de l'autre est parfois bien plus compliqué que notre propre regard".

Que faire du regard de l'autre quand on a perdu la vue et tout le haut de son visage ? C'est arrivé à Ninon. Cavalière elle aussi, compétitrice et victime d'une ruade, elle a dû se réapprendre au toucher, découvrir un nouveau nez, un nouveau front et "des yeux en plastique" comme elle dit dans un sourire.

Le film, "Réparer mon visage" est porté par un récit à la première personne de Caroline Puig-Grenetier, la réalisatrice. Un récit sans pathos ni voyeurisme mais tout en douceur. En interrogations aussi. Un film intimiste et pudique qui questionne sur la résilience. Un formidable et bouleversant hymne à la vie.

Article écrit par Françoise Boissonnat

"Réparer mon visage" de Caroline Puig-Grenetier, une coproduction franceTV/Nomade Productions à voir sur France 3 Pays de la Loire jeudi 6 avril à 23h40

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