Coronavirus : “C'est angoissant”, huit touristes de Pornichet bloqués à Casablanca au Maroc

A leur arrivée à l'aéroport de Casablanca, le groupe de touriste a constaté qu'aucun vol de retour n'était disponible. / © Joël Morizot
A leur arrivée à l'aéroport de Casablanca, le groupe de touriste a constaté qu'aucun vol de retour n'était disponible. / © Joël Morizot

Ils étaient partis pour pratiquer la pêche exotique en Guinée-Bissau, huit Pornichétains sont actuellement bloqués à l'aéroport de Casablanca au Maroc sans solution de retour. Ils se sentent abandonnés.

Par Olivier Quentin

La voix de Joël est calme au téléphone. Mais on sent de la colère et un peu d'angoisse dans ce qu'il dit.

"Le numéro d'urgence de l'ambassade de France dit-il c'est pitoyable !"

Joël fait partie du club de pêche El Dorado, basé à Pornichet. Gavés par le mauvais temps depuis l'automne dernier, ces fans de pêche au large avaient choisi de s'offir une virée en Guiné-Bissau, pays qui se trouve au sud du Sénégal.
 

Tout s'est bloqué

Sur place, beau temps et belle mer avec quelques barracudas au bout de la ligne, vite remis à l'eau ou offerts à la population locale.

Le dernier jour, ce groupe de six hommes et deux femmes a commencé à s'inquiéter des conditions de retour.

Ce dimanche, à 6h du matin, ils ont pu prendre un premier avion de Bissau vers Casablanca au Maroc. C'est là que tout s'est bloqué.
Ambiance à l'aéroport de Casablanca où les voyageurs bloqués attendent une solution. / © Joël Morizot
Ambiance à l'aéroport de Casablanca où les voyageurs bloqués attendent une solution. / © Joël Morizot
 

"On nous a envoyés balader !"

"A Casablanca, raconte Joël Morizot, il y avait une foule énorme devant le guichet de Royal Air Maroc (qui devait assurer leur retour). On nous a envoyés balader !"

Le groupe comprend alors qu'il ne pourra pas prendre l'avion prévu. 

"On s'est renseigné auprès de l'ambassade de France mais le numéro d'urgence était débordé et on ne nous rappelait pas. On a passé plus de deux jours à essayer de trouver des vols disponibles, le premier qu'on a trouvé, c'est le 28 mars."
 

L'hôtel fermé

Mais le groupe apprend que Air France, comme les autres compagnies, n'aura bientôt plus l'autorisation d'assurer la liaison.

L'hôtel où ils avaient trouvé refuge a cessé sa restauration, sans doute pour des raisons sanitaires comme en France, et s'apprête même à fermer. Joël et ses camarades décident donc ce mardi matin de prendre la direction de l'aéroport et d'y rester.
Joël finit par avoir quelqu'un à l'ambassade de France. Mais il est surpris par la réponse à sa demande d'aide.

"Des amis en France nous ont dit que le gouvernement prenait des mesures, mais rien ! A l'ambassade, une personne nous a dit qu'ils n'avaient aucune solution."

Les huit Pornichétains ont donc décidé de rester à l'aéroport de Casablanca, de faire le siège du comptoir Air France en espérant que des places libres sur les derniers vols de retour leur seraient attribuées. 

"On est là debout depuis 7h ce matin témoigne Joël. A l'aéroport tout est fermé, on n'a pas mangé. Mais les gens restent calmes. On a croisé des couples de personnes plus âgées qui ne savent pas se débrouiller avec les moyens modernes de communication, ils sont complètement démunis. On essaye de les aider mais on n'a déjà pas de solution pour nous."
 

Des milliers de Français bloqués

Quant au voyagiste qui leur avait vendu ce séjour, il semble complètement inefficace, dépassé lui aussi par la situation.

"On va dormir ici ce soir, se résigne Joël, on fera à nouveau la queue demain."

Malgré les quelques vols de ces derniers jours, ils sont encore des milliers de Français bloqués dans plusieurs villes du Maroc, victimes eux aussi du covid-19.

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