DIRECT. Procès affaire Troadec à Nantes : Hubert Caouissin souffre d’une "vulnérabilité narcissique", estime un psy

Au 9e jour du procès de Hubert Caouissin et Lydie Troadec, des experts psychiatres et psychologues sont attendus à la barre de la cour d'assises de Loire-Atlantique à Nantes.
Le procès Troadec s'est ouvert aux Assises de Loire-Atlantique à Nantes, le 22 juin 2021
Le procès Troadec s'est ouvert aux Assises de Loire-Atlantique à Nantes, le 22 juin 2021 © France Televisions - Eléonore Duplay

Hubert Caouissin, 50 ans, comparaît depuis le 22 juin devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'ancien ouvrier chaudronnier de l'arsenal de Brest encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
    
Lydie Troadec, 51 ans, comparaît libre. Elle encourt trois ans de prison et 45 000 euros d'amende pour modification de scène de crimes et recel de cadavres.

Ce vendredi 2 juillet, des experts psychiatres et psychologues sont attendus à la barre de la cour d'assises de Loire-Atlantique à Nantes dans le cadre du procès d'Hubert Caouissin etr Lydie Troadec.

Reprise de l’audience à 9h15. La présidente appelle le docteur Daniel Zaguri expert psychiatre.

"J’ai rencontré Mr Caouissin au tribunal pour avoir des conditions d’examen prolongée et de qualité. Nous avons fait remarquer qu’au vu de la tâche le devis nous paraissait insuffisant. Le procureur a réduit notre expertise à 312 euros. J’ai donc fait le choix de ne pas être payé et de faire le travail à mes frais".

"Il éprouve la détresse de ses proches"

"J’ai donc rencontré Mr Caouissin le 30 septembre, il est disert, possède un vocabulaire riche, et éclaire les faits avec une expertise étonnante. Il se plaint de son anesthésie affective. Il nous parle de sa tentative de suicide. Il la lie a des bribes de souvenirs, il s’étonne de sa mise à distance émotionnelle. Il dit je sais que c’est arrivé, mais je ne le ressens pas".

Il éprouve la détresse de ses proches, mais n’éprouve pas d’émotions. Il prend un traitement antipsychotique

"Il constate sa froideur, pour ses proches, pour ses collègues de travail. Il décrit une période de burnout, en réalité ce n’en est pas un, c’est une préface au délire. Il fait une hyper hystésie au bruit, il a cherché à se mettre à l’abri de ces bruits. Il décrit un épuisement physique de l’humeur. Il dit aller mieux quand il s’installe à Pont-de-Buis".

"Il décrit une enfance dans l’admiration de son père. Il a le sentiment d’avoir été élevé comme les autres, mais d’avoir souffert de son rejet par sa mère qui exprimait des propos violents en état d’ivresse. Il dit avoir été souvent malade en maternelle et avoir eu ensuite des difficultés en primaire".

"On a ensuite le sentiment d’une fusion de sa propre histoire et de celle de Jean. Il dit sa mère dure avec lui et incitant son père à le frapper. Il a une progression régulière de sa carrière. Cette quête de promotion est venue compenser une enfance difficile. Ces progressions répétées ont en fait rouvert ses failles".

"Il rencontre Lydie dans une relation anaclitique. L’un s’appuie sur l’autre, ils se réparent l’un l’autre. Il se dit aimant pour son fils, mais le rend complice de son crime. Jean est le prétexte a un retrait social".

Il éprouve la détresse de ses proches, mais n’éprouve pas d’émotions. Il prend un traitement antipsychotique.

"Il est persuadé que Jean est en danger"

"Jean apparait la cible la première de la maison. Le délire est fondé non pas sur des images, mais sur des interprétations délirantes. Des constats partagés se transforment en faits irrécusables. La découverte dans un chantier se transforme en un fait irrécusable. L'audition que vous avez entendue hier est une illustration très précise de ce comportement délirant. Une accusation qui n’a pas de sens".

"La question financière et la persécution envers Jean, est donc un mobile rationnel, puisque l’héritier. Le danger se fait de plus en plus pressant, il est persuadé que Jean est en danger".

"Il s’accroche à des détails, incapable de se souvenir des autres. À son retour, il se comporte comme s’il devait effacer les images. Il a des bribes filmiques du déroulé. Une jambe dans la chaudière, une tête dans la vase…"

"Nous avons noté d’emblée qu’il était rare d’une participation aussi active. Il n’a aucun signe de schyszophrénie, il n’est pas psychopathe, il n’est pas dépourvu d’empathie".

"Il semble donc avoir été un enfant désiré mais advenu au moment d’un deuil maternel. Scoalrité difficile, souffre de douleur d’une institutrice, bouc émissaire au collège. Tout se passe comme s’il avait cherché à compenser ses blessure d’enfance par sa quête de progression sociale".

"Ils se retirent du monde"

"Après des échec sentimentaux, il dit avoir rencontré une femme qui le faisait souffrir durant 6 mois. Ce sont en fait deux blessés de la vie. Il lui apparait clairement que Lydie est spoliée par son frère Pascal. Ils se retirent du monde, Jean est la cible du danger, on le déscolarise. Il faut protéger l’enfant. Ce n’est pas une idée, c’est la certitude d’un danger de mort imminent".

