Coronavirus : avec le confinement, la crainte des violences faites aux femmes redouble

Cette période de confinement est faite pour sécuriser et rassurer, mais elle inquiète aussi.
Elle inquiète les associations de lutte contre les violences faites aux femmes qui craignent une augmentation de ces dernières.
Longtemps battue et violentée par son compagnon, Alison Pertué témoigne à visage découvert.
Longtemps battue et violentée par son compagnon, Alison Pertué témoigne à visage découvert. © Alison Pertué
En cette période de confinement, les associations de lutte contre les violences faites aux femmes se disent très inquiétent.

Toutes craignent une augmentation des violences au sein des foyers concernés mais aussi de propables premiers passages à l'acte.

Alison Pertué, ex-victime, aujourd'hui présidente de l'association "Les roses de l'espoir" décrit une situation alarmante. Submergée de coups de fils et d'appels au secours, l'Angevine de 40 ans essaie de faire face mais elle redoute le pire.

Alison a vécu l'enfer des coups pendant 4 ans. Elle s'est reconstruite en luttant au quotidien contre les violences faites aux femmes. Mais aujourd'hui elle se dit dit rongée par l'inquiétude, le standard de son association explose. Chaque jour, la détresse est plus forte

"Les suivis sont beaucoup plus difficiles à réaliser, les suivis psychologiques égajement parce que toutes les psychologues ne font pas de télémédecine et ça c'est vraiment préjudiciable pour toutes ces victimes là", explique-t-elle, "certaines vont très tèrs mal, elles me parlent d'envie de suicide. La situation est plus que dramatique".

Quitter le domicile, fuir un conjoint violent, l'acte est souvent difficile. Cette période de confinement le rend presque impossible.

Le confinement nous interdit de sortir, mais pas de fuir - Alison Pertué

"Mais il y a toujours possibilité de faire appel aux associations comme la mienne. Nous ona , par exemple réquisitionné 50 chambres dans un hôtel donc il y a toujours possibilité d'être mise à l'abri".

Par téléphone, par Skype, par tous les moyens, les associations tentent de tenir bon et de maintenir le contact. En cas d'urgence, elles recommandent d'alerter le 17. 

"Des chiffres qui vont littéralement exploser"

"Malheureusement, le nombre de féminicides va augmenter. Le nombre de violences va augmenter, poursuit Alison, si ça perdure trop, on va aller droit dans le mur et on va faire face à des chiffres qui vont littéralement exploser et ça fait froid dans le dos".

En novembre dernier, Alison nous avait livré son témoignage, celui d'une femme victimes des violences de son compagnon pendant quatre ans.

"J'étais conditionnée. Au début, les violences, on ne les voit pas. J'étais une petite chose formatée à ne pas répliquer". Et puis il y a ce qu'Alison appelle les mécanismes, le cycle, tout ce qui fait que vous ne fuyez pas tout de suite.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a indiqué jeudi soir dans l'émission "Vous avez la parole" sur France 2 que les interventions des forces de l’ordre à la suite de signalements pour des violences conjugales avaient augmenté de "32% en zone de gendarmerie" et de "36% à Paris" depuis la mise en place du confinement.

Il a précisé que les femmes victimes de violences conjugales pourront "donner l’alerte directement dans les pharmacies".

Les femmes victimes de violence peuvent également appeler le 3919. Il s'agit du "numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, mariages forcés, mutilations sexuelles, harcèlement...). Il propose une écoute, il informe et il oriente vers des dispositifs d'accompagnement et de prise en charge", précise le gouvernement.

► Le reportage de notre rédaction






 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société violence conjugale