Street Danse à Nantes - 5 danseurs de hip hop investissent les rues Nantaises le temps d'un clip

Ils s'appellent, Diablo, Kae Carvalho ou encore Kastet, ce sont des danseurs de hip hop de renommée mondiale. Le temps de 4 danses, ils se sont appropriés des lieux emblématiques de Nantes, avec un seul mot d'ordre : le mouvement.
Diablo & Stalamuerte, Mounia Nassangar, Kaê Carvalho et B-Girl Kastet dans les rues de Nantes
Diablo & Stalamuerte, Mounia Nassangar, Kaê Carvalho et B-Girl Kastet dans les rues de Nantes © France Télévisions

5 danseurs dans la ville...

Les danseurs sont des êtres hypersensibles. Ils restituent un mouvement, ils l’habitent, ils le chargent d’une émotion liée à une histoire vécue, entendue ou imaginée.

Pour un danseur, le mouvement, c'est un compagnon de création, c'est voguer avec lui et le voir s’estomper.

Le temps d'un clip, ils s'inspirent de Nantes, de ses rues, de ses monuments, pour exprimer 4 aspects de la danse : la GRAVITÉ, l’ESPACE, la POSTURE et la CONNEXION

Connexion - Diablo & Stalamuerte

La connexion, c'est ce qui définit ce duo de danseurs. Ensemble pour danser, de la lueur du soleil au point du jour, jusqu'à la tombée de la nuit. On vous propose une journée en connexion avec eux.

Entre eux, la synchronisation semble presque naturelle, instinctive : une complicité dans le regard, leur sourire et leur mouvement. La caméra s’invite dans leur espace vital, dans leur intimité, pour y capter les émotions, les mouvements de la vie quotidienne réalisés en synchro, sans même qu’ils s’en rendent compte.

Arrive la fin de la journée pour une danse en connexion, devant le théâtre Graslin de Nantes. Une place, un écrin pour toutes leurs envies, leurs mouvements...

durée de la vidéo: 03 min 17
Connexion - Diablo et Stalamuerte ©France Télévisions

►Diablo

Un style unique, un corps qui se désarticule, un sens du spectacle… voilà ce qui caractérise Diablo.

Ce niçois d’à peine 30 ans s’est imposé ces dernières années comme l’un des meilleurs street dancers au monde.

Né d’une mère béninoise et d’un père espagnol, Diablo a su créer son propre style, à la fois sauvage et esthétique. De son quartier d’enfance, les Moulins à Nice, sa route l’a emmené jusqu’aux Etats-Unis en passant par l’Angleterre, autant de pays où il s’est fait un nom.

En 2012, il danse avec Madonna lors du Super Bowl d’Indianapolis. Il a 19 ans et il découvre les mégas shows à l’américaine. C’est la consécration en 2019, où il remporte avec son partenaire Stalamuerte, le titre de champion du monde de danse hip hop dans la catégorie freestyle lors de la rencontre internationale "Juste Debout" à Paris devant plus de 20 000 personnes.

Diablo est aujourd’hui sollicité pour des shows, des clips, et des événements comme dernièrement à Nantes lors du dernier festival hiphopsession où il sera en finale lors du 1vs1 all styles contre Kae Carvalho.

Diablo & Stalamuerte, des danseurs en connexion
Diablo & Stalamuerte, des danseurs en connexion © France Télévisions

►Stalamuerte

De son vrai nom Cédric Borgès, Stalamuerte est né il y a 27 ans à Vevey en Suisse.

Habitué des tournées mondiales et des plus grandes scènes, Cédric Borgès a effectué ses premiers pas de danse vers 8 ans dans sa cour d’école à Vevey. Le hip hop freestyle, qu'il a découvert en 2011, est devenu depuis un art et un style de vie. Il investit toutes ses émotions dans la danse, il en a fait sa thérapie.

"La première fois que j’ai performé, j’avais 14 ans. J’ai dansé dans la rue avec mon pote, juste pour s’amuser, et quelqu’un nous a vus et nous a invités à son show de rue dans la ville. On a dansé dans le show et les gens se sont déchaînés !"

Après avoir été vice-champion du monde de danse hip hop en 2017 et 2018, il réussit à monter sur la plus haute marche en 2019. Il devient champion du monde de danse hip hop dans la catégorie freestyle, avec son battle brother Diablo. Cet instant au "Juste Debout" a été le plus beau jour de sa vie, mais aussi malheureusement l’un des derniers avec sa mère.

Depuis son sacre, c’est désormais en tant que Red Bull Dancer que Cédric exerce son art. Bien qu’il ait dû s’en passer