Son arrêt de trois ans, n’est pas une dépression, c’est une dépression atypique. Elle est le fait d’une construction, pistes, guet-apens, son récit est une enquête qui ressemble à une énigme

"Ils se comportent comme des comploteurs. Si on met le chat dans les bras de Lydie c’est parce qu’elle n’est pas immunisée contre la toxoplasmose. Sébastien dit maman est aux toilettes, c’est un code. Si la barrière est fermée après l’arrivée de Pascal et Brigitte, c’est qu’ils cachent quelque chose ? Puis Renée fait une révélation. Ce qui était de l’ordre du doute, devient une conviction. J’ai compris rétrospectivement".

"Il agit comme un robot"

"Son délire est un délire en réseau, un mécanisme imaginatif, interprétatif. Le thème central est une spoliation une menace de mort sur leur fils Jean. C’est la conviction d’un danger imminent qui détermine le passage à l’acte. Il se sent en état de légitime défense. Une légitime défense délirante. Intension ou non de passer à l’acte n’est pas de ma compétence de psychiatre".

Son délire s’appuie aussi sur l’histoire de la Banque de France en 1940. Il en connait tous les détails. Mais le délire n’est pas l’erreur.

"Il reste à considérer le démembrement clinique des corps. Jeune expert je pensais que le démenbrement était l’apanage des grands psychopathes. L’expérience m’a montré que ce n’était pas le cas".

"On se trouve en face d’un cadavre, soit on se rend en appelant la police, soit on se débarrasse du cadavre. Dans ce cas, des mécanismes psychiques volent à son secours. La dépersonnalisation, le détachement émotionnel, il agit comme un robot, il ne lui restera que des bribes d’images. Il sait bien que c’est lui qui l’a fait mais pour lui c’est quelqu’un d’autre".

"Dans une lutte à mort il les tue"

"Dans le cas d’Hubert Caouissin, l’acharnement à faire disparaître les traces est singulier, on a quatre corps. C’est l’undoing des anglo-saxons, ce n’est pas arrivé. Il ne se souvient pas. Il se plaint de l’amputation de sa personne, le fait de ne rien ressentir".

On peut distinguer quatre séquences dans son passage à l’acte.

"Saisir une preuve tangible, au domicile pour les poursuivre", puis "Il est surpris, echauffourée,  bagare".

"Dans une lutte à mort il les tue" et enfin, "Retrouvant ses repères, il fait disparaitre les corps".

"L’ensemble des actes répond à une pathologie aliénante. On ne peut pas considérer que son discernement a été altéré au sens premier".

"En résumé, Hubert Caouissin souffre d’une vulnérabilité narcissique, émergence délirante, délire en réseau, mécanismes d’impressions, déductions, d’interprétations. Forme particulière de paranoïa délirante".

"Je voulais les coincer je voulais des preuves"

"La quête spéculative a été pensée à deux. Au moment des faits, il n’est pas atteint d’un trouble du discernement, mais son état dépressif le met en état de danger et permet ce trouble du discernement".

Mr Caouissin présente un risque de récidive suicidaire

"Lors d’une seconde rencontre, il a repris exactement la même expression, souci d’isolement, comportements compulsifs, il indique avoir une personnalité extraordinaire, son délire est intact. Il a toujours la conviction absolue qu’il ne pouvait pas faire autrement. Il était raqué, petit signe d’un vaste complot, Jean était en danger, "Je voulais les coincer je voulais des preuves".

"Je ne suis pas un homme haineux, je ne suis pas un homme cupide" dit-il aux psys.

"Pascal évoque l’affaire Pastor, c’est le signe d’un danger croissant, Pascal hésite entre acheter un lingot et une berline allemande, c’est qu’il a volé les lingots. Si Pierre parlait d’ISF, "c’est bien qu’il avait mis la main sur le trésor", quand Pascal parle des inondations de Perpignan, "c’est bien qu’il y a acquis un bien", si Brigitte obtient le numéro de tel de sa mère, "c’est bien qu’elle est passée par le fichier Ficoba (fichier national des comptes bancaires et assimilés du Trésor Public, l’employeur de Brigitte Troadec) pour l’obtenir".

"Il fait un lapsus, il dit l’apnée de la peur, pour acmé"

"Il se comporte comme un enquêteur qui fait entrer ses recherches dans son fonctionnement délirant. Il s’agit d’une folie fondée sur le raisonnement qu’il faudra enseigner aux étudiants".

"L’interprétation des souvenirs forme l’illusion de la mémoire. Lorsqu’il évoque les faits il en parle au présent, il fait un lapsus, il dit l’apnée de la peur, pour acmé. Il fait 300 km, il dit ne pas avoir de souvenir direct".

"Il évoque le transport des corps, il a masqué les visages pour ne pas les voir. Ça n’avait pas existé. J’ai dû faire des choses mais tout ça n’existe pas. C’est Jean qui l’a détourné du suicide. Les faits relèvent d’un processus de nécessité".

"Conclusion, le 6 avril 2021, il est suivi par un psychiatre, prend un traitement, Olanzapine Lopéramide, le Seroplex a été supprimé. Ce traitement est bien supporté, il devra être tenu sans discontinuer. Le raptus conduisant à une pulsion suicidaire ne peut pas être exclut".

La présidente pose des questions complémentaires, relatives au déroulement des faits commis à Orvault.

"Le délire est toujours présent à la seconde expertise ?"

