Nantes : l’usine LU de nouveau à l’arrêt

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jérôme Soulard .

Les petits LU nantais sont dans la tourmente. Un nouveau débrayage a lieu ce mardi matin sur le site historique de la Haye-Fouassière, suite à un mouvement social. Une usine en grève, une production en baisse, le prestigieux musée du groupe qui doit fermer. C’est la crise chez LU.
 

Ce lundi après-midi, l’usine LU de La Haye-Fouassière était à l’arrêt. 3 chaînes sur 4 étaient bloquées par des salariés mécontents. Ce mardi matin, un nouveau débrayage a lieu jusqu'à 13 heures.



En cause, les nouveaux aménagements de travail présentés par la direction du groupe américain Mondelez International. Mais aussi le refus de certains salariés d’accepter le licenciement pour faute d’un salarié proche de la CGT.



 

Une production à la baisse



La Biscuiterie LU de la Haye-Fouassière est dans le dur depuis quelques mois déjà. En 2014, le site produisait 45 000 tonnes de biscuits et comptait 500 salariés. Aujourd’hui, la production est tombée à 31 000 tonnes pour 330 salariés.



"Pour quelques mois, une ligne de production de l’usine passera en 2 x 8, au lieu de 3 x8 actuellement. Ce changement est réalisé afin d’adapter notre organisation à une baisse de volumes", nous a précisé la direction de Mondelez International ce mardi matin.



Selon les syndicats, pour accompagner la baisse de la production et des ventes, la direction américaine Mondelez International voudrait changer les habitudes de travail. Elle souhaiterait remettre en cause certains acquis sociaux et aménagements qui profitaient jusqu’alors aux salariés du site de la Haye-Fouassière.



La direction veut plus de souplesse, notamment sur le travail du samedi. Elle aimerait revenir sur les avantages acquis. Par exemple, un salarié en 3 x 8 qui passerait en 2x 8 ne garderait plus désormais sa prime de 3 x 8.

"Inacceptable !" réagit Fabrice Defoort de la CGT "nous défendrons nos acquis". Mais le dossier qui fâche sur le site, c’est aussi et surtout celui des vacances que la direction voudrait pouvoir imposer aux salariés quand l’usine est à l’arrêt.

"Nous sommes une entreprise française, qui dépend de la loi française. Nous demandons le respect des règles et des engagements" - Fabrice Defoort, délégué CGT

 

Un management à l’américaine



Dans la ligne de mire de la CGT, le nouveau directeur du site récemment muté de l’usine de biscottes de Granville dans la Manche. Il serait celui qui aurait acté le licenciement d’un salarié proche de la CGT pour "non-respect de la sécurité du groupe". Selon la CGT, il n’avait jamais eu d’avertissement, ni de mise à pied auparavant.



Un avertissement très clair, selon la CGT pour ceux qui ne veulent pas rentrer dans "ce nouveau système que souhaite nous imposer la direction".

"Un employé du site a été licencié pour faute, en matière de respect des règles de sécurité. Il s’agit ici d’un dossier sans rapport avec le premier sujet", récise Mondelez International.

Déjà 14 suppressions de postes sont annoncées sur le site, sans licenciement. Mais la CGT redoute que "d’autres licenciements pour faute soient imposés par la direction. C’est peut-être une manière de traiter radicalement un éventuel sureffectif acté sur le site par la direction américaine".



La CGT demande la réintégration immédiate du syndicaliste licencié pour faute.



"Nous sommes en lien avec nos employés et leurs représentants pour répondre aux questions et favoriser une reprise rapide des lignes de production. Plus largement, notre priorité est d’entretenir des échanges de qualité avec nos collaborateurs tout en étant compétitifs dans un contexte économique contraint", a précisé Mondelez.



Les syndicats annoncent d’autres actions à venir sur le site de La Haye-Fouassière toute la semaine.



 
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