Cancers d’enfants : Marie Thibaud milite pour un institut citoyen de recherche en santé environnementale

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Près de quatre ans après sa création, le collectif Stop aux Cancers de nos Enfants poursuit ses investigations pour comprendre pourquoi, sur le secteur de Sainte-Pazanne en Loire-Atlantique, il y autant de cancers d’enfants ? Et puisque les autorités sanitaires ont arrêté de chercher, le collectif a décidé de créer un institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale.

"Nous espérons pouvoir annoncer officiellement sa création début 2023". Marie Thibaud œuvre, avec le collectif Stop aux Cancers de nos Enfants sur le secteur de Sainte-Pazanne, à la création d’un institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale. Objectif : "créer de la connaissance scientifique à partir de toutes nos données."

Les cancers de l’enfant sont un peu les sentinelles de la santé environnementale

Marie Thibaud

"S’il y a des cancers de l’enfant, c’est qu’il y a beaucoup d’autres pathologies sur notre secteur. Aller comprendre les pollutions de notre environnement qui ont un impact sur la santé améliorera la qualité de vie de tous, et nous permettra de faire de la prévention, de la sensibilisation et de l’information aux citoyens".

Le combat d’une vie

Marie Thibaud ne pensait pas, quand en mars 2019, elle lance le collectif Stop aux Cancers de nos Enfants, qu’il s’agirait du combat d’une vie. Bientôt quatre années et toujours cette question qui reste sans réponse : "pourquoi, sur le secteur de Sainte-Pazanne, il y a autant de cancers d’enfants ?" 19 enfants de moins de 18 ans sur 7 communes*  diagnostiqués entre 2015 et septembre 2022 selon Santé Publique France (SPF). 25 enfants selon le collectif. "Je ne comprends pas, se désole Marie. Les chiffres de SPF ne correspondent pas aux nôtres. Ils brouillent les pistes en ne prenant jamais la même temporalité. Nous avons pris un avocat pour obtenir la transparence des données de SPF, de l’Agence régionale de santé (ARS) et du registre des cancers de Loire-Atlantique".

Le collectif dénonce l’absence de données et de transparence

Le contact entre le collectif et les autorités sanitaires est rompu depuis septembre 2020 lors du dernier comité de suivi. La clôture de l’enquête épidémiologique de SPF avait eu lieu en novembre 2019. "On attend toujours, en Loire-Atlantique, les chiffres par commune du nombre de cancers d’enfants. Nous ne les avons pas en Loire-Atlantique, mais nous les avons nulle part ailleurs en France. Les autres endroits que je connais où il y a une considération de cluster de cancers pédiatriques, c’est là où il y a des personnes comme moi, mobilisées, et qui ont alerté les autorités sanitaires. Sans lanceur d’alerte, pas de cluster finalement".

Le fameux "effet cocktail"

Si son fils, Alban, 11 ans, est officiellement guéri d’une leucémie après cinq années de traitements et de chimiothérapie, d’autres enfants luttent encore contre la maladie. "Sept enfants sont décédés sur le secteur" rappelle Marie qui a promis à Alban de continuer de chercher. "Nous avons un certain nombre de résultats, de début de compréhension, mais cela reste insuffisant. Nous sommes sur la polyexposition, ce qu’on appelle "l’effet cocktail". C’est à la fois les champs électromagnétiques liés au nombre de câbles enterrés très importants et à un poste source au cœur de l’une des communes, mélangé avec du radon, un gaz naturel présent dans le sol. On sait que ces deux éléments-là sont déjà, à eux seuls, des risques de facteurs de cancers pédiatriques plus importants d’après les études scientifiques. De plus, nous sommes sur un secteur agricole, viticole et maraîcher. Le mélange des différents produits phytosanitaires, même s’ils sont utilisés en respectant la norme, crée une bombe dans le corps de nos enfants".

Demain doit être différent

"Lesquels vont mourir et lesquels vont vivre ?" 

Alban

fils de Marie

"Ce n’est juste pas possible d’entendre ça. Une maman et finalement n’importe qui ne devrait pas accepter que son enfant tombe malade et que son enfant ait un risque de mourir lié à nos pollutions environnementales. Donc, on doit tous y aller, main dans la main, parce que demain doit être différent d’aujourd’hui. Mon souhait le plus cher serait qu’il n’y ait plus de cancers d’enfants et finalement qu’on ne mette plus jamais aucun produit, quel qu’il soit, sur le marché avant d’en avoir vérifié son innocuité".

* Machecoul-Saint-Même, Port-Saint-Père, Sainte-Pazanne, Rouans, Villeneuve-en-Retz, Saint-Hilaire-de-Chaléons, Saint-Mars-de-Coutais

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