Le médecin : "Au cours de la seconde expertise, il a mimé la scène, il l’a revécue précisément. Il est dans un état disruptif. On n’a pas bien compris".

"Il y a trois dimensions, dans les dimensions de stress aigu, la fixation amnésique se fait mal. Les souvenirs pénibles sont évacués à l’insu du sujet, et devant la justice on dit des choses et pas d’autres. J’ai la conviction qu’il se sentait en situation de légitime défense délirante. Il est au bout du rouleau, il a traversé un certain nombre de difficultés qui font le passage à l’acte".

"Le délire est toujours présent à la seconde expertise ?", "il est même renforcé". "Votre collègue hier n’a pas le même point de vue que vous", "Hubert Caouissin si on le détache des faits, il est parfaitement capable de parler de sa femme de son fils. Si on n’appuie pas sur le bouton de la folie raisonnable, on met en œuvre des mécanismes délirants. On ne peut rien retirer de l’examen de ma collègue, puisqu’elle ne s’attache qu’au déroulé des faits".

"Mais le pied de biche fiché"… "J’ai été frappé par l’extrême crudité, il ne se rend pas compte de l’effet produit sur l’auditeur. Il est dans un phase délirante au moment de son arrivée, après, la bagarre, je ne sais pas".

"Le mécanisme d’extraction du cœur est volontaire"

La présidente : "Pour le médecin légiste, le mécanisme d’extraction du cœur est volontaire, qu’est-ce que ça dit du psychisme de Mr Caouissin ?", "Il y a beaucoup de légistes qui disent ça ne peut avoir fait que par un chirurgien. Ils attribuent un savoir anatomique aux personnes, qui n’est qu’une projection de leur propre savoir. C’est quelqu’un de très méticuleux, ordonné. Pourquoi il accomplit tel ou tel acte, je n'en sais rien".

La présidente : "Mr Caouissin disperse les chairs, les ordinateurs, il y a bien une volonté de faire disparaître, d’annihiler" "Dans un démembrement normal, quand il y a ablation des organes génitaux, on a une volonté de détruire l’engendrement. Pour le reste je ne peux que faire des spéculations".

La présidente : "Vous dites, il n’est pas pervers ou psychotique". "Sa crudité est délirante, il ne dit pas ça pour provoquer un trouble ou une gêne". "mais il dit à l’enquêteur, la c’est soft, après c’est plus dur". "Non ce n’est pas une dynamique perverse, c’est une dynamique délirante".

La présidente : "Précisément sur la nature de l’altération, c’est ce qi le fait venir qui serait délirant qui conduit à une altération du discernement, et à Pont de Buis il y a aussi une altération du discernement". "Il m’est arrivé de conclure à l’abolition du discernement dans un crime unique, là on est devant quelque chose de plus complexe. Je ne vois pas comment on ne peut pas conclure à l’altération ou alors il faut changer la Loi".

"Est-il dangereux pour les autres ?"

La présidente : "La probabilité du suicide ?", "Le jour où il va réaliser, ça vie ne vaut plus, le raptus risque de s’accomplir". "Est-il dangereux pour les autres ?", "Non, hors de son délire c’est quelqu’un de bienveillant". "Mais dans le futur ?", "Je ne peux pas penser que Mr Caouissin ne va pas aller en prison. Je réponds donc pour les années à venir. Mais dans 15 ans dans 20 ans… Je préfère donner ma langue au chat".

"Comment Mr Caouissin qui attend dans le garage passe à l’acte ?"Les aliénistes parlent de bascule persécuté persécuteur, il est à l’acmé de son délire"

Un assesseur : "Les os sont répandues dans le poulailler, les chairs dispersées dans la nature. N’y a-t-il pas une dimension dévoratoire ?", "Je n’avais pas cette dimension des choses, il y a une dimension imaginaire et irrationnelle. Nous les psychiatres, on avance sur des œufs, parfois les magistrats ont des points de vue différents".

La présidente : "Nous avons entendu Mr Caouissin s’exprimer avec véhémence, et s’en rendre compte". "On n’a pas à faire à un paranoïaque de combat, c’est celui qui finit par tuer. Là on est dans une paranoïa hyposthénique. Dans la haine de Pascal, c’est inconscient, pas à ciel nu, comme dans d’autres formes de paranoïa".

Un assesseur : "Convient-il de mettre en œuvre un suivi socio-judiciaire ?", "Je ne peux pas affirmer que dans 15 ans dans 20 les choses se seront améliorées ou au contraire dégradées". "Le traitement peut permettre de guérir ?", "Le traitement agit, mais on ne peut pas dire délirant un jour délirant toujours. Des personnes sous traitement mènent une vie de famille normale ensuite".

"S’il perd son délire, il est confronté à un désespoir absolu"

Me Méchineau : "L’arrêt du traitement antipsychotique provoque quel effet ?", "S’il perd son délire, il est confronté à un désespoir absolu. Il faut un délai pour estimer que le traitement a perdu de son effet".

"Peut-on penser qu’il aura une relation détachée de ça", "Ça semble possible. Lydie et Hubert Caouissin se sont aimés, le fils dit j’aime mes parents, j’ai eu de l’amour. Le père en parle dans une espèce de fusion, il y a de l’amour, ma réponse est oui".

