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Football : silence autour des soupçons de fraude fiscale du patron du FC Nantes Waldemar Kita

Waldemar Kita , le président du club Nantes, en janvier 2019 / © Franck Dubray, MaxPPP
Waldemar Kita , le président du club Nantes, en janvier 2019 / © Franck Dubray, MaxPPP

Trois jours après les perquisitions  au FCN et au domicile parisien de son propriétaire, les interrogations fusent autour de Waldemar Kita et de ses affaires. Le patron du foot nantais s'est-il rendu coupable de fraude fiscale ? Quelles conséquences pour le futur stade de la Beaujoire ?

Par Thierry Bercault

Impossible de joindre Waldemar Kita sur son portable. Le Président du FCN a visiblement changé de numéro. Et au club, son attaché de presse, Justine Morice, nous a fait savoir qu'aucun communiqué de presse sur ses démêlés judiciaires ni aucune conférence de presse ne sont prévus. Bref, c'est le silence total.

Il est vrai que tout homme qui n'a pas fait l'objet de condamnation doit être présumé innocent. Faute de preuve et de mise en examen, le dossier est donc, semble-t-il, vide et clos pour le patron du foot nantais qui aura beau jeu de dire à ceux qui le croiseront dimanche à la Beaujoire : une enquête est en cours; je ne sais pas ce que l'on me reproche, je n'ai rien à dire. 


Et que dire du silence de Johanna Rolland


Plus surprenant encore est le silence des principaux responsables de Nantes Métropole, Johanna Rolland et Pascal Bolo, qui s'apprêtent à vendre à M. Kita 9 ha de terrain pour y construire un nouveau stade de football.

Soutiennent-ils toujours l'homme d'affaires à qui la justice demande des comptes ? Ou bien, en élus avisés et prudents, attendent-ils la tournure que vont prendre les évènements pour en décider autrement.

Toujours est-il que la vente du terrain pose de nombreuses questions sur les relations entre Nantes Métropole et le FCN. 
 

Faut-il construire un deuxième stade et à quel prix?


Françoise Verchère s'étonne par exemple que les élus métropolitains aient voté le 7 décembre dernier le principe de la vente sans connaître le montant de la transaction. Pour Mme Verchère, d'Anticor 44, une association créée en 2002 par le juge Halphen pour lutter contre la corruption politique, "cette promesse de vente est stupéfiante". 

Déjà elle s'était interrogée sur le prix de vente du stade  au moment du projet Yellow Park aujourd'hui abandonné. 11 millions d'euros. "Un prix dérisoire" pour Mme Verchère. "Il était basé sur une valeur comptable tenant compte de l'amortissement de l'équipement public." 

Sans parler du coût d'entretien du stade actuel qui resterait à la charge de la métropole en cas de construction d'un deuxième stade. "Qui paiera les 2 millions d'euros d'entretien par an du stade si ce n'est le contribuable" s'interroge la Brigade Loire dans sa lettre ouverte aux députés de Loire Atlantique. 
 

L'argent public et le FCN


En octobre 2014, la Cour des comptes avait recommandé à la ville de Nantes de revoir sa copie sur les aides attribuées au FCN qu'elle jugeait "trop coûteuses". 

Depuis le 11 février, Mme Verchère réclame le contrat de location du stade et des locaux du FCN pour montrer que le loyer demandé par Nantes Métropole est sous- évalué mais en vain. "C'est un secret bien gardé" confie-t-elle avant d'ajouter. "Pourquoi vouloir vendre le terrain pour construire un stade privé juste à côté de l'autre".

D'ici le 5 avril, date à laquelle les élus de Nantes Métropole devront se pronondcer sur la vente du terrain, bien des péripéties peuvent se produire et il n'est pas impossible d'envisager que la construction de ce nouveau stade fasse un grand flop comme le projet avorté d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. 

 

 

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