pays de la loire
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Dans la vraie vie, ils sont juriste, étudiant, chef de rayon, inspecteur qualité, intérimaire, mais au Hellfest, ils sont surtout métalleux et métalleuses. Avant de les retrouver tous à Clisson du 17 au 19 juin, ils nous parlent avec leurs mots de leur passion pour le festival de musiques extrêmes...

Gaëlle, 50 ans, juste un rêve !

Elle rêvait d'y aller depuis sa création mais s'imaginait trop vieille, jusqu'au jour où ses enfants lui ont offert un pass. En 2014, Gaëlle, 50 ans, juriste à Bordeaux, goûte au Hellfest et n'en décroche plus...
Gaëlle (à droite) et sa fille Chloé aux portes de l'enfer
Gaëlle (à droite) et sa fille Chloé aux portes de l'enfer
"Je rêvais d'y aller depuis sa création. Je suivais la programmation, j'écoutais les morceaux, je regardais les concerts sur youtube... C'était un rêve, juste un rêve.

Pourquoi ? Parce que j'ai 50 ans et, même si je fais partie de la grande tribu du métal, je n'osais pas m'aventurer à cet immense festival. Je me sentais trop vieille, déplacée.

Mais j'ai des enfants. Ils sont adorables. En 2014, ils m'ont offert le pass 1 jour. Encourageants mais prudents. Quelle révélation ! Que de joie partagée, de liberté et d'émotions musicales !
Quand Deep Purple a commencé à jouer, tous les inconnus autour de nous se prenaient dans les bras, sautaient de joie. Bien sûr que j'étais à ma place ! On y est tous revenus l'année suivante, on a le pass pour cet été et je n'imagine plus rater une édition.

J'ai gardé au poignet le bracelet du festival. La plupart ne voit qu'un truc bleu sans signification. Mais avec ceux qui connaissent, la joie et la magie se prolongent : des réductions sans rien demander, des grands sourires dans le tram, des connivences au cours de réunions ultra sérieuses...

Mes enfants m'ont donné cette joie, qui est parmi les plus intenses de ma vie. Quand on quitte le Hellfest dans la nuit du dimanche, on se dit tous : la vie devrait être partout comme ici."


Gaëlle, fan de Scorpions, Rammstein, Marilyn Manson et... Axel Rudi Pell.
AXEL RUDI PELL - "Long Way To Go" (OFFICIAL VIDEO)

 

Katell, 35 ans, un bébé en métal

La musique adoucit les moeurs et peut-être plus qu'on ne le pense. La preuve avec Katell de Legé, membre des Warriors au Hellfest. Elle y a conçu son premier enfant dans l'intimité fragile d'une tente de camping à deux pas de la MainStage. Un ange en enfer. Pas banal...
Francis Zégut entouré par le papa, la maman et Eliona
Francis Zégut entouré par le papa, la maman et Eliona
"J'ai eu la chance de connaître le festival de l'intérieur en tant que membre des Warriors (équipe de bénévoles techniciens, ndlr), avec la course du montage, la fatigue du démontage, les surprises de dernière minute, le changement de site... C'était fatiguant, très fatiguant, mais il y avait une telle ambiance qu'au final, c'était un réel bonheur de participer au festival, de faire en sorte qu'il soit bien installé, bien sécurisé... et puis c'est une grande famille que je revoie avec joie tous les ans.

Je n'y travaille plus actuellement pour cause de maternité. Car oui, j'ai aujourd'hui un bébé, un bébé Hellfest, une petite fille qui a été conçue sous une tente de camping à moins de 100 mètres de la MainStage, deux jours avant l'ouverture du festival. C'était en 2012.
Autant vous dire qu'elle a baigné dès le début dans la musique ! Aujourd'hui, à trois ans, Eliona a peur du Père Noël mais adore la barbe de Francis Zégut (célèbre animateur radio et gand fan de metal au centre sur la photo, ndlr). Elle adore aussi la musique de Pantera qui lui fait passer ses coliques.