Me de Oliveira : "Vous dites dans votre rapport, Mr Caouissin ne supportera pas une accusation froide de préméditation et de cupidité. Nous l’avons plusieurs fois évoquée à cette audience, Mr Caouissin nous répond très courtoisement". "Qu’est-ce que vous m’auriez posé comme question si je ne l’avais pas fait ? La cupidité s’est péjoratif, l’image d’un homme jaloux cupide envieux, non, il défend l’image d’un conjoint spolié".

"Mr Caouissin nous décrit une fantaisie dans l’observance du traitement. Nous savons qu’il n’a aucune difficulté de relation avec l’administration pénitentiaire, les codétenus. Comment expliquez-vous cet état ?", "Le renforcement c’est aussi une sauvegarde sa personne. Il n’y a pas que les médicaments, il a trouvé un travail en prison qui lui permet d’avoir le respect de ses collègues et ça lui fait du bien ; Le recul lui a permis avec pédagogie de renforcer sa version. Le délire ne va pas s’évaporer pour autant. Mais tout ça donne un sens à sa vie".

"Nous avons du raisonnement et du délire"

"Lors du premier examen, nous nous sommes mis en question, la paranoïa renforce la paranoïa, mais pas au point ! Lors du second entretien, nous n’avons plus eu de doute".

Me de Oliveira : "Il y a bien deux éléments de conviction dans son délire ?", "Oui, il y a deux choses, Jean est l’héritier du trésor et à ce titre il est menacé de mort".

"Vous avez entendu hier l’enregistrement de cette scène de famille comment on accuse Pascal et Brigitte, comment ils sont interloqués par cette accusation, ils répondent comme on répond dans ces cas-là , faut te soigner. Ils essayent de discuter naïvement, et ils se heurtent à la conviction du délirant. D’autant plus interloqués, que leur propre mère est entrée dans le délire. Ce n’est pas une provocation de la part de Mr Caouissin, il est dans son délire dans sa conviction"

Me de Oliveira : "Vous parlez d’actes pseudo-rationnels, la disparition de l’arme, la voiture, la disparition des corps, etc", "Vous avez une association du délire et d’actes raisonnés. Nous avons du raisonnement et du délire, je parle donc de pseudo-rationnel".

11h45 Suspension. 12h15 Reprise de l’audience.

"Ce n’est pas un manipulateur, mais il peut arranger ses propos"

L’avocate générale : "Le niveau d’intelligence de Mr Caouissin lui permet-il d’intégrer sa paranoïa ?", "Ça n’a rien à voir avec l’intelligence. La structure paranoïaque ne permet pas d’avoir accès à l’état. C’est pas moi c’est l’autre !"

"Est-ce que 4 ans après, malgré les soins, le délire vienne se focaliser sur quelqu’un d’autre ?", "Dans un délire chronique c’est compliqué, je fais une réponse de psychiatre, dans quelques années le sujet peut s’apaiser, comme le délire restera intact".

"Le procès marque un temps très important dans le délire. On ne peut pas préciser à long terme ou moyen terme la susceptibilité du passage à l’acte. J’ai parfois expertisé des sujets et ne pas les reconnaitre, et d’autres n’avaient pas changé d’un iota".

"Mr Caouissin peut-il forcer le trait de sa paranoïa ?", "Très honnêtement ce n’est pas quelqu’un, je déteste ce mot, ce n’est pas un manipulateur, mais il peut arranger ses propos, comme tout être humain".

"On a une altération qui s’impose de notre appréciation du cas"

"Qu’est-ce qui fait que le discernement est aboli ?", "L’expert est comme les juges il conclut en l’espèce, Il y a abolition du discernement quand un fils tue sa mère parce qu’elle est un serpent…, dans le cas de Mr Caouissin on a une altération qui s’impose de notre appréciation du cas, que la cour a vu en direct.

L’avocat général : "il y a des choses très factuelles, relatives à l’actualité du moment, dans l’expression de son délire, Lydie ne parle pas de crainte d’attentat à la vie de son fils". 3C’est un délire à deux, ils ne sont pas superposables, même peut-être un délire à trois. Elle ne superpose pas totalement son délire à celui d’Hubert. En général dans ce cas quand on sépare les protagonistes, l’un continue souvent de délirer l’autre pas".

"Mr Caouissin a-t-il pu exagérer le délire ?", " Je n’ai aucun doute sur sa maladie. Il a sans doute surestimé, mais la spoliation et le danger de mort sur Jean sont très présents". "Mais elle ne l’écrit pas !" s’exclame l’avocat général. "Mais lui c’est lui et elle c’est elle !" répond le médecin.

Qui ajoute : "La projection paranoïaque, les enfants le disent très bien, celui qui le dit c’est celui qui y est, ce sont les autres qui le persécutent, les voisins, il ne fait que répondre à la haine de l’autre".

"Il n’a pas pu inventer tout ça"

L’avocat général : "Il ne fait que trois erreurs, l’ADN sur un verre, sur un "bitoniot" dans la voiture, le fauteuil bleu laissé dans le jardin, ne pensez-vous pas qu’il se sert de son intelligence pour se donner le beau rôle ?", "Après les faits il rentre chez lui et dit j’ai fait une connerie, il fait alors le projet de faire disparaître les corps. C’est tellement sidérant, pour nous, il fait preuve d’un pragmatisme macabre, il fait disparaître ce qui n’aurait pas dû advenir".

