Coronavirus : actuellement à quai à Saint-Nazaire, le voilier Belem annule toutes ses navigations de l'été 2020

Basé à Nantes, le fameux trois mât a posé l’ancre dans le port de Saint Nazaire, le 19 mars, pour passer en mode confinement. L’équipage espérait reprendre la mer mi-mai. En raison de la crise sanitaire et des contraintes des gestes barrières, le Belem restera  à quai cet été.
 

Le voilier Belem en hivernage à Saint-Nazaire à l'heure du coronavirus, le 1er avril 2020
Le voilier Belem en hivernage à Saint-Nazaire à l'heure du coronavirus, le 1er avril 2020 © Elodie Soulard - France Télévisions

L'information est tombée ce mercredi matin. Le Belem annule toutes ces navigations pour la saison 2020.

Le Belem est un navire-école dont le projet est construit «  sur le vivre ensemble, la rencontre et la solidarité à bord ». Sur une même navigation, jusqu’à 48 personnes peuvent embarquer en même temps. Toutes participent collectivement aux manœuvres pendant les stages qui durent entre 2 et 7 jours. Il faut du monde à bord pour manœuvrer en équipage ce voilier de 58 mètres. Bannettes très rapprochées, sanitaires exigus, salle à manger commune organisée autour d’une grande table unique et centrale, ne permettent pas de respecter les mesures de distanciation sociale imposée par le gouvernement. Bref, le bateau construit en 1896 n’est pas adapté à ces nouvelles règles de vie.

« Le conseil d’administration a donc décidé , à regret, de tout annuler. Nous ne pouvions pas prendre le risque d’une contamination au covid-19 à bord du Belem. Cela exigerait une mise en quarantaine du voilier en mer  », explique la Fondation Belem dans un communiqué.

Quelles conséquences pour la Fondation Belem ?

C’est une situation inédite dans l’histoire du Belem. Arrivé le 19 mars dernier, en pleine pandémie, à Saint-Nazaire, le bateau va y rester encore de longues semaines. L’équipage, constitué d’un chef mécanicien et d’un bosco sont relevés tous les deux mois. Ils sont 5 titulaires. Et ils devaient être rejoints par 11 saisonniers. Eux n’embarqueront pas cet été sur le Belem.

Les conséquences économiques sont aussi importantes. «  Nous vivons grâce aux navigations, aux visites et aux affrètements privés du Belem. Dans ce contexte particulier, nous bénéficions du soutien sans faille des Caisses d’Epargne, notre mécène historique », écrit la Fondation. Depuis 1986, le bateau a permis à près de 50 000 personnes de naviguer à bord, et à 1 500 000 personnes de le visiter.

Quel avenir ?

Le Belem sera rutilant car il a bénéficié d’un entretien sans précédent au port ces dernières semaines. Entre le ponçage, le vernis, la peinture et les gréements, l’équipage bichonne le bateau. Il devrait lever les voiles à l’automne. Direction la Méditerranée, pour une campagne d’hivernage. Il y va tous les deux ans. La Fondation Belem est actuellement en discussion avec les ports pour savoir lequel d’entre eux pourrait l’accueillir pour plusieurs mois. Prendre le large de plus belle à l’été 2021, avec des stagiaires, c’est le souhait de tous les marins.

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