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Nantes : François de Rugy prend ses distances avec Cécile Duflot sur la question des migrants

Le coprésident des députés écologistes, François de Rugy, a jugé mercredi que "l'approche morale" de Cécile Duflot sur la politique vis-à-vis des migrants ne "résout pas tout", prenant ainsi ses distances avec l'ancienne ministre EELV.
La députée dénonce, dans une lettre ouverte à François Hollande publiée dans Le Monde de jeudi, "un Waterloo moral" de la politique des migrations, et exhorte à "résister au vent mauvais de la xénophobie". Pour François de Rugy, qui est sur une ligne plutôt favorable à l'action gouvernementale, l'élue de Paris a exprimé "une sensibilité personnelle qui est tout à fait respectable" mais "l'approche morale de l'immigration, parfaitement compréhensible, ne résout pas tout".

Les occupations illégales, on ne peut les laisser durer, ni à Paris, ni ailleurs"

a-t-il ajouté dans les couloirs de l'Assemblée, défendant l'évacuation d'un campement de migrants lundi à Paris. Alors que Cécile Duflot a fait un parallèle avec l'évacuation en 1996 de migrants de l'église Saint-Bernard à Paris, François de Rugy a jugé qu'"il n'est jamais bon de laisser entendre que c'est la même politique (de la gauche) voire une politique pire que celle que menait la droite". "La police avait forcé la porte des églises pour aller les expulser ou les arrêter", ce qui n'a "rien à voir avec une opération qui vise à mettre fin à une occupation illégale", selon lui.

Pour l'élu de Loire-Atlantique, "l'immigration est un sujet très compliqué" et "il n'y a pas de solution toute faite". Il rejette "d'un côté le leurre qu'essaie d'agiter régulièrement le FN de l'immigration zéro, du renvoi de tous les immigrés chez eux", ce qui serait "insoutenable humainement et irréalisable", et de l'autre côté "aucune mesure contraignante de régulation" serait "également insoutenable". "Entre les deux, la voie qui est celle de la gestion, de la régulation des flux migratoires, et en même temps de l'humanité, avec l'accueil des réfugiés" lui paraît la bonne.

AFP
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