L’avocat général : "Mais il est impensable qu’il n’a pas pu vous manipuler ?", "Ce n’est pas votre question, mais c’est une question qu’on nous pose aux assises, n’êtes-vous pas un peu benêt ? Mais qu’il ait hypertrophié ou hypotrophié des éléments, bien sûr, mais non, il n’a pas pu inventer tout ça".

Mr Larvor : "Vous soulignez le flot de paroles de Mr Caouissin". "Dans la paranoïa interprétative, le sujet est la victime centrale de ce qui lui arrive. Il est essentiellement une victime, il parle beaucoup, il a besoin de dire sa souffrance, de parler de lui, sans se rendre compte devant nous qu’il est l’homme qui a tué quatre personnes".

Me Fillon : "Mr Caouissin a accepté de répondre aux questions, qu’il l’a fait sobrement sans éclat de voix. Sauf une fois, lorsque son frère Jean-Noël a mis en doute le fait que sa mère le battait". "Les blessures de l’enfance sont très vives chez lui".

"Sa disparition a provoqué un déséquilibre"

"Ce père qui disparait en 2002 ouvre une béance ? ", "Oui il parle avec affection de son père, il en parle avec respect, oui sa disparition a provoqué un déséquilibre". "Leur histoire commence banalement, cinéma, le truc du froid aux pieds, ce n’est pas le coup de foudre". "Vous êtes un peu psy Me Fillon". Le médecin sourit. "Ce sont des cabossés de la vie, ils se réchauffent l’un à l’autre"..

Me Fillon : "Mr Caouissin a masqué le visage de ses victimes, cela fait-il de lui un persécuteur ?", "Le fait de ne pas vouloir voir, croiser le regard de l’autre, est une constante en criminalité. Ce qui caractérise le délire paranoïaque c’est la focalisation sur une personne, encore plus quand il y en a quatre".

Me Fillon : "L’abolition du discernement comment la mesurer ?", "Ce n’est pas facile, on est dans l’analyse d’un état mental on n’est pas dans la science".

Depuis 9h ce vendredi matin Lydie Troadec a suivi les débats avec une grande attention, Hubert Caouissin n’a pas levé les yeux.

13h10. L’audience est suspendue, Reprise à 14h.

Me de Oliveira justifie l’absence des parties civiles qu’elle représente, ses clientes ont dû repartir.

"Un délire paranoïaque à deux c’est encore plus compliqué"

La présidente appelle Michel Dubec, médecin psychiatre.

Il commence : "Un délire paranoïaque c’est compliqué. Un délire paranoïaque à deux c’est encore plus compliqué".

"Un délire à deux, c’est une contagion mentale qui répond à trois conditions : la supériorité intellectuelle d’un des deux, la vie commune isolée du couple, la vraisemblance relative des évènements"

"Il faut ajouter quatre précisions, les deux vivent en contact intime, entre les deux une démarcation, l’un est fou social ou légal, l’aliéné vit dans son délire, le dominé vit les idées fausses comme les siennes".

"Je ne vous parle pas du couple Caouissin Troadec. Je vous dis ce que disent les livres de psychiatrie sur le sujet".

"Deux personnes vivent leur histoire d’amour, Lydie fait la connaissance d’Hubert en 2006 sur Meetic. Elle découvre l’intelligence et la culture d’Hubert, qu’il n’étale pas. Ils se racontent leurs histoires, faites d’échecs et de frustrations. Elle n’a pas fait les études d’infirmière qu’elle voulait".

"Son père l’a mise à travailler sur les marchés. Les conflits avec son frère sont fréquents et se perpétuent la vie durant. Elle ne supportait pas qu’il réussisse à l’école. On lui donnait des cours particuliers pas à elle. Elle a eu le sentiment très vif d’une discrimination sociale, d’être une laissée pour compte. Elle traîne sa valise de handicaps. Elle est complexée".

"Elle développe un sentiment d’insécurité, elle coince une chaise à la porte de sa chambre, habitude qu’elle garde à l’âge adulte. Elle arrête son BTS au bout d’un an".

"Elle confie sa vie à Hubert"

"Dans cette histoire d’amour débutante, elle confie sa vie à Hubert, elle ne peut pas savoir que ses confidences vont entrer dans une caisse de résonnance interprétative, et en faire le point de départ d’une folie. Lydie a fourni les instruments, Hubert en a fait une guerre".

"C’est une personnalité « as, if », comme si, elle commence son propos sans jamais le finir. Elle fait des récits sans début ni fin. Elle a toujours été dans l’inquiétude de n’être pas au niveau. Elle considère cette rencontre comme une aubaine. Elle a toujours été exemplaire pour son conjoint. Les déceptions frustrations engendrées par son père et son frère, la font se réfugier dans le quotidien, l’anecdote, plutôt que de se mesurer à autrui. Elle accumule, ressasse, les évènements de l’enfance".

Elle a un caractère doux et timide, affectueuse et susceptible

"Hubert a constitué l’indispensable support de son moi"

"Elle intériorise le conflit plutôt que d’y répondre. Elle a passé son adolescence à l’ombre de son frère. Il faut vraiment ne pas se sentir en sécurité chez ses parents pour mettre une chaise derrière la porte. Elle a toujours reconnu son manque de confiance en elle. Elle aurait toujours voulu faire autre chose".

