Parents d'élèves et enseignants du collège de la Durantière, à Nantes, ne manquent pas d'humour malgré la colère qui les anime. Ils ont provisoirement débaptisé le collège ce jeudi 25 janvier, une manière d'alerter sur la situation qui se vit dans l'établissement.
Une situation dramatique, une spirale de l'échec scolaire. Parents d'élèves et enseignants du collège la Durantière à Nantes utilisent des mots choc pour décrire la situation de leur établissement
Ce jeudi 26 janvier, ils l'ont rebaptisé avec ironie "C't'âne y s'lasse", en référence à l'établissement privé où sont scolarisés les enfants de la ministre de l'Éducation nationale Amélie Oudea-Castera.
"Nous attendons de la nouvelle ministre, comme nous l'attendions des deux précédents à qui nous nous sommes adressés également, de nous recevoir, qu'elle nous reçoive, au ministère de l'Éducation nationale pour travailler de façon sérieuse et approfondie sur les modalités de rétablissement de la scolarité des élèves au collège. On demande que tous les moyens de l'Éducation prioritaire renforcée lui soient alloués", explique Sylvain Marange, prof d'histoire géographie et syndicaliste.
Un classement en REP+ pour plus de moyens
Parents et enseignants réclament depuis des années le classement du collège en REP+ pour obtenir plus de moyens.
"Notre établissement, c'est un établissement dans lequel les élèves qui nous sont confiés ont, à l'entrée au collège, un niveau scolaire relativement modeste, explique Sylvain Marange, prof d'histoire géographie et syndicaliste, 10 % de nos élèves sont des élèves en situation de handicap, 10 % de nos élèves sont des élèves allophones, ils ne parlent pas français, et 60 % de nos élèves sont des élèves qui viennent des écoles de REP+, parmi les plus en difficulté d'ailleurs"
"Le Collège La Durantière, c'est aussi 70 % de familles qui contournent le secteur scolaire et qui préfèrent inscrire leurs enfants dans des établissements privés ou dans d'autres collèges du centre-ville de Nantes, poursuit l'enseignant, c'est également un collège dont les difficultés d'apprentissage rendent les élèves assez malheureux, si bien qu'un certain nombre déroge au règlement intérieur. "
"On en est, au bout de deux années et demi, à 60 conseils de discipline. 60 fois, ça veut dire à peu près une fois par semaine, on convoque le conseil de discipline. Alors pour toutes ces raisons, effectivement, on envisage le classement en Rep+".
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