Nantes : locaux exigus, fissures et malfaçons au commissariat central

Que se passe-t-il à "Waldeck" le commissariat central de Nantes ? Des barrières empêchent le public de longer la façade et des filets de protection ont été tendus à certains endroits. Le bâtiment, qui n'a pourtant qu'une dizaine d'années, vieillit mal visiblement. Et il est trop petit. 

Le public ne peut plus longer le bâtiment du commissariat central de Nantes. On craint d'éventuelles chutes d'éléments de la façade.
Le public ne peut plus longer le bâtiment du commissariat central de Nantes. On craint d'éventuelles chutes d'éléments de la façade. © France Télévisions Olivier Quentin

Le bâtiment n’est pourtant pas vieux, il a été inauguré en janvier 2009. Le nouveau commissariat central de Nantes avait nécessité deux ans de travaux.

A l’époque déjà, il se disait que le nouvel hôtel de police était sous-dimensionné. 900 fonctionnaires s'y étaient installés. Aujourd'hui, ils sont plus de 1 000.

Douze ans après sa mise en service, le constat est fait : "Waldeck" est trop petit.

"On nous annonce un renfort de 33 policiers témoigne un syndicaliste, c’est bien mais on va les mettre où ?"

 

Des renforts mais pas de place

Au groupe d’Appui Judiciaire qui traite les investigations de proximité, le personnel a décidé de faire la grève des dossiers depuis le début du mois d'avril. Ils viennent pourtant d’avoir un renfort de deux fonctionnaires mais il n’y a aucun bureau pour les accueillir.

"Au début du nouveau commissariat, explique un représentant syndical, il devait y avoir un centre de rétention (pour les sans papiers interpellés), mais heureusement qu’on ne l’a pas fait, le bâtiment est utilisé par les collègues !"

On évoque aussi des pièces exigus où les plaignants sont bloqués entre le mur et le bureau du policier qui prend leur plainte.

Nantes qui devient une Direction Territoriale de Police Judiciaire ne sait même pas où mettre les personnels qui y seront affectés en renfort.

Sur la façade du commissariat, on aperçoit des filets de protection (verts).
Sur la façade du commissariat, on aperçoit des filets de protection (verts). © France Télévisions Olivier Quentin

Très vite trop petits, les bâtiments ont aussi très vite présenté des faiblesses structurelles.

Il y fait trop chaud l’été et trop froid l’hiver.

"On n’a même pas prévu de clim', se désole un locataire des lieux. Les fenêtres ne sont pas censées s’ouvrir pour des raisons de sécurité mais on les ouvre quand même, on crève de chaud !"

Lors d’un CHSCT de février 2018, les syndicats Alliance et Unité SGP Police ont soulevé la question des malfaçons constatant que le bâtiment se dégradait et "n’offrait pas de conditions de travail satisfaisantes."

 

Des malfaçons constatées dès la livraison

Infiltrations d’eau, problèmes de carrelage et maintenant la façade de l’hôtel de police qui se fissure. Depuis plusieurs mois, l'accès à l'accueil du commissariat central de Nantes se fait par un chemin qui évite de longer une partie de la façade de l'immeuble de la place Waldeck Rousseau. On peut également voir des filets de protection à certains endroits. Comme si l'on craignait que des éléments de la façade ne tombent sur le trottoir.

Selon une source syndicale, 5 000 réserves avaient été faites lors de livraison du bâtiment.

Pour tenter d'en savoir un peu plus sur cette situation, nous avons contacté il y a plusieurs mois la direction de "Waldeck" qui nous a renvoyés sur la Préfecture de Loire-Atlantique, qui nous a renvoyés vers celle de Rennes qui a compétence pour ces questions... Le dossier doit être sensible car nous attendons toujours une réponse.

Tout cela n’est pas sans rappeler le dossier du "nouveau" Palais de Justice de Nantes. Il avait été inauguré en 2000,  mais on avait rapidement constaté, là aussi, des malfaçons et, en 2009, on s’était empressé de lancer une procédure avant que la garantie décennale ne tombe.

Finalement, un règlement à l’amiable était intervenu entre le ministère de la Justice d’une part et l’architecte Jean Nouvel et plusieurs entreprises d’autre part.

Bis repetita, c'est maintenant au tour du commissariat central de pointer une longue liste de défauts. On angoisse pour le futur CHU...

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