"Hubert a constitué l’indispensable support de son moi, le terme anaclitique il faut le préciser un peu. Le fait que le moi de l’un incorpore une partie du moi de l’autre. Ce n’est pas seulement une relation d’appui, on est dans l’altérité, là une partie de lui est aussi une partie de moi".

"Au mois de mars 2009, elle subit plusieurs opérations liées à un cancer du sein. On peut aussi considérer sa grossesse tardive et difficile. Ses difficultés soudent le couple".

"La construction du couple se fait au regard du couple de son frère. La moindre anecdote devient interprétative. Elle est restée sur la versant passif, lui homme d’action et de passion, la domine. Elle ne vit pas les conflits de manière intense".

Elle aurait subi des soupçons quasi injurieux de la part de son père et fini par apprendre qu’elle n’était pas désirée

"Elle n’ a pas vu monter le conflit avec le couple de son frère"

"Ils sont dans un délire à deux. Le discours inducteur, elle ne pouvait pas comprendre que ce qu’elle dit serait interprété, amplifié. Elle ne finit pas ses idées. Lui le fait. Je ne le sais pas, il n’y a pas eu probablement de conflits entre eux deux. Elle n’ a pas vu monter le conflit avec le couple de son frère. Lui est dans une tonalité volontaire, persécuté, elle aussi mais de manière floue".

"Il y a une absence de limite, une perméabilité entre l’un et l’autre. Dans son discours, tout est mis à plat. S’il y a eu une tension émotionnelle, elle ne l’applique pas pour elle-même. Elle a fait preuve d’une solidarité de scout à l’égard de son mari".

Nous psychiatres ne sommes pas naïfs, nous savons que le couple a pu se mettre d’accord sous l’impulsion de Mr Caouissin

"Dans cette histoire, il y a une étincelle qui tombe sur un tonneau de poudre. La révélation de cette histoire d’or. On tombe dans un délire interprétatif. Les vacances, la carte postale, le train de vie, ça pourrait faire sourire, si on n’était pas dans le drame. Chaque élément devient une preuve pour Mr Caouissin. Mr Pierre Troadec quand il évoque l’ISF en 2009 a probablement fait une plaisanterie".

"Commence alors une enquête, ce trésor caché a pris un tour délirant. Ce qui est plus fréquent qu’on le pense. Les trésors cachés dans les murs sont chose courante dans l’imaginaire".

Pascal avait harcelé sa sœur pour connaitre les derniers mots de leur père

"Lydie adhère totalement au délire à deux. Un délire conjoncturel qui vient s’ajouter à leur difficultés pathologiques corporelles graves. On peut dire que leur relation amoureuse s’est trouvée en réciprocité, ils y ont perdu leur limites personnelles".

"Il est impossible de faire le partage de leurs actes dans un délire à deux. La responsabilité de l’acte, c’est le seuil au-delà duquel nous n’irons pas sans définir ce qu’il en est. L’éclairage psychiatrique ne peut sauter de la berge psychologique à la berge judiciaire. Si on est accroché aux faits, on doit de détacher de l’atmosphère juridique. C’est la cour et les jurés qui décideront".

"C’est une image, leurs inconscients ont fini par fusionner en un seul"

"Lydie Traodec a eu sa part inductive dans le délire qu’ils ont construit l’un est l’autre. La cooptation. En biologie deux cellules viennent s'adapter l’une à l’autre sous la pression des cellules alentours, elles fusionnent. C’est une image, leurs inconscients ont fini par fusionner en un seul. Elle a transmis un bouillard devenu délirant, devenu persécution pour leur fils".

"Elle ne tire pas les ficelles, elle est elle-même engluée dans ce brouillard, et c’est Hubert qui le met en forme. Hubert s’est emparé en amoureux a voulu réparer toutes les tristesses que Lydie a pu éprouver. Lydie ne peut qu'y croire puisque c’est de son histoire à elle qu’il s’agit. Plus qu’une cooptation, il y a fusion. Il y a une prise au sens de Machiavel, la prise de la mayonnaise, une fois le processus engagé, on ne peut plus séparer l’huile et l’œuf. Je ne suis pas trivial. Louis Althuser fait le récit, développe cette idée délirante comme la prise de la mayonnaise dans le moment qui le conduit à tuer sa femme".

"On ne parle pas aux morts en se sentant coupable"

"Un criminel, quelqu’un qui participe ne construit pas un sentiment de culpabilité par rapport aux victimes. Elles n’existent plus. On n’a pas un sentiment de culpabilité devant une sépulture. On ne parle pas aux morts en se sentant coupable".

"Le sentiment de culpabilité, Lydie le montre par rapport à son fils. Elle fait une année de psychologie pour se comprendre elle-même, Hubert et les autres. Elle a compris : Il y a des choses qu’on a vécues enfants, qui déterminent nos trajectoires adultes. La névrose revient toujours au galop".

"Sa crainte du devenir de Jean domine son avenir personnel. Elle a quitté son environnement délirant, le délire cesse pour la personnalité secondaire. Elle redevient normale".

