Coronavirus : des frais inattendus, une restauratrice de Loire-Atlantique en colère contre sa banque en période de crise

Sans aucune activité et sans ressources pour cause de confinement, cette restauratrice de Vertou est en colère après sa banque qui lui prélève des frais de gestion supplémentaires qu'elle estime disproportionnés.

Crise sanitaire, difficultés économiques pour nombre de très petites entreprises, les banques y ajoutent des frais parfois exorbitants
Crise sanitaire, difficultés économiques pour nombre de très petites entreprises, les banques y ajoutent des frais parfois exorbitants © Jean-François Frey / MAXPPP
Florence est en colère après sa banque. Et déçue. Quand elle en parle les larmes lui montent aux yeux. Elle essaye vite de retrouver son enthousiasme habituel.  Elle ne ménage pas sa peine pour faire prospérer son commerce dans la zone industrielle de Vertou. Un restaurant de burgers populaire, délicieusement vintage et très "american way of life".

L'année 2019 a mis à mal une comptabilité fragile, "nous avons vu la fréquentation des restaurants des environs baisser depuis le début du mouvement des gilets jaunes, et nous sommes fermés depuis le 16 mars, sans travail pas de revenus, et les aides promises par Emmanuel Macron tardent à se concrétiser. Nous pourrions bénéficier d'une aide de 1500 euros..."
 

Des banques indifférentes aux difficultés

Jusque-là, la jeune femme faisait le gros dos, mais le dernier relevé reçu de sa banque l'a mise KO !
"Quand j'ai vu arriver la mise en paiement des fournisseurs pour février, je les ai prévenus que ça ne serait pas possible, ils ont été compréhensifs. J'ai alors demandé à mon conseiller quelle était la procédure à suivre, surtout ne pas refuser pour éviter des incidents avec la Banque de France m'a-t-il dit, plutôt faire des annulations de prélèvements." Ce qui fût fait !

Ces annulations de prélèvement viennent d'être facturés, 722 euros, et prélevés par la banque. Sans prévenir. Creusant le découvert.
Une grande banque en trois lettres, celle qui raconte dans ses publicités, qu'on ne gère plus les commerces et les entreprises modernes comme au temps de papa ! Qui veut construire un monde qui bouge ! "Mais qui ne tient pas compte de la situation du monde !" s'indigne Florence.
 

Tenir compte de la déclaration du Président de la République

"Belle maman a voulu m'aider en essayant de récupérer un peu d'argent sur son assurance vie pour faire la soudure le temps que la crise du covid passe..." Las ! Sa banque, celle du petit mammifère des bois lui propose au mieux d'ouvrir un crédit ! C'est à prendre ou à laisser, le conseiller de belle maman n'a pas été plus aimable que ça ! "À sa demande de rendez-vous l'employé lui a opposé une impossibilité en raison du confinement..."
Il a fallu le menacer d'alerter les associations de consommateurs pour que ce rendez-vous devienne possible."


Florence est dépitée, "je n'en veux pas à mon conseiller qui a été toujours attentif à nos soucis, mais à la banque qui n'a rien mis en place pour soutenir les petits commerces dans cette période difficile."

"Pour la vie économique, pour ce qui concerne la France, aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite. Aucune Française, aucun Français ne sera laissé sans ressources." Emmanuel Macron dans son discours à la Nation du 16 mars.


Florence aimerait que dès mardi, à la réouverture après le week-end Pascal, sa banque elle aussi agisse dans le même sens, qu'elle annule ces frais exorbitants sans surinfecter une plaie déjà vive. "722 euros de frais pour 1500 euros d'aide... ça voudrait dire que la banque prend pour elle ce que la solidarité nationale nous donne. Ce n'est pas bien !"


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société économie alimentation
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter