BD. Atom Agency, un polar comme au bon vieux temps dessiné par le Nantais Olivier Schwartz

Valeur sûre en bande dessinée et en littérature d'une façon générale, le polar bien noir reprend des couleurs avec le scénariste Yann et le dessinateur Olivier Schwartz. Enquêtes criminelles, recherches de personnes disparues, filatures diverses... Atom Agency relève le défi.

Le Choucas, Jérôme K. Jérôme Bloche, Gil Jourdan, Nestor Burma, Canardo, Blacksad, Ric Hochet, Dick Tracy...  Les détectives privés sont légion dans le monde du neuvième art, preuve de l'extrême fascination que peut exercer ce métier vieux comme le monde. Qui n'a jamais effectivement rêvé de partir sur une filature et de démasquer le méchant. Rien qu'en France, aujourd'hui, il existe plus de 1000 agences en activité. 

Lancée en 2018, la série Atom Agency s'inscrit d'emblée dans la lignée de Gil Jourdan, personnage créé pour le journal Spirou en 1956 par Maurice Tillieux, 16 aventures à ce jour, toujours disponibles en version intégrale chez Dupuis. 

"J’aime les polars !, explique Olivier Schwartz le dessinateur; "Et pour moi bande-dessinée rime avec action, mystère et suspens ! Où trouve-t-on ces ingrédients à coup sûr ? J'aime aussi l’humour et Tillieux avait le chic pour mêler polar et humour! Il avait trouvé la bonne carburation entre les deux".

© Dupuis / Schwartz & Yann

À l'image des aventures de Gil Jourdan, l'action d'Atom Agency, dont le deuxième volet est sorti il y a quelques semaines, se déroule dans le contexte de l'après-guerre, celui d'une France fraîchement libérée de l'occupation nazie, encore largement meurtrie et toujours à la recherche de ses enfants disparus dans les camps ou sur le front. Telle Annette, surnommée Petit Hanneton pendant la guerre.

Annette est une conductrice d'ambulance, une Rochambelle. Alors que les troupes se dirigent vers Berlin, que la fin de la guerre approche, la jeune femme disparaît. Des témoins l'auraient vue dans le camp de Ravensbrück puis... plus rien ! Il fallait un déclic pour que l'agence d'Atom décide de se lancer à la recherche de la jeune femme. Ce déclic s'appelle Jean Marais et Jean Moncorgé, dit Jean Gabin, Pépé le Moko. Tous les deux l'ont côtoyée sur les champs de bataille, ils débarquent un beau jour à l'agence et sont prêts à payer cash. De quoi motiver les troupes... 

© Dupuis / Schwartz & Yann

Au-delà d'un identique contexte historique, d'un trio de personnages structuré sur le même modèle, avec Gil Jourdan, Queue-de-Cerise en jeune assistante et Libellule, ex-malfrat, dans les aventures de Gil Jourdan, Atom, Mimi et Jojo la Toupie, ancien catcheur, dans celles d'Atom Agency, les deux séries partagent également une signature graphique héritée de la ligne claire. 

Avec des différences aussi, notamment l'appartenance du personnage principal, Atom, à la diaspora arménienne. Ce visage et ces sourcils épais ne vous rappellent rien ?

"À la suite d’une émission très richement documentée sur Charles Aznavour, j’avais décidé que notre héros aurait son visage et suggéré à Yann que l’arménité serait un bon thème..."

Et c'est peut-être ce qui fait le charme de la série. Atom n'est pas seulement un détective, il est aussi un homme comme les autres, un fils comme les autres, avec une vie sociale, membre en l'occurrence de cette famille d'origine arménienne, un père flic, une mère décédée et une promesse que le père a fait à la mère : marier le fiston à une Arménienne. Mais de ce côté-là, bien évidemment, rien n'est gagné. La suite prochainement ? "Si vous êtes sage..."

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