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Reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne: des peines de prison ferme prononcées par le tribunal correctionnel de Nantes

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE
© PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Le procès des quatre voleurs présumés de l'écrin en or d'Anne de Bretagne, ancienne reine de France, dérobé en avril 2018 dans un musée puis rapidement retrouvé, s'est tenu ce lundi matin 27 mai au tribunal correctionnel de Nantes.

Par CD avec AFP

Quatre ans ferme pour l'organisateur de ce vol qui avait fait grand bruit, trois ans pour l'un de ses comparses, tous deux reconnus coupables de vol d'un bien culturel et association de malfaiteurs.

Les deux autres ont écopé de 18 et 30 mois pour recel de vol aggravé et vol aggravé. 

Ces peines sont inférieures à ce qui avait été requis par le ministère public.


Retour sur l'audience :

Elle avait débuté en présence des quatre prévenus, des jeunes apparaissant dépassés par la valeur symbolique du cardiotaphe. Ils sont mis en examen pour "vol d'un bien culturel" et "participation à une association de malfaiteurs".
    
Résidents à Saint-Nazaire, ces amis de quartier âgés de 21, 23, 25 et 26 ans, déjà condamnés par le passé, avaient été placés en détention provisoire.
    
Ils doivent expliquer les raisons qui les ont poussés, dans la nuit du 13 au 14avril 2018, à entrer par effraction au musée Dobrée à Nantes pour y dérober des pièces exposées.
    

L'audience devrait déterminer le rôle et la responsabilité de chacun 


"Il faut que le dossier soit dépassionné, notamment parce qu'aujourd'hui il n'y a pas de préjudice: l'objet du vol a été retrouvé, pas abîmé, on peut sans doute quelque part rendre grâce aux prévenus qui, dans leur forfait et dans leur bêtise,
ont quand même eu la présence d'esprit de ne pas saccager les biens qu'ils avaient volés"
, plaide Morgan Loret, l'avocat d'un des prévenus.
    
Durant l'audience, les juges ont tenté de préciser la responsabilité et le rôle de chacun la nuit des faits, que certains contestent, et le repérage effectué les semaines précédentes, capturé par la vidéosurveillance.
    
Le trésor avait été rapidement retrouvé par les enquêteurs quelques jours après sa disparition, enfoui mais intact.
   
Depuis sa restitution, l'écrin de la reine est conservé à l'abri des regards, dans un endroit tenu secret.

"Je suis pas un expert":

"Je suis pas un expert", l'instigateur présumé du vol du reliquaire d'Anne de Bretagne,, a essayé de plaider, la totale improvisation de son larcin réalisé avec des comparses qu'il refuse de dénoncer.
    
"Y avait rien de préparé, je savais pas ce que j'allais voler", répète le jeune homme de 23 ans, barbe soignée et cheveux blonds retenus par un chignon.
    
Dans le box des prévenus du tribunal correctionnel, il est celui qui s'exprimele plus. Le seul aussi des quatre voleurs présumés de l'écrin en or du coeur de la reine à avoir reconnu les faits de "vol d'un bien culturel" et "association de malfaiteurs".
    
Mais s'il répond volontiers au tribunal, son argumentaire se révèle aussi lacunaire que simpliste sur les raisons qui l'ont poussé à entrer par effraction, grâce à un tournevis, dans le musée Dobrée à Nantes via une porte pour personne à mobilité réduite, dans la nuit du 13 au 14 avril 2018.
    
Cet étudiant en BTS chimie avait découvert ce joyau d'orfèvrerie de 1514 en visitant le musée, quelques mois plus tôt, pour un devoir d'histoire-géographie. "Je suis pas un expert", "ça s'est fait à la dernière minute", assure-t-il.
    
Aux yeux de ce passionné de jeux vidéos, "qu'on soit amateur ou grand bandit, je pense que n'importe qui serait attiré par un objet comme ça".
    

Repérage à 1000 euros

"Il a dit qu'il y avait un magot à prendre et qu'il fallait bien travailler le coup", avait pourtant avoué un autre prévenu, dans des déclarations lues à l'audience.
    
Le récit pour le moins bancal de l'instigateur présumé, frappé d'amnésie quand il s'agit de préciser certains faits et surtout de reconnaître ses comparses qu'il nomme vaguement "les gitans", est mis à mal par de multiples indices concordants.
  
Selon l'enquête c'est bel et bien lui qui a eu l'idée du vol, lui qui avait payé la somme de 1.000 euros à un autre prévenu chargé de faire un repérage vidéo à l'intérieur du musée. Lui toujours qui avait acheté avec un prête-nom la voiture utilisée le soir des faits, et lui qui a effectué des recherches sur les plans du musée et le cours des pièces de collection.
    
Outre l'écrin du coeur de l'ancienne reine de France, le butin se composait d'une cinquantaine de pièces d'or, de dix médailles et d'une statuette hindoue dorée.
 
Le soir du vol il s'était équipé d'une lampe torche, d'une hache, d'une cagoule et même d'adhésif placé autour du pantalon. C'était "pour pas m'érafler, pour pas perdre de poils... J'ai vu ça dans un film", lâche-t-il.
    
Dépassé par la proportion médiatique des faits, il avait enfoui ce trésor dansune zone boisée près de Saint-Nazaire, d'où sont originaires tous les prévenus. Les enquêteurs l'avait retrouvé intact quelques jours plus tard, dans un fût en
plastique. 
    
Face à ses propres incohérences, l'homme suspecté d'être le cerveau du vol montre parfois son agacement, tandis que les trois autres prévenus, impassibles et peu loquaces, attendent que la tempête passe.
  
5 ans de prison et 10000 euros d'amende avaient été requis contre "le cerveau" du casse.

 

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