Nous sommes plutôt "classiques" pas "extrêmes", J'adore ce festival car on ne m'y ennuie pas : pas de drague lourde, pas de tripotage. Tout le monde se mélange quelle que soit la nationalité, la couleur, la religion..."

Katell Le Corre, fan de Pantera, Motorhead... et surtout surtout d'Iron Maiden

Iron Maiden - Speed Of Light (Official Video)

 

Émile, 20 ans, un peu au dessus de la foule

On ne traverse pas la France d'est en ouest pour ne rien voir des concerts surtout quand monte sur scène un groupe comme Iron Maiden. Émile, 1m70, étudiant en informatique à Dijon, a heureusement pu prendre un peu de hauteur...
Émile sous le signe du Hellfest
Émile sous le signe du Hellfest
"J'ai assisté au Hellfest en 2014. C'était une super expérience. Mais y'a un truc qui m'a vraiment marqué.


C'était le vendredi soir, mon premier concert au Hellfest, Iron Maiden sur scène. Je suis plutôt petit pour un gars (1m70) et j'étais loin. Je n'entendais donc pas très bien et je ne voyais rien. Mais deux grands metalleux aguerris que je ne connaissais pas m'ont porté pendant une chanson entière (Seventh Son of a Seventh Son). J'étais au dessus de la foule, avec Iron Maiden devant moi. Je ne les ai jamais revus mais ce moment n'est pas près de sortir de ma tête !

C'est très révélateur de la mentalité du Hellfest et du metal en général, tout le monde est là pour une grande passion, l'ambiance est fraternelle. Et c'est pareil pour les pogos : si un mec qui ne veut pas y participer, se fait bousculer par un gars, le gars s'excuse. Si un mec tombe, les autres le relèvent direct...

Je retourne au Hellfest cette année, je compte bien retrouver cette ambiance ou tout le monde est pote avec tout le monde."


Émile, fan de Black Sabbath, Iron Maiden... et surtout surtout de Led Zeppelin.

Led Zeppelin - Stairway to Heaven Live (HD)

 

Hellfest Diaporama 1

 

Anthony, 39 ans, 10 ans de festival en 2015, 10 ans de mariage en 2016

Dix ans de mariage le 17 juin ! Anthony, inspecteur qualité dans le nucléaire du côté de Cherbourg, compte bien fêter ça au Hellfest avec sa femme, Gaëlle. Une petite soirée en tête à tête avec pour seuls témoins Rammstein, Volbeat, Tremonti, The Offspring... et quelque milliers de festivaliers.
Anthony et Gaëlle just married ou presque
Anthony et Gaëlle just married ou presque

"Le Hellfest, c'est la musique que j'aime, une programmation énorme, une ambiance de malade, l'occasion de voir Lemmy pour la dernière fois, de voir Slash pour ma femme, de voir les Butcher Babies pour ma part, de pouvoir faire un "wall of death" (mouvement de foule contrôlé, ndlr) à 11h le dimanche matin, d'être avec des potes et d'en rencontrer d'autres, de crier "apéro !!!", d'être 3 jours sans les gamins dans les pattes, de pouvoir tout lâcher et j'en oublie...

Et cette année, c'est nos 10 ans de mariage le 17 juin, le jour de l'ouverture du festival ! J'ai hâte d'y être, ma femme également."

Anthony, fan de Butcher Babies, Metallica, Limp Bizkit... et surtout surtout de Korn.

Korn - Never Never

 

Thomas, 24 ans, un pour tous, tous pour un

Au Hellfest, le spectacle n'est pas seulement sur scène. Il est un peu partout, sur terre et dans les airs. Thomas, intérimaire dans l'alimentaire à Carquefou, a même vu voler un fauteuil roulant...
slamer en fauteuil roulant / © Thomas Letu
slamer en fauteuil roulant / © Thomas Letu

"C'est pour moi le moment le plus important de l'année, je retrouve mes amies, fais la fête, rencontre des personnes extraordinaires. L'année dernière, durant Hollywood Undead le dimanche, j'ai vu ce gars en fauteuil roulant être soulevé et slamé vers la scène.