Si on traite efficacement le moteur délirant, si on le traite par des neuroleptiques, le délire de la personnalité secondaire s’arrête sans traitement

"C’était un amour qui la réparait"

"Lydie a connu avec Caouissin, la sécurité qu’elle n’a jamais connu dans la cellule familiale. « Elle dit, il était là, il était fort ». Le couple rencontre malgré tout des difficultés, ils rompent leur pacs. Elle dit, pendant la chimiothérapie j’étais invivable. Je suis la cause de sa maladie. C’était un amour qui la réparait".

"Reste un troisième personnage. La mère de Lydie. Vous l’avez vue en visio. Ce n’est plus le personnage de l’époque. Mais c’est assurément une personne médisante".

15h55.

La présidente : "J’ai bien compris ce qui relève de la situation de l’un est de l’autre, vous indiquez que le ressenti de l’un nourrit l’autre et réciproquement". "Un discours délirant c’est un discours dominateur, un discours attractif, ça enflamme certaines nations, j’écoute les gens, je ne prends pas tout pour argent contant, pour autant Lydie a subi la lourde influence d’Hubert. Elle pourrait avoir reconstitué son passé pour faire plaisir à Hubert, leurs parents, son frère sont probablement plus fiables que ce qu’elle en dit. On est réduit à des hypothèses, je me garderais bien d’incliner dans un sens ou un autre".

"Des réflexions parfois agressives"

La présidente : "Madame Troadec est indemne de troubles psychiatriques". "Absolument". "La tenue quotidienne de son carnet révèle des réflexions parfois agressives". "Bien évidemment j’ai trouvé plusieurs choses, la médiocrité relative des propos, c’est très malveillant à l’égard de certains personnages, mais il y a une attention au monde en général. On remarque la dureté avec laquelle ils ont élevé Jean. Les performances de Jean sont toujours excellentes aujourd’hui. On élève plus les enfants ainsi aujourd’hui. Elle fait tout ce qu’il faut pour Jean, mais on ne sent pas l’amour. Elle ne se trompe pas, un médecin médiocre lui dit que son enfant est autiste, elle a un doute, elle va en voir autre assurément meilleur".

Me Pacheu : "Chacun doit prendre sa responsabilité, y a-t-il eu un partage inégalitaire ?", "Ce n’est pas sur le fait d’actes quelle aurait faits, c’est dans son refus de savoir, elle a une part de responsabilité, elle dit ne pas avoir su empêcher. Il ne faut pas chercher de rationalité partout".

Me Pacheu : "Y a-t-il une hérédité dans la maladie psychiatrique ?", "On se pose la question d’une transmission héréditaire dans la schizophrénie, pas dans la paranoïa".

Me Pacheu : "Que pensez-vous de la dureté d’éducation entre le père son fils et sa fille ?", "Lydie d’en plaint. Il y a l’héritage symbolique à prendre en compte. Les grands parents ne viennent pas voir l’enfant durant six mois dit Lydie, mais il faut bien comprendre que l’enfant ne s’appelle pas Troadec, mais Caouissin".

Me de Oliveira : "Comment une mère peut-elle trouver sympathique le meurtrier de son fils et de ses petits enfants ?", "Dit comme ça je ne vois pas comment !" Le médecin réfléchit. "Après de tels faits cela me laisse pantois, mais ils ont été en confidence par le passé".

"Elle était sous le charme de Mr Caouissin ?", "Je me suis demandé aussi, si elle n’était pas un moteur secondaire". "Mr L’expert souhaitez-vous écouter l’enregistrement ?", "Ah oui bien volontiers". "Il est 16h30 on ne va pas peut-être pas tout écouter". "J’ai déjà changé de train et d’hôtel j’ai tout mon temps" dit l’expert en plaisantant.

"La cour d’assises écoute pour la seconde fois cette réunion de famille où l’on se traite de voleur, où Renée Troadec menace d’appeler la police pour faire partir son fils et sa belle-sœur. On réentend Hubert Caouissin affirmer qu’il a des informations importantes que ne possèdent pas les autres. On réentend Renée demander le partage de cet hypothétique trésor en 3, la moitié pour elle, un quart pour Lydie, un quart pour Pascal…"

"C’est la haine qu’il faut écouter"

La présidente coupe la diffusion.

Me de Oliveira : "Mr l’expert, c’est une réunion qui scelle la coupure entre Renée et son fils. Ma question, comment Renée ne souffre pas de la mort de son fils ?". "Les arguments échangés n’ont aucune importance. C’est la haine qu’il faut écouter. Je n’avais pas ce quantum de haine entre eux, ils veulent en découdre et ça finira par arriver. C’est en cela que l’analyse de la paranoïa est intéressante. C’est le délire d’un seul, mais c’est aussi l’interpénétration sociale et politique qui entre en jeu dans la paranoïa. La communication entre ces gens, c’est l’agressivité, la haine, la volonté d’en découdre au moindre prétexte, et on sait jusqu’où ça ira. C’est plutôt Pascal qui exprime son antagonisme par rapport à sa mère, c’est tout ça qu’on entend".

Me de Oliveira : "Lors de la rupture du Pacs, ils ont une rupture sociale, mais pas affective ? ». « On y attache beaucoup trop d’importance, il y des raisons fiscales, administratives, notariales compliquées. Ce n’est pas une rupture affective".

