Nantes : mobilisation des intermittents du spectacle très fragilisés par la crise du coronavirus

Ce samedi 6 juin, environ 200 intermittents du spectacle se sont rassemblés place Graslin à Nantes à l'appel de la CGT Spectacle. Artistes et techniciens réclament des mesures concrètes en faveur du secteur de la culture.
 

Près de 200 intermittents du spectacle mobilisés à Nantes, le 6 juin 2020
Près de 200 intermittents du spectacle mobilisés à Nantes, le 6 juin 2020 © Fabienne Even/France Télévisions

Sur les marches du théâtre Graslin, Philippe Gauthier, responsable CGT Spectacle en Pays de la Loire a expliqué, ce samedi midi, aux 200 intermittents présents, l’avancée des négociations avec le ministère de la Culture. Il a notamment précisé les contours d’un projet d’arrêté ministériel, discuté ce vendredi 5 juin.

Cet arrêté, qui n’est pour l’heure pas encore signé, devrait prolonger les droits d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle jusqu’au 31 août 2021. Cette mesure équivaut à une "année blanche" pour les techniciens et artistes, très fragilisés par la crise du coronavirus.

Pour une très grande majorité d’entre eux, la mise à l’arrêt des activités artistiques signifie l’annulation de leurs contrats et la situation ne va pas s’arranger dans l’immédiat, malgré le déconfinement.

C’est le cas de Philippe Gallis, technicien : "Mon compteur d’heures est bloqué à 445 heures et ma date d’anniversaire est le 20 juillet. J’aurais déjà dû boucler mes 507 heures, mais j’ai perdu 150 heures en avril et mai". Avec l’annulation des festivals d’été, il se retrouve sans perspective de contrats dans les prochains mois. Comme tous ses collègues, il plaide pour prolonger les droits à l’assurance chômage de 12 mois.

Eric Fleurimont du syndicat des professionnels du théâtre et des activités culturelles (SYNPTAC) s’inquiète pour les intermittents qui n’ont pas pu recouvrer leurs droits en raison de l’épidémie.

Il s’agit notamment des femmes en congés maternité, des personnes en longue maladie ou encore des jeunes en passe d’obtenir leur statut d’intermittent. "Rien n’est prévu pour eux et ils n’ont pas accès aux allocations du régime général. La situation est dramatique", déplore-t-il.

Affiche de la fédération du spectacle CGT
Affiche de la fédération du spectacle CGT © Fabienne Even

 

Pour une relance du secteur de la culture

Le secteur culturel demande également au plus vite la publication des documents sanitaires pour pouvoir reprendre ses activités dans des conditions de sécurité fiable. Mais chacun sait qu’avec des jauges divisées par deux, parfois plus, la réouverture des lieux de spectacle demeure très fragile, voire impossible pour des raisons de rentabilité.

"La culture est un secteur indispensable et nous réclamons un plan de relance au même titre que les autres secteurs d’activité", explique Eric Fleurimont.

Tous regrettent un sous-financement de la culture. "Je ne sais pas comment je vais faire", confie Marthe Gauducheau, chargée de production auprès de compagnies, qui a vu tous ses projets stoppés net par la crise.

"Il y a eu beaucoup de générosité de la part des artistes durant le confinement, mais nous sommes sinistrés, nous avons besoin de moyens supplémentaires pour continuer, pour retrouver le public".

Déjà de nouveaux projets émergent pour s'adapter à cette crise sanitaire, à l'image du projet "Ouvrir l'horizon", des paniers artistiques pour maintenir le lien entre artistes et publics.

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