Le concepteur nantais Faltazi propose la version féminine de l'uritrottoir, un vrai besoin ... pour les petits besoins

On leur doit les uritrottoirs, des bacs posés dans des places stratégiques pour permettre aux hommes de se soulager sans dégrader les murs et les rues. Les  designers de Faltazi proposent maintenant la version féminine, dans le même esprit écolo mais plus complexe.
Faltazi est à la recherche d'un partenaire financier pour produire sa dernière invention : l'uritrottoir féminin (simulation d'installation).
Faltazi est à la recherche d'un partenaire financier pour produire sa dernière invention : l'uritrottoir féminin (simulation d'installation). © Faltazi
Ils ont commencé à fleurir en 2017 dans les rues de Nantes. Les uritrottoirs de Faltazi sont désormais huit dans la ville et quatre autres devraient bientôt être installés.

Les uritrottoirs, ce sont des bacs posés dans des rues, souvent un peu à l'écart et qui, de ce fait, attiraient les fêtards désireux de soulager leur vessie. Laissant derrière eux traces et odeurs insupportables pour les riverains et les commerçants. 
 

Recueillir les urines afin de les valoriser

Laurent Lebot et Victor Massip ont eu l'idée de concevoir ces réceptacles végétalisés installables facilement dans des petits coins discrets et dont la vocation est aussi environnementale puisque le but final est de recueillir les urines afin de les valoriser en tant qu'engrais agricole du fait des phosphates qu'elles contiennent.
L'uritrottoir masculin dont 8 exemplaires équipent la ville de Nantes
L'uritrottoir masculin dont 8 exemplaires équipent la ville de Nantes © Faltazi
Paris, Rennes, Toulouse, Nantes, bientôt Bordeaux et Bruxelles ont eu envie... d'installer ce mobilier urbain. Avec plus ou moins de réussite. L'équipement n'ayant pas toujours trouvé la bonne place. Ce fut le cas à Paris.  Encouragés tout de même par ces premiers succès, nos deux designers nantais ont décidé de proposer l'équivalent pour les dames. Pas question de laisser la moitié de la population dans le besoin.

"On a mis quatre ans pour le développer, explique Laurent Lebot. On veut maintenant faire un prototype avec une première installation. On aura ensuite les retours de la ville qui l'essaiera." Faltazi est donc en phase de recherche d'un partenaire.

Evidemment, il n'est pas question de proposer pour les femmes un simple bac à fleurs pour la petite commission. Il a fallu imaginer une cabine, intimité et sécurité obligent. Et à l'intérieur, un système qui permet de se soulager sans contact, pour préserver l'hygiène.
L'uritrottoir pour femmes conçu par Faltazi
L'uritrottoir pour femmes conçu par Faltazi © Faltazi
On le voit, le système est plus complexe et plus volumineux que l'uritrottoir pour les hommes. Son succès n'est donc pas garanti. Mais les concepteurs mettent en avant le fait qu'il est facilement posable car 'il ne nécessite pas d'être relié au réseau. Les urines sont collectées dans un bac de 450 litres. Reste à maintenir la propreté des lieux. 

Reste aussi à s'assurer du civisme des utilisateurs(rices). L'équipement est réservé aux femmes pour ne pas que ces messieurs salissent les lieux et consacré à la seule petite commission. L'idée étant de valoriser les urines.

On aurait pu, pour le même service, proposer des toilettes sèches. Sauf que les déjections mélangées mettent plus de temps à être valorisées et que Faltazi souhaitait proposer un mobilier de qualité et confortable.

"On se détache complètement des réseaux fait valoir Laurent Lebos, on se pose où on veut ! La cabine est simple et ventilée. Il y aura un niveau de confort équivalent aux toilettes classiques".


Une valorisation encore à l'étude

Le volet écolo du projet est encore à venir. Car, pour le moment, les urines collectées dans ces uritrottoirs, 42 m3 à Nantes en 2019, partent dans les stations d'épuration. L'idée est quand même d'utiliser un jour le phosphate dans les cultures. Une société bordelaise serait sur le coup.

"On peut même utiliser l'urine pour fabriquer du propergol, le carburant pour les fusées !" nous apprend Victor Massip, l'un des deux designers de Faltazi. 

Un argument peut-être un peu moins écolo...

A noter que les Danois ont mis au point un autre système d'urinoir féminin, moins protégé, il n'y a pas vraiment de cabine, et testé en différents lieux en France, villes, festivals... 

Voir la vidéo

Faltazi est une société nantaise, spécialisée dans le design d'objets industriels type fer à repasser, aspirateur ou poussette. Faltazi a été créé en 2000 par  deux designers, Laurent Lebot et Victor Massip.





 
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