Nantes : les policiers jettent leurs menottes devant le Palais de Justice

Environ 200 policiers ont brièvement manifesté devant le Palais de Justice de Nantes ce mercredi. La veille au soir, certains s'étaient également rassemblés devant la Préfecture. 

Ils étaient environ 200 policiers rassemblés devant le Palais de Justice de Nantes
Ils étaient environ 200 policiers rassemblés devant le Palais de Justice de Nantes © France Télévisions

Ils se sont rassemblés en différents lieux, dans plusieurs villes de France.

A Saint-Nazaire, à Nantes, les policiers ont réussi à faire pratiquement l'unité des syndicats pour manifester ce 17 juin. Les déclarations récentes de leur ministre Christophe Castaner ont plus qu'agacé dans les rangs des forces de l'ordre.

Et pourtant, que disait-il : que chaque faute, chaque excès, chaque mot, y compris des expressions racistes ferait l'objet d'une enquête, d'une décision, d'une sanction. Quoi de plus normal ? 

Mais les policiers n'ont pas aimé que les suspicions de racisme soient ainsi relayées au plus haut niveau de leur hiérarchie.

 

"On fait notre travail du mieux qu'on peut" 

"On est toujours en train de dire que la police est violente et raciste mais ce n'est pas le cas, affirme Régis Herrouin, secrétaire départemental Alliance 44. On a une police républicaine, on fait notre travail du mieux qu'on peut avec les moyens qu'on a".

Ce mercredi, officiellement, ce n'était pourtant pas cela qui avait mobilisé ces fonctionnaires, du gardien de la paix à l'officier.

"Ce qu'on dénonce, c'est le manque de fermeté dans la réponse pénale explique Régis Herrouin, On a du mal à accepter qu'aujourd'hui, des policiers, des gendarmes, des policiers municipaux, des soignants, du personnel pénitenciaire soient victimes d'agressions et que la réponse pénale soit aussi faible. On dénonce ce manque de fermeté." 

Régis Herrouin secrétaire départemental Alliance 44.
Régis Herrouin secrétaire départemental Alliance 44. © France Télévisions

Etonnant que cette revendication arrive ainsi, en ce moment.

Mais les syndicats sont aussi remontés contre la décision de ne plus enseigner dans les écoles de police la fameuse clé d'étranglement accusée d'être à l'origine de plusieurs blessures ou décès.

"On demande au Ministre de revenir sur ses positions, explique ce représentant syndical, de nous laisser nos techniques d'intervention même si elles peuvent être améliorées. C'est une technique qui a fait ses preuves, qui peut être utilisée par tout le monde face à un individu virulent."

 

"Ça peut arriver que des collègues dérapent"

Concernant ce dossier des violences policières, l'heure n'est plus à nier des fautes mais plutôt à affirmer qu'elle sont sanctionnées comme pour tout citoyen.

"Ça peut arriver que des collègues dérapent, ça peut se produire, reconnait Régis Herrouin. Quand des faits sont commis et que des collègues sont identifiés, ils sont sanctionnés, que ce soit au niveau pénal ou administratif. Les brebis galeuses, on arrive toujours à ce qu''elles soient sanctionnées quand elles ont commis des fautes avérées."

Les policiers ont jeté à terre leurs menottes et brassards.
Les policiers ont jeté à terre leurs menottes et brassards. © France Télévisions

"On est en souffrance, témoigne Régis Herrouin. Parce qu'on a un manque de reconnaissance des autorités judiciaires ou administratives, d'une partie de la population qui nous sollicite pourtant beaucoup. On est tous épuisés, on sort de nombreux mois de manifestations, de mouvements sociaux et ça continue. La police aujourd'hui est fatiguée."

Les syndicats de policiers, estimant qu'ils ne sont pas écoutés par leur ministre, ont demandé à être reçus par le Président de la République en personne pour débattre des questions de sécurité en France.

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