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Notre-Dame-des-Landes : Nicole Klein annonce des négociations sur les terres agricoles de la ZAD

La préfète de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire, Nicole Klein, à Notre-Dame-des-Landes, le 26 janvier. / © LOIC VENANCE / AFP
La préfète de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire, Nicole Klein, à Notre-Dame-des-Landes, le 26 janvier. / © LOIC VENANCE / AFP

La préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein a annoncé prendre la présidence d'un comité de pilotage pour discuter, avec les différents acteurs, de l'avenir des terrains prévus pour l'aéroport. Et à également confirmé que des expulsions auront lieu sur place à la fin de la trêve hivernale.

Par AFP

La préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, présidera le 19 mars le premier comité de pilotage sur l'avenir des terres agricoles de la ZAD, après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, a-t-elle annoncé jeudi à l'AFP.

"Je présiderai ce comité de pilotage et je souhaite qu'on travaille dans une ambiance apaisée et constructive", a déclaré Mme Klein à l'AFP, alors que deux visions divergent sur le futur projet agricole et sur sa gouvernance. Les opposants à l'ex-projet aéroportuaire soutenus par la Confédération paysanne portent un projet de gestion collective de ces terres, tandis que le département de Loire-Atlantique souhaite confier les terrains qu'il pourrait acquérir à la chambre d'agriculture. "Il y a des sujets simples et des sujets compliqués. Les sujets simples, c'est les agriculteurs historiques, qui sont quatre, qui ont été expropriés, qui sont restés sur place et qui souhaitent récupérer leurs terres, soit sous forme de propriété,
soit sous forme de fermage, en tout cas de rester d'où ils ne sont jamais partis"
, a expliqué la préfète.

"On laissera a priori, et tous les syndicats agricoles sont d'accord, les historiques où ils sont", a-t-elle affirmé. "Après, il y a le sujet très complexe du conseil départemental", qui a demandé à l'Etat la rétrocession de 895 hectares de parcelles sur l'ex-emprise aéroportuaire, a souligné Mme Klein. Le département de Loire-Atlantique avait commencé à acquérir ces terrains en 1974, avant de les vendre en 2012 à l'Etat et au concessionnaire de la plateforme aéroportuaire, Aéroports du Grand Ouest, filiale du groupe de BTP Vinci. "La moitié des juristes pense que la demande est légitime et la moitié pense qu'elle ne l'est pas", a indiqué la préfète. "Si on donne raison au département, ce qui est possible, c'est 85% des terres et il donne à la chambre d'agriculture la clé de la maison. Est-ce que c'est un facteur d'apaisement ?", s'est-elle interrogée.

Le comité de pilotage, placé sous le signe de "l'apaisement", n'est "pas décisionnaire", mais doit permettre de construire une gouvernance stable permettant la mise en oeuvre du projet agricole, a rappelé Nicole Klein. Sont conviés le 19 mars le président du département, les élus du territoire, les syndicats agricoles (FNSEA et Jeunes agriculteurs, Coordination rurale et Confédération paysanne), ainsi que trois associations (Adeca et Acipa, opposées à l'ex-projet aéroportuaire, et l'Almeza, proche de la Coordination rurale), a-t-elle détaillé.

"Il faudra du temps" sur la question agricole, a reconnu Mme Klein. "C'est un dossier qui m'occupe beaucoup, on y va pas à pas", a-t-elle confié.

Des expulsions à la fin de la trêve hivernale 

Nicole Klein a par ailleurs confirmé que les occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes refusant "l'état de droit" seront "expulsés", lors d'une opération qui sera menée "avec discernement" et "après la fin de la trêve hivernale", dans un entretien jeudi à l'AFP.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait dit le 17 janvier, lors de l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, que d'ici le printemps "ceux qui n'ont aucune raison d'être là, ou ils seront partis ou on les expulsera", a rappelé la préfète. "Une des grandes surprises, c'est que personne n'est parti", a déclaré à l'AFP Mme Klein, qui estime à "entre 150 et 200" le nombre de personnes vivant actuellement sur le site de l'ex-emprise aéroportuaire. "Personne n'est venu non plus", a-t-elle indiqué.

Le 26 janvier, lors d'une visite dans le bocage nantais pour constater le dégagement de l'ex-"route des chicanes" traversant la ZAD, la préfète de région avait répété que les occupants qui ne seraient pas "d'accord sur les règles à respecter" devraient partir avant le 31 mars, date à laquelle prend fin la trêve hivernale des expulsions.

"Ceux qui n'acceptent pas, et il y en a qui n'acceptent pas et qui le disent, qui refusent de s'inscrire dans l'état de droit, seront expulsés", a-t-elle redit
jeudi. "Comme je l'ai souvent expliqué, l'état de droit, c'est des choses très simples, le gaz, l'électricité, un fermage ou une propriété, la MSA (la sécurité sociale agricole, ndlr) si on est agriculteur", a-t-elle ajouté. "Des expulsions, il y en aura, avec discernement", a assuré Nicole Klein.
L'opération d'expulsion "visera des lieux", a-t-elle encore dit à l'AFP. Les autorités ont recensé 97 squats sur les quelque 1.650 hectares de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, contre 10 en 2012, année de la dernière tentative d'expulsion massive, "l'opération César", qui avait tourné au fiasco.

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