"Les AESH courent d'un établissement à un autre", la mobilisation pour réclamer des postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap

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Écrit par Fabienne Even .

Le problème est récurrent : à chaque rentrée scolaire certains enfants se voient privés d'école faute d'accompagnant. Nantes, tout comme la Loire-Atlantique sont concernés.

Indispensables pour permettre à certains enfants d’accéder à l’école, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) font de nouveau cruellement défaut en cette rentrée scolaire 2022.

Il manque ainsi 103 heures d’AESH sur le seul collège Stendhal à Nantes. Sur ce même quartier du nord de Nantes, sept postes d’AESH ne sont pas pourvus, ce qui correspond à 167 heures, répartis sur le collège Stendhal et les neuf écoles primaires du quartier.

Ce mercredi après-midi, les personnels du collège nantais sont venus manifester leur désarroi et réclamer des moyens pour l’école inclusive.

"Ces enfants autistes ou atteints de troubles du comportement sont déscolarisés, contraints de rester chez eux", s’inquiète Aziliz Chartier du syndicat Sud Education 44. 

Ce sont les MDPH, les Maisons Départementales pour les Personnes Handicapées, qui décident du temps notifié à chaque enfant. Mais une notification d'AESH ne signifie pas nécessairement une prise en charge.

Une situation vécue cette rentrée par Caroline Boudet et son enfant, un parcours du combattant qu'elle a raconté sur le réseau twitter. Ce 14 septembre au matin, un accompagnant était enfin présent auprès de son enfant.

L'affectation des AESH est géré par les Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL), répartis sur le territoire. Ils élaborent notamment les emplois du temps des personnels. Mais outre des problèmes d'organisation, les difficultés de recrutement expliquent aussi cette situation chaotique.

"Les AESH courent d'un établissement à un autre, pour un salaire moyen de 800 euros", explique Mathilde Peyrache, représentante Sud Education 44. "On revendique un vrai statut, un vrai salaire et une vraie formation".

"Une situation aberrante"

Dans un communiqué, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique Michel Ménard a dénoncé la "situation aberrante" des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) sur le temps périscolaire.

Depuis la rentrée 2022, le financement des AESH sur le temps scolaire revient à l'Education nationale mais ce qui relève du temps périscolaire, dont la cantine, incombe aux collectivités locales, en application d'une décision du Conseil d'État du 20 novembre 2021.

"Ce passage de un à deux employeurs est en total décalage avec la profession et les besoins des enfants accompagnés", a-t-il dénoncé, estimant que cela constitue "un obstacle de plus pour les familles dans un quotidien déjà éprouvant".

Le financement des postes d'AESH durant le temps périscolaire est assuré par le département, à hauteur de 236 000 euros pour 2022/2023 pour les élèves des collèges publics, un financement dont ne bénéficient pas les élèves en situation de handicap des collèges privés.

Arthur, collégien en 5è à Pornichet en Loire-Atlantique n'est plus accompagné par son AESH lors de la pause de midi. "Depuis la rentrée, Arthur mange dans la voiture le midi", raconte sa mère dans un post sur les réseaux sociaux. "Souffrant d'un trouble de l'oralité, il doit nécessairement bénéficier d'une aide humaine pour déjeuner."

Dans une seconde publication, la mère de famille a précisé avoir trouvé une solution temporaire en embauchant elle-même l'AESH de son fils sur le temps de cantine. Elle vient également de saisir la Défenseure des Droits.

A ce jour, deux situations de ce type, dans l'enseignement privé, sont remontées à la Maison départementale des personnes handicapées de Loire-Atlantique.

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