"Il y a de quoi être jaloux oui"

L’avocate générale : "Comment expliquer que Mme Troadec ne réagisse pas à la mort de son frère, belle-sœur, neveux ? On est toujours dans la haine entendue dans l’enregistrement, est-ce le délire est-ce la haine qui empêche toute réaction ?", "Il ne faut pas confondre égoïsme et haine. L’égoïsme est quelque chose d’infini. Est-ce qu’il y a une persistance de la haine après ce que j’ai entendu ? Il fait la moue. Un peu, mais je n’aime pas"… Le médecin enlève ses lunettes.

L’avocat général : "D’un côté on a des gens qui vont bien, dont les enfants qui réussissent à l’école, qui ont une vie agréable et de l’autre une famille ou tout va de travers". "Il y a de quoi être jaloux oui".

Me Fillon : "Mais Mr l’expert on entend comme une haine réciproque ?", "Oui effectivement, il faudrait reprendre ligne par ligne, on n’a pas le temps, mais il me semble que certains personnages distillent de l’agressivité et que Pascal s’emporte. Quand Hubert épouse Lydie il épouse la haine le ressentiment".

"Sa volonté est annihilée ?"

Me Fillon : "Renée trouve Mr Caouissin sympathique. Ne peut-on pas penser que Renée Troadec n’a pas été la marionnette d’Hubert Caouissin ?", "Ou l’inverse, le rôle des mère est de rétablir la paix entre les enfants, il y a des mères qui font l’inverse"…

Mr Crestin : "Combien de temps dure ce délire à deux ?", "Une bouffée délirante dure de 3 semaines à trois mois… Mme Troadec semble sortie de ce délire. Mr Caouissin est toujours dedans". "Mais comment Mr Caouissin va-t-il sortir de cet état ?", "Vous raisonnez en bon névrosé ! Mr Caouissin est psychotique, bien sûr qu’il ne sortira pas de cet état".

Me Cabioch : "Vous indiquez que votre expérience montre que les auteurs de crimes n’ont pas de culpabilité à l’égard des victimes, pas à l’égard des vivants. Lydie a dit à plusieurs reprises ne pas avoir vu la dérive dans laquelle s’engageait Hubert, mais qu’elle éprouve une culpabilité vis-à-vis de son fils". "Vous le dites très bien".

Un assesseur : "Mme Troadec dit avoir pris conscience au retour alors qu’elle suivait la voiture, a-t-elle eu peur de lui ?", "Non je pense qu’elle n’a pas peur de lui". "Elle fait tout pour ne pas le contrarier, sans vouloir rien voir ni entendre". "Elle n’a de cesse de vouloir lui faire plaisir. Elle n’est pas du tout elle-même elle est dans le délire de son conjoint". "Sa volonté est annihilée ?", "Vous voudriez que ce soit un 122-1 ?", "Les psychiatres ne peuvent être aussi précis que vous".

17h25 la présidente suspend l’audience. L’avocate générale proteste demande si on ne peut pas décaler les experts psychologues à lundi, la présidente ne veut pas.

Au premier jour du procès, mardi 22 juin, Lydie Troadec a décrit à la barre le contexte d'une haine familiale ancienne et mystérieuse entre elle et son frère Pascal, au premier jour du procès du quadruple meurtre de la famille.

Mercredi 23 juin, c'est la vie d'Hubert Caouissin qui a été examinée. "Compulsif", "obsessionnel" et volontiers paranoïaque, Caouissin, toujours "ancré dans le passé" et convaincu de l'existence du "magot" qui l'a conduit au quadruple meurtre de la famille Troadec.

Jeudi 24 juin, la personnalité des quatre victimes a été évoqué. Une journée riche en émotions avec les témoignages notamment des soeurs de Brigitte Troadec.

Vendredi 25 juin, la journée a été consacrée aux témoignages des enquêteurs. L'un des enquêteurs a décrit un homme au comportement "étrange" et particulièrement "volubile" lors de sa première garde à vue alors que l'on était sans nouvelle desquatre membres de la famille Troadec.

"Je pensais qu'ils étaient assommés" : la cour d'assises de Loire-Atlantique a tenté lundi 28 juin de comprendre "l'état d'esprit" dans lequel Hubert Caouissin se trouvait, la nuit du quadruple meurtre de la famille Troadec, en février 2017, pointant les nombreuses incohérences dans le récit principal accusé.

Mardi 29 juin, la parole a été donnée aux experts qui sont intervenus sur cette enquête. Tout au long de cette sixième journée de procès, les experts se sont penchés sur
les détails macabres de ces meurtres motivés, selon l'accusé, par l'existence d'un "magot" familial que le couple Troadec aurait dissimulé à son détriment.

Mercredi 30 juin, les experts se sont une nouvelle fois succédé à la barre. Hubert Caouissin a de nouveau été entendu.

"Pour des sommes comme ça, on éradique des familles" : un enregistrement glaçant de juillet 2014 est venu éclairer jeudi 1e juillet le quadruple meurtre, trois ans
plus tard, de la famille Troadec, jugé par la cour d'assises de Loire-Atlantique.

Le procès des deux accusés se tient aux assises de Loire-Atlantique à Nantes jusqu'au 9 juillet prochain.

Hubert Caouissin, 50 ans, comparaît depuis le mardi 22 juin et pendant trois semaines devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'ancien ouvrier chaudronnier de l'arsenal de Brest encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 
    
Lydie Troadec, 51 ans, comparaît libre. Elle encourt trois ans de prison et 45 000 euros d'amende pour modification de scène de crimes et recel de cadavres.

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