A Nantes, un concert exceptionnel le 8 décembre pour les 150 ans de la synagogue

Isabelle Durin et Michaël Ertzscheid, les deux solistes qui donneront ce concert exceptionnel / © CCAN
Isabelle Durin et Michaël Ertzscheid, les deux solistes qui donneront ce concert exceptionnel / © CCAN

Ne pas oublier la Shoah, l'exil des juifs, leurs souffrances. C'est le but de ce concert organisé par la communauté juive de Nantes. Un temps fort et unique dans un lieu inhabituel, la synagogue de la rue Copernic à Nantes.

Par Thierry Bercault

Un violon et un piano. Quoi de mieux pour jouer sur la corde sensible. Ce concert très prometteur, c'est une façon de faire revivre ces heures sombres des années 30 et 40, et il ne s'adresse pas qu'aux juifs. La musique qui sera jouée est universelle.

Transmettre cette mémoire de l'extermination en jouant sur les émotions. C'est la mission que se sont fixés Isabelle Durin et de Michaël Ertzscheid, les deux invités du CCAN, le centre culturel de la communauté juive. Ces deux grands solistes ont repris les musiques de films anthologiques comme La liste de Schindler, Plus belle la vie, Yiddish Mame, La vie devant soi pour ne citer qu'eux.

Ils se sont inspirés de leurs auteurs (John Williams, Michel Legrand, ou encore Nicolas Piovani)  mais ils les ont arrangées avec une touche personnelle et les ont gravées sur un disque évocateur : Mémoire et cinéma.

"Pour Yentl", explique Isabelle Durin,  "j'ai désiré épouser au plus près les inflexions, la vibration et la suavité de la voix de Barbara Streisand mais aussi ses rubatos, ses notes plus ou moins tenues et la tendresse qui s’en dégage".

"Sa profonde sensibilité m’a touché", poursuit la violoniste, "comme celle de Talila dans le générique de la Passante du Sans-Souci,  chanté en français mais aussi en yiddish".
 

Le violon, comme une voix qui exprime la souffrance

"Mon instrument permet toutes sortes d’effets qui se prêtent bien aux musiques juives, les glissades, des portamenti, des mordants" reconnait Isabelle Durin avant de conclure :

" Le violon est, avec la clarinette, l’instrument de prédilection du Juif qui s’exile.  Le son du violon possède cette vibration qui, comme la voix, peut exprimer la douleur et la souffrance. Et puis, à l’époque où ces musiques sont écrites, nombreux sont les grands violonistes juifs : Isaac Stern, Yehudi Menuhin et plus tard Itzhak Perlman." 

Autant dire que ce récital original est une occasion à ne pas manquer. Ce n'est pas tous les jours que la synagogue de Nantes ouvre ses portes.

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