Nantes : ville et métropole placées sous statut de témoin assisté dans l'affaire de la mort de Steve Maia Caniço

La mairie de Nantes et la métropole ont été mises ce mercredi sous le statut de témoin assisté par le juge instruisant l'affaire de la mort de Steve Maia Caniço.
Johanna Rolland, en tant que maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, doit être prochainement entendue par le juge d'instruction dans l'affaire Steve.
Johanna Rolland, en tant que maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, doit être prochainement entendue par le juge d'instruction dans l'affaire Steve. © AFP Loïc Venance

Dans un communiqué laconique, les deux avocats de la ville de Nantes et de Nantes Métropole font savoir que les deux personnes morales ont été entendues le 21 juillet par le juge d'instruction dans l'affaire Steve Maia Caniço.

"La Ville et la Métropole étaient représentées par un membre de la direction générale des services, précisent-ils. Le représentant de la Ville et de la Métropole a répondu à l’ensemble des questions et fourni toutes les explications demandées sur la préparation de l’édition 2019 de la fête de la musique à Nantes. A l’issue de cette audition, la mairie de Nantes et Nantes Métropole ont été placées sous le statut de témoin assisté. La Métropole et la municipalité demeurent à la disposition du magistrat instructeur pour contribuer à la manifestation de la vérité attendue par la famille et les proches de Steve Maia Caniço."

Pas de mise en examen donc mais un statut de témoin assisté qui est entre celui du témoin et celui du mis en examen. A la Métropole, on s'en tient au communiqué des avocats, sans y ajouter une quelconque réaction.

Rappelons que dans cette affaire, la maire de Nantes, Johanna Rolland, a rapidement demandé que toute la lumière soit faite, interpellant notamment le ministre de l'intérieur en juillet 2019, avant que le corps de Steve Caniço ne soit retrouvé.

"Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette intervention qui posent d'importantes questions", écrivait à l'époque Johanna Rolland. Le corps de Steve était retrouvé 11 jours plus tard, le 29 juillet.

Johanna Rolland doit être entendue également par le magistrat instucteur.

Cette mise sous statut de témoin assisté de la ville de Nantes et de la métropole intervient deux jours après la mise en examen du commissaire Chassaing, qui était en charge de l'opération de police cette nuit du 21 au 22 juin 2019.

"Mes clients pensent que la responsabilité directe dans la mort de Steve est celle du commissaire Chassaing qui a été mis en examen" déclare Maître de Oliveira, avocate de la famille de Steve.

L'avocate estime que la commission rogatoire de l'IGPN de juillet 2019 qui visait à la fois, le Préfet de Loire-Atlantique, son directeur de cabinet, la maire de Nantes, son adjoint à la sécurité, le directeur départemental de la sécurité publique et le commissaire Chassaing, "vise à diluer les responsabilités". L'enquête de l'IGPN a été "extrêmement bâclée", estime Maître De Oliviera.

Détourner la responsabilité du commissaire en charge de l'intervention qui a abouti à la chute de 15 personnes dans la Loire et à la mort de Steve Maia Caniço ou s'assurer au contraire que toutes les éventuelles responsabilités ont bien été balayées par l'enquête ?

On n'en est pour le moment qu'au stade de l'instruction, l'ordonnance de renvoi qui désignera précisément les personnes physiques et morales qui devront être jugées est encore à venir.

Rappel des faits 

Le 21 juin 2019, Steve Maia Caniço participe à une soirée techno lors de la fête de la musique. Vers 4 heures du matin, une vingtaine de policiers interviennent dans le but de couper le son et mettre fin au rassemblement, qui réunissait encore 400 participants. L'opération tourne alors à l'affrontement entre les fêtards et les forces de l'ordre. Plusieurs personnes tombent dans la Loire, puis sont secourues. Mais Steve Maia Caniço est porté disparu.  

Le 29 juillet, le corps de Steve est repêché dans la Loire. Selon le rapport rendu le 16 juillet par l'IGPN, il n'y a pas de lien entre l'intervention policière et le décès du jeune homme, suscitant de vives réactions et des manifestations réclamant "Justice pour Steve".

Quelques mois plus tard en septembre, un deuxième rapport, mené par l'inspection générale de l'administration, pointe un usage inadapté de la force par les policiers. Le commissaire en charge de l'intervention est sanctionné et muté dans un autre service. 

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