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Montréal choisit les géants nantais de Royal de luxe pour les 375 ans de sa création

© 375e de Montréal / 2017
© 375e de Montréal / 2017

La compagnie de théâtre de rue nantaise, Royal de Luxe, s'exporte à Montréal pour les 375 ans de la ville québécoise. Une parade des géants, signée Jean-Luc Courcoult, a rassemblé la Petite Géante et son oncle le Scaphandrier ainsi que le chien Xolo, trois nouvelles créations. 

Par Cathy Dogon

Le Scaphandrier, la Petite Géante et le chien Xolo déambulent en ce moment dans les rues de Montréal. La ville québécoise a choisi les géants de la compagnie Royal de Luxe pour sa parade d'anniversaire. 375 ans, ce n'est pas rien ! 

"Un pont entre le petit et l'immensément grand, entre la terre d'hier et la ville d'aujourd'hui, entre l'Amérique et l'Europe"


Du 19 au 21 mai 2017, ces structures nantaises foulent le pavé canadien. Ce n'est pas la première exportation de la compagnie nantaise. Ses créations ont déjà été vues au Chili, en Chine, en Islande, en Angleterre, en Autralie... Pour l'occasion, 105 membres de la compagnie ont fait le déplacement. 


L'histoire est écrite par Jean-Luc Courcoult, auteur et metteur en scène, fondateur de la compagnie nantaise. Elle raconte les retrouvailles d'une nièce et son oncle, voyageurs tous les deux dans deux mondes opposés. La Petite Géante aime passer de saison en saison. Le Scaphandrier, lui, fouille les fonds marins à la recherche de souvenirs d'un autre temps. Des créations inédites.

© 375e de Montréal / 2017
© 375e de Montréal / 2017

Le récit :

"On ne sait au juste quand le Scaphandrier géant a pris sa 1re marche au creux du Saint-Laurent. En tout cas, si les marins ne l’ont jamais rencontré, les poissons du fleuve et ceux des Grands Lacs le connaissent bien.Comme tous les Géants, le Scaphandrier est un solitaire silencieux. Curieux, il visite des milliers d’épaves couchées dans le sable et avec sa pelle, il racle le fond des eaux, entretient des passages délicats et déplace certaines roches pour améliorer la navigation au travers des saisons.

Comme les coureurs des bois, il bouge son campement régulièrement, un vieux conteneur rempli de trésors inutiles trouvés dans des bateaux coulés : une boussole sous-marine, une roue de bateau, un casque de capitaine et bien d’autres souvenirs qu’il contemple de temps en temps avant de s’endormir sous une sorte de lampadaire fabriqué avec une lumière d’auto qu’il alimente avec une petite hélice entraînée par le courant. Le Scaphandrier géant a aussi un compagnon fidèle, un gros poisson très laid, une sorte de barbotte poilue plutôt âgée qui parfois grelotte de froid et qui vient se coller sur son ventre pour se réchauffer.

Les Géants sont éternels et ne vieillissent pas, ils restent à l’âge qu’ils ont, mais comme les hommes, ils peuvent mourir d’un accident. C’est ce qui s’est passé il y a très longtemps au frère du Scaphandrier qui laissa derrière lui sa fille, une petite géante espiègle et douce que le Scaphandrier n’a pas revue depuis plusieurs années.

En effet, la Petite Géante, elle préfère voyager dans les saisons. Elle peut d’ailleurs passer de l’hiver à l’été en un instant. Justement, ce printemps 2017, elle se trouve dans les glaciers du Grand Nord, à essayer de sortir son bateau pogné dans les mâchoires de deux icebergs. Avec son équipage de lilliputiens, ils utilisent de grandes scies, des pioches, des machines à tirer, et parfois des explosifs qui font des tas de poudreries dans le ciel ainsi que des blocs de glace.

C’est d’ailleurs à ce moment-là que la Petite Géante et les lilliputiens virent venir vers eux la délégation municipale de Montréal, les dents claquantes, la buée sortant de leurs bouches telles des trains à vapeur, des glaçons pendus au nez et les genoux gelés comme un héron sortant du congélateur. Il faut avouer que les défis encourus pour cette rencontre étaient de taille à faire trembler le reste des os de Jacques Cartier !

Le directeur de la délégation annonça ni plus ni moins qu’il s’agissait d’une invitation à voir son oncle le Scaphandrier durant les jours de fête du 375e anniversaire de la ville de Montréal, frais de transport, d’hébergement et de nourriture compris bien entendu ! Et qu’ils seraient ravis de leur présence.

La Petite Géante ne marqua pas l’ombre d’une hésitation. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas vu son oncle !…Brusquement un chien géant apparu courant vers la Petite Géante. Affolée la délégation s’enfuie à toutes jambes le prenant pour un ours noir tout droit sorti d’un conte de fées.

Il s’agissait simplement du Xolo, compagnon de la Petite Géante qu’elle avait rencontré il y a bien longtemps à Mexico."

©Jean – Luc Courcoult

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