La maire PS de Nantes Johanna Rolland appelle à “réinventer la gauche”

La maire de Nantes Johanna Rolland appelle, dans une tribune co-signée par douze autres responsables du PS, à "réinventer la gauche". / © Loïc Venance/AFP
La maire de Nantes Johanna Rolland appelle, dans une tribune co-signée par douze autres responsables du PS, à "réinventer la gauche". / © Loïc Venance/AFP

Mercredi 27 septembre, treize élus et responsables du Parti socialiste, dont la maire de Nantes Johanna Rolland, ont publié une tribune appelant à "réinventer la gauche". Un congrès décisif se tiendra en février 2018 à Paris pour lancer la refondation du parti.

Par AFP

La course à la succession de Jean-Christophe Cambadélis est lancée. Alors que Conseil national du PS se réunit samedi à Paris pour stature sur le devenir du mouvement samedi 30 septembre, treize ténors, dont les maires de Nantes et Rennes Johanna Rolland et Nathalie Appéré, ont publié une tribune appelant à "réinventer la gauche".

Dans ce texte, les treize responsables - on compte notamment Olivier Faure, et les ex-ministres Matthias Fekl, Najat Vallaud-Belkacem - réaffirment leur attachement au dialogue social, à un service public de qualité et à l'écologie, domaines qu'ils jugent mis à mal par le gouvernement actuel. "La France a besoin de gauche pour proposer une autre vision que celle qui est actuellement à l’œuvre. (...) Nous apporterons nos réponses (...) dans le cadre des ateliers citoyens puis dans celui du congrès". Un congrès décisif se tiendra en février 2018 à Paris pour refondre le parti.

Vers un nouveau PS



Jean-Christophe Cambadélis avait succédé à Harlem Désir à la tête du PS en avril 2014. L'ancien député de Paris a annoncé son départ de la rue de Solférino au soir de la Bérézina des législatives. Une direction collégiale provisoire de 16 personnes a été mise en place le 8 juillet pour élaborer une feuille de route de la refondation, soumise au vote des militants jeudi 28 septembre.

Cette feuille de route prévoit notamment l'organisation d'"assises décentralisées et numériques" de la refondation en octobre-décembre et une  convention statutaire qui permettrait de modifier les statuts du parti avant la tenue du Congrès. Ces derniers jours, la tension est montée d'un cran autour de la question de la succession du premier secrétaire.

Deux options étaient la semaine dernière sur la table: celle du remplacement de M. Cambadélis par son numéro deux, Rachid Temal, conformément à la lettre des statuts du PS; et celle de la mise en place d'une direction collégiale se substituant au premier secrétaire, et dotée de réelles prérogatives.
Cette dernière solution a été défendue par le député du Val-de-Marne Luc Carvounas, soutenu notamment par l'aile gauche du PS et des proches d'Anne Hidalgo.

"La direction collégiale provisoire n'a jusque ici été associée à aucune décision", déplore M. Carvounas: ni la vente de Solférino, annoncée la semaine dernière et dont il doute de la légalité en l'absence de vote du CN; ni l'envoi d'une circulaire rappelant l'interdiction de la double appartenance aux militants; ni la nomination de Philippe-Xavier Bonnefoy, un proche de François Hollande, à la tête du Bureau national des adhésions.


Simple 'ripolinage' ?



Une solution de compromis devrait être mise sur la table d'un Bureau national extraordinaire, vendredi soir."La direction collégiale pourrait être maintenue, avec en charge notamment le suivi de la feuille de route de la refondation du parti et le débat sur l'évolution statutaire", a expliqué M. Cambadélis à l'AFP. Elle serait organisée en quatre ou cinq pôles, sans se substituer au secrétariat national et au bureau national.

"Je suis pour qu'il y ait un collectif" à la tête du PS, a affirmé mercredi sur franceinfo M. Temal. Un représentant de l'aile gauche du PS craint qu'avec ce compromis, le PS se contente d'un "énième épisode de ripolinage", alors qu'il faudrait "renverser la table". "Ils vont superposer les structures et donner un truc à tout le monde tout en continuant comme avant".

En arrière-plan de ces tensions se dessine le prochain Congrès. Alors que Stéphane Le Foll n'a pas exclu d'être candidat à la tête du parti et que M. Carvounas ne cache pas son envie, les noms du président du groupe à l'Assemblée Olivier Faure, des anciens ministres Matthias Fekl et Najat Vallaud-Belkacem, du député des Landes Boris Vallaud sont fréquemment cités.

"Il y a une coalition de quadras qui veulent la rénovation sans tourner la page du quinquennat, auquel ils ont participé", ironise un membre de la direction provisoire. Pour Rachid Temal, au-delà des questions de "personnes", la journée de samedi doit surtout permettre de lancer les "assises de la refondation" et de mettre l'éclairage sur les sénatoriales ratées d'En Marche et sur le budget 2018 préparé par le gouvernement.

M. Cambadélis veut aussi proposer samedi au Conseil national du parti de "participer à la manifestation unitaire des fonctionnaires", le 10 octobre, a-t-il affirmé à l'AFP.

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