Épuisement parental : quand les parents perdent le contrôle

Publié le
Écrit par Johann Pailloux .

Vous êtes seul(e), quotidiennement, avec votre ou vos enfants. Ils vous réveillent la nuit, vous réclament sans cesse, piquent des crises. Vous en parlez à vos proches. On vous répond "ce sont des enfants". On vous soutient de loin, mais personne ne voit ce que vous vivez réellement. Vous perdez pied. Vous ne vous reconnaissez plus. Vous êtes épuisé.

Stéphanie Allenou participe aujourd’hui à des ateliers et des conférences sur l’épuisement parental, pour témoigner, expliquer, mettre des mots sur les maux. Pour que les parents, parfois en grande détresse, se sentent moins seuls et entrevoient des solutions.

Les quatre enfants de Stéphanie, dont des jumeaux, sont grands désormais. Il est déjà loin le temps où cette maman, éducatrice spécialisée, a vécu sa "longue descente aux enfers" comme elle le raconte dans le livre Mère épuisée*.

"On ne se rend pas compte de la manière et de la vitesse à laquelle ça se dégrade", affirme Stéphanie. "Tous les matins, on se lève en se disant que ça va le faire, et ça part en vrille dans les dix minutes."

Je voyais mes enfants comme des mini-tyrans

L’auteure se remémore ce double sentiment d’isolement et d’injustice qui s’étaient emparés d’elle avec trois enfants en bas-âge à l’époque.

Un isolement physique, parce qu’on n’est pas entouré, et parfois psychique, car même si on est entouré, on a l’impression que les gens ne comprennent pas ce qu’on endure.

Stéphanie Allenou

auteure de Mère épuisée

Stéphanie vit un combat permanent, surtout contre elle-même. "En congé parental, il n’y a pas d’arrêt et on est censé tout assurer, dans l’imaginaire collectif en tous cas. Enfants, maison, santé, papiers… Le congé parental ne devrait pas être d’être 24/24 avec les enfants. Les parents ont besoin de se ressourcer. Il faut vraiment faire le tour des associations, se retrouver en situation de groupe, sinon ce n’est pas tenable."

Les parents perdent encore le contrôle

Et puis il y a parfois cette violence éducative qui se met en place de manière insidieuse. "La première gifle a été un détonateur. Je me suis dit c’est quoi la suite ?"

Le sujet est tabou, honteux. La fessée est interdite en France mais "la réalité, c’est que les parents perdent encore le contrôle", explique Stéphanie. "Moi aussi, il m’arrive de donner des fessées" lui rapportent les mamans avec lesquelles elle échange. "Personne n’en parle. On fait comme si ça n’existait plus", regrette-t-elle. "Du coup, on laisse dans la panade des gens qui ne savent plus comment faire. Il faut des endroits pour en parler sans avoir la peur du gendarme derrière. Un travail de fond peut se faire pour aider à sortir de ces comportements".

Stéphanie encourage les mères, les pères, à évoquer leurs difficultés. "On peut avoir très peur d’en parler, mais c’est la seule solution de s’en sortir."

*Mère épuisée, de Stéphanie Allenou, aux éditions Les Liens qui Libèrent

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