Nantes. La préfecture refuse la convergence des luttes place Graslin pour la Marche Climat du 9 mai

Le monde de la culture et les manifestants écologistes étaient censés s'y rejoindre, ce dimanche 9 mai, pour clore la marche Climat... mais la préfecture refuse d’accorder l’accès à la place Graslin par peur de “la convergence des luttes”.

En juin 2020, plus de 2000 personnes étaient rassemblées au pied du château, près du miroir d'eau, pour la Marche pour le climat.
En juin 2020, plus de 2000 personnes étaient rassemblées au pied du château, près du miroir d'eau, pour la Marche pour le climat. © Muriel Raud

Ce dimanche 9 Mai, 5 jours après le vote solennel du projet de loi climat et résilience à l’Assemblée Nationale, les habitants de la région nantaise ont prévu de se retrouver au miroir d’eau à 14h.

Ce sont 697 organisations nationales, suivies localement par une vingtaine d’associations régionales, qui appellent à manifester face au manque d’ambition du texte de loi actuel et pour demander “un réel engagement des sénateurs et sénatrices pour atteindre les objectifs de 55% de réduction des gaz à effet de serre en France”, revendique le mouvement pour la justice climatique et sociale Alternatiba. 

Chorégraphie et animation visuelle interdites place Graslin 

Toutefois, la préfecture refuse de valider le tracé proposé par les associations et organisateurs. Elle bloque notamment l’accès à la place Graslin en fin de parcours. 

La réalisation d'une animation visuelle et culturelle sur le climat place Graslin est ainsi interdite, empêchant au monde de la culture qui y est mobilisé, de soutenir la lutte contre le dérèglement climatique. La fin de la manifestation à Graslin promettait un final “festif autour d’une gigantesque chorégraphie dans le respect des distanciations sociales” assure Alternatiba. 

Le mouvement dénonce par ailleurs le manque de coopération de la préfecture, qui “n’a pas voulu étudier les propositions alternatives comme la possibilité de se rendre place Graslin par petits groupes”. 

Culture-climat : empêcher la convergence des luttes 

Empêcher tout rassemblement devant le théâtre n’est pas anodin. Cela fait près de deux mois que ce dernier est occupé par des professionnels du spectacle en colère,  demandant la réouverture des lieux culturels pour « travailler et vivre de leur travail ».

La préfecture tente ainsi d’éviter une convergence des luttes, selon Alternatiba, pour qui “le climat et la culture sont intrinsèquement liés. Ces deux sujets essentiels pour l’avenir et le présent sont séparés de force, alors que leur collaboration est un exemple pour la transition de nos sociétés. C’est en élaborant un monde “d’après” dans un esprit de coopération et de créativité, en transformant la représentation tragique de la situation en un événement joyeux et commun, que se développeront des solutions novatrices.”

Solicitée, la préfecture justifie la modification du parcours par les "violences et dégradations commises lors des précédentes manifestations à Nantes, place Graslin". 

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