"Des légumes à Doulon, pas du béton ! ", des citoyens nantais luttent contre l'artificialisation de 50 hectares de terres en plantant un verger potager

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Écrit par Céline Dupeyrat .

Riverains, citoyens, militants écologistes. Ils sont venus dire stop à l'artificialisation des terres. A l'est de Nantes, un futur écoquartier et 2700 logements doivent voir le jour dans les années à venir. Les opposants au projet souhaitent préserver cette ancienne zone maraîchère de 50 hectares.

Face aux bulldozers, ils plantent un verger et démarrent un potager collectif. Ce samedi 1er octobre, l'automne et son ciel maussade recouvre le quartier Doulon, à l'est de Nantes. Une pluie fine et pénétrante qui n'empêche pas la mobilisation. 

Habitants, citoyens, militants écologistes, ils sont venus dire stop à l'artificialisation des terres. Jusque dans les années 80, ce territoire maraicher de 50 hectares était cultivé. La zone s'appelle "les Gohards", parce qu'il y coule une foultitude de ruisseaux du même

nom. 

"50 hectares c'est 7 fois le Jardin des plantes"

Nantes métropole s'apprête à y construire un écoquartier. "50 hectares de terres fertiles, c'est 7 fois le jardins des plantes, des heures de promenade dans la nature, des milliers de tonnes de légumes et un îlot de fraîcheur géant", rappelle Gaëtan un des habitants du quartier.

Les Gohards c'est un des poumons verts de la 6e ville de France

Gaëtan

Habitant du quartier Gohards-Doulon

En Loire-Atlantique, 15 % des terres sont artificialisées, un chiffre "alarmant" pour le GIEC

"Après un été suffocant qui nous a fait perdre fois en l'avenir, rien ne justifie plus une nouvelle attaque contre la nature. Pas même la construction de 2700 nouveaux logements. Nous vivons dans un des départements les plus bétonné de France. En Loire-Atlantique 15% des terres sont déjà artificialisées, contre 9, 3% au niveau national", rappelle une militante.

Le rapport du GIEC Pays de la Loire avait pointé ces chiffres "responsables en partie du dérèglement climatique, des vagues de chaleur à répétition, du manque d'eau potable, de l'abaissement du niveau de la Loire, de la sécheresse mais aussi du risque d'inondations."

"Plantons des légumes aux Gohards et construisons des logements à Paridis !  Paridis, c'est tout prêt d'ici. C'est l'un des multiples centre commerciaux de la métropole et une nouvelle extension de 72 000 m2 y est prévue. Utilisons cet espace pour y construire des logements", argumente un autre riverain. 

"La ville de demain"

Cet espace aujourd'hui en friche est le premier secteur de Doulon-Gohards à entrer en construction début 2023. "Un quartier sans voiture, pensé en relation étroite avec la nature", souligne de son côté la métropole.  

"Ce projet agricole et urbain, confié à Nantes Métropole Aménagement, prévoit la construction de 2 700 logements sur six secteurs à l’horizon 2030, la remise en culture de 5 fermes aujourd’hui à l’abandon et la restauration de 90 hectares d’espaces naturels, représentant près de cinq fois la surface du parc du Grand-Blottereau. Trois fermes, en cours de rénovation, reprennent déjà vie. Depuis plusieurs mois, les habitants peuvent s’y fournir en légumes bio trois fois par semaine, directement à la ferme", ajoute l'agglomération.

"Dans un contexte de lutte contre le changement climatique et contre l'étalement urbain, le futur quartier préfigure ce que sera la ville de demain. Une ville des courtes distances qui mixe espaces de vie, espaces naturels et agricoles, qui favorise les transports collectifs, la marche et le vélo, avec des logements de qualité pour tous, sans exclusion, ajoute, sur le site internet métropolitain, Simon Citeau, adjoint de quartier Doulon-Gohards.

Cet été le collectif "Sauvons les Gohards" a déposé un recours juridique au tribunal administartif contre l'autorisation environnementale du projet. Un autre recours contre le permis de construire est en préparation. Une réunion publique se tiendra le 22 octobre prochain au café le Chapeau rouge.

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