Peu importe tes origines, ta culture, le monde se rassemble au nom de la musique et de la joie. C'est un moment magique à vivre une fois dans sa vie. Cette année sera ma quatrième édition au festival de l'enfer."

Thomas, fan de Powerwolf, Apocalyptica et surtout, mais ce n'est pas du metal, des Cowboys Fringants.

LES COWBOYS FRINGANTS - Shooters

 

Mélanie, 32 ans, des galères et des fous rires

Elle a beau jouer les infirmières sur la photo souvenir, c'est en tant que patiente qu'elle est allée chez le kiné pendant trois mois. Double entorse au concert de Volbeat en 2013. Mélanie, assistante maternelle au Havre, en rit encore...
Mélanie à droite de la photo en infirmière
Mélanie à droite de la photo en infirmière

"Le Hellfest, c'est l'événement qu'on attend pendant un an pour se retrouver entre fans de musique et amateurs de bières. Le Hellfest, c'est le pèlerinage des metalleux, un endroit où l'on se sent comme chez soi, une maison remplie de potes qu'on ne connaît même pas ! Mais parfois, des galères peuvent survenir... des galères qui deviennent des fous rires avec le temps.

Comme l'année où toi, Nico, tu as perdu ta couronne dentaire et dû marcher jusqu'au Leclerc pour acheter un bain de bouche. Et l'année où toi, Lilian, tu t'es fait renverser par une voiture (heureusement pas trop violemment !) un jeudi sur un passage piéton par un conducteur trop occupé à regarder passer les fans de musique qui envahissent la belle ville de Clisson une fois par an !

Et l'année où moi-même, toute guillerette devant Volbeat, je me suis tordue la cheville dans un trou (double entorse et kiné pendant 3 mois !). Ah les souvenirs de guerre du Hellfest !

Cette année, Marie ou Lucas, c'est peut être à votre tour d'avoir une anecdote à ramener de notre bon festival de musiques extrêmes. Qui sait ?"

Mélanie, fan de Blue Oyster Cult, Les Ramoneurs de menhirs, Volbeat...  et surtout surtout de Marilyn Manson.

Marilyn Manson - No Reflection

 

Hellfest Diaporama 2

 

Mickaël, 40 ans, une ambiance et des valeurs

Dans la vraie vie, Mickaël est chef de rayon dans un supermarché aux Herbiers en Vendée. Autant dire qu'il est habitué à porter des charges lourdes, peut-être pas aussi lourdes que ce gros poussin de 110 kg croisé un jour devant une scène du Hellfest...
Mickael aux couleurs d'AC/DC / © D.R.
Mickael aux couleurs d'AC/DC / © D.R.

"J'ai 40 balais et j'écoute du métal depuis presque 20 ans. Je viens au Hellfest depuis 6 ans, c'est mon pélérinage à moi, ma bulle pendant trois jours, mon échapatoire et aussi mon exutoire.

Le Hellfest est un tout, on s'y sent bien par la qualité de sa programmation, ses décors, son ambiance, son camping, mais aussi pour ses valeurs humaines, faites de rencontres, de rire, de liesse, de partage et de tolérance.

Le métal a certaines règles, certains codes, et chacun les respecte, chacun vivant "son Hellfest" à sa manière.

Je me souviens un jour dans la fosse, plusieurs jeunes se faisaient slammer (porter par la foule, ndlr). L'un d'entre eux restait immobile. Il ressemblait à un poussin jaune par ses fringues, oui, mais un poussin de 110 Kg. Il disait qu'il n'avait jamais slammé. Et bien, sans se concerter, on s'est regardé avec un inconnu à côté de moi, on a rameuté 4 ou 5 gugusses, chacun une jambe, et nous voilà partis à faire slammer ce gars. On en a bavé je l'admet mais à la deuxième tentative, sous ses yeux ébahis et un peu apeurés, le voilà parti pour un slam au dessus de la foule en direction de la scène. Je me souviens encore de la tête du mec de la sécurité en voyant arriver ce "bébé" vers lui !!! On était heureux de participer et de faire participer. Le gars a fait le tour, refendu la foule pour nous retrouver et nous a remercié en prenant chacun de nous dans ses bras car nous l'avions aidé... il avait la banane jusqu'aux oreilles.

Des moments comme ça, on en vit tous chaque année, de 7 à 77 ans, et c'est pour ça que j'attends le festival comme un gamin devant le sapin de Noël.

Merci à la musique, merci au métal, merci au Hellfest. Aussi bizarre que cela puisse paraître, le métal m'apaise."

Mickaël, fan de Led Zeppelin, AC/DC, Metallica, Rammstein... et Black Sabbath.

Black Sabbath - Loner

 

Nastasia, 24 ans, juste un peu agoraphobe

Avec près de 50 000 festivaliers par jour, difficile de se sentir seul au Hellfest. Il faut même parfois jouer légèrement des coudes pour se frayer un passage. Pas facile pour la jeune Suisse Nastasia, peintre carrossière de métier, qui ne mesure qu'un mètre soixante et souffre un tantinet d'agoraphobie...
Nastasia (en bas à gauche) avec ses amis
Nastasia (en bas à gauche) avec ses amis

"J'ai toujours été un peu agoraphobe. Mais juste un peu ! Peut-être même que c'est étrangement couplé à ma clostrophobie. Je peux facilement me balader parmi les 47 000 festivaliers par jour sans ressentir aucune gêne. Mais, si j'ai le malheur de me retrouver au milieu d'un public aglutiné et serré où même une mouche ne passerait pas, alors c'est la panique !

Il n'y a qu'un seul endroit au Hellfest où les gens sont presque les uns sur les autres : c'est la WarZone. Je n'y vais quasiment jamais, ce n'est pas la musique que j'écoute. Mais une année, en 2015, il y avait un groupe qui m'intéressait. Je m'y suis aventurée !

Résultat ? Le concert s'est terminé et je ne sentais aucune gêne malgré le nombre élevé d'Hellfestiens. Mais, au moment de sortir de la zone, ça bloquait un max et on s'est retrouvé serrés les uns contre les autres. L'air a commencé à me manquer et j'ai été prise de panique. Je commençais une crise d'hyperventilation.

J'ai essayé de passer, mais je ne fais qu'un mètre soixante, autant dire que ce n'était pas efficace ! J'ai commencé à suffoquer, je paniquais. Une femme, grande et relativement forte, m'a vue et m'a attrapée par les épaules. Elle criait de laisser passer et poussait énergiquement les gens. Ces derniers, d'abord agacés, nous laissaient finalement passer rapidement lorsqu'ils voyaient mon état.

Je suis sortie de cet enfer en un temps record ! Arrivée à l'extérieur de la foule, elle m'a assise de côté pour que je reprenne mon souffle et une autre festivalière est venue me donner de l'eau, insistant pour rester avec moi tant que je n'irai pas mieux.

Au final, dix minutes se sont écoulées et j'ai pu continuer mon festival en pleine forme !

Le metal est une grande famille, chaque personne fait attention à l'autre même si personne ne se connaît. Je sais que même si je vais seule au Hellfest, ma vie ne sera jamais en danger. C'est à mon avis un des endroits les plus conviviaux et sûrs que je connaisse.

Faites en l'expérience ! Votre plus grand risque sera de vous faire des amis et... de prendre une sacré cuite !"

Nastasia, fan de Korpiklaani, Rammstein, System of a Down et surtout surtout de Rob Zombie.

rob zombie