Couffé, Loire-Atlantique : une petite fille de 7 ans originaire de Sierra Leone soignée grâce à la Chaine de l'Espoir

Précious est la première petite fille qui bénéficie d'un accueil en Loire-Atlantique par la Chaine de l'espoir depuis le premier confinement de mars 2020. Ne pouvant être soignée dans son pays elle a été opérée en France et se remet dans sa famille d'accueil à Couffé, au nord de Nantes.

Précious est arrivée à Couffé le 6 décembre dernier et espère repartir fin janvier vers ses parents en Sierra Léone
Précious est arrivée à Couffé le 6 décembre dernier et espère repartir fin janvier vers ses parents en Sierra Léone © France Televisions - Vincent Calcagni

Précious est atteinte d'une maladie cardiaque qui s'aggrave d'année en année si elle n'est pas soignée.

"En France, les enfants sont opérés petits mais en Afrique ils n'ont pas les structures pour" explique Marie-Luce Mordrelle qui a accueilli la petite dans sa maison de Couffé, prés d'Ancenis au nord de Nantes depuis le 6 décembre dernier.

"Sur place, son état s'aggravait donc la Chaine de l'Espoir a pris la décision de la faire venir même s'il y avait la COVID en France" continue la bénévole.

La branche nantaise de l'organisation non gouvernementale existe depuis 15 ans et se charge d'organiser les opérations et de trouver des familles d'accueil. Le transport est organisé par une autre association "Aviation Sans Frontières".

Précious est arrivée le 6 décembre sur le sol français avec du mal à respirer.

 

Une opération avancée

L'opération était prévue le 16 décembre mais après un examen par l'équipe médicale nantaise "les médecins m'ont dit qu'on allait pas attendre le 16 mais l'opérer dès le 11 décembre" raconte Marie-Luce Mordrelle.

"L'opération (NDLR: à l'Hôpital Nord de Nantes) s'est bien passée, elle a passé 3 jours en réanimation puis est sortie trois jours plus tard".

Depuis son opération, Précious a quelques médicaments à prendre, trois échographies hebdomadaires "ensuite une prise de sang et c'est le cardiologue qui donnera le feu vert ou pas pour son retour".

© Marie-Luce Mordrelle

Entretemps, Précious a fêté deux évènements importants: son anniversaire et Noël.

7 ans et couverte de cadeaux: "elle aime beaucoup la musique et les livres" note la sexagénaire.

Noël s'est passé en famille avec Jean-Pierre, le mari de Marie-Luce, et ses enfants: "Nous étions 6 adultes plus elle" détaille Marie-Luce.

"Comme elle croit encore au Père Noël, on a mis les cadeaux avant et elle a été très patiente cat il a fallu attendre que tout le monde soit arrivé avant d'ouvrir les paquets".

Pour son premier Noël français, la petite Précious a été gâtée: "elle a eu trois poupées, un jeu de puzzle, deux peluches et plein d'albums à colorier".

© Marie-Luce Mordrelle

 

La barrière de la langue

Et comment se passe le séjour de la petite Précious dans sa famille d'adoption ? 

"Ce qui me faisait un peu peur c'est la barrière de la langue" explique Marie-Luce.

Car la Sierra Leone est anglophone et Précious ne parle pas le français.

"Mon mari comprend l'anglais lui, mais il travaille donc il n'est pas là tout le temps".

Pas si grave pour la petite fille qui se fait souvent comprendre par gestes.

"Elle sait ce qu'elle veut, elle a du tempérament" constate la maman d'adoption.

"Et quand on n'arrive pas à se comprendre, elle me montre ce qu'elle veut par des gestes"

Comme un parfait exemple, Précious interrompt la conversation et mime à Marie-Luce de se couvrir les yeux en désignant le masque fait maison qui trône sur la table du salon.

Précious et sa maman d'adoption communiquent beaucoup par gestes quand la barrière de la langue est trop dure
Précious et sa maman d'adoption communiquent beaucoup par gestes quand la barrière de la langue est trop dure © Vincent Calcagni

Les contacts avec sa famille installée à Freetown, la capitale de la Sierra Léone sont fréquents.

"Surtout les premiers jours comme il y avait la barrière de la langue on a communiqué beaucoup par WhatsApp".

Et depuis que l'opération a eu lieu avec succès ses parents appellent une à deux fois par semaine.

 

Comment devient-on famille d'adoption ?

C'est la deuxième fois que Marie-Luce accueille un enfant envoyé par La Chaine de l'Espoir.

Le déclic est venu naturellement par son travail.

"J'ai exercé le métier d'infirmière en chirurgie cardiaque à Nantes" explique Marie-Luce.

A son départ à la retraite un des chirurgiens dont elle connaissait l'implication dans l'association lui lance : "Oh Marie-Luce vous feriez une excellente famille d'accueil".

Un an plus tard, elle contacte la Chaine de l'Espoir et se rend à une réunion avec des parents d'accueil.

En 2018, elle reçoit Sadou, un jeune Guinéen âgé de 12 ans.

On ne fait pas de choix d'enfants, on peut juste donner des préférences sur l'âge", explique Marie- Luce.

"On m'a contacté pour savoir si j'étais d'accord pour accueillir cette petite fille pendant la période de Noël".

Selon elle, n'importe quel parent peut être famille d'accueil.

Ce qu'il faut c'est de la patience et surtout de la disponibilité"

- Mair-Luce Mordrelle - bénévole à la Chaine de l'Espoir

Il s'agit bien sûr de bénévolat.

L'association demande un engagement de deux mois et demi minimum.

Voire beaucoup plus en cette période de confinement.

Cette année particulière il y a eu seulement 4 enfants pris en charge par l'antenne nantaise de l'association contre une quinzaine normalement.

Les quatre enfants qui ont bénéficié d’une opération en début d’année sont restés 6 mois au lieu de 2 mois en règle générale.

 

Un retour en suspension

Ainsi la petite Précious n'a pas de certitude sur sa date de retour.

"Tout dépendra du trafic aérien à la période de fin janvier" explique  Laurence Rialland, la coordinatrice de l'antenne nantaise de l'ONG.

"Les enfants repartent par des vols diplomatiques si les vols normaux ne sont pas disponibles" ajoute-telle.

Au vu des restrictions sanitaires, les bénévoles nantais ont aussi dû annuler les 3 événements caritatifs qu'ils organisent pour récolter des dons.

En l'occurence cette année une chorale à Donges, une pièce de théatre à Prinquiau et un Noël magique à La Baule.

"Nous avons surtout besoin d'argent car une opération à coeur ouvert avec hospitalisation coûte dans le meilleur des cas 8 000 euros,  voire 10 000 euros en cas de complication" détaille la coordinatrice de l'antenne nantaise de la Chaine de l'Espoir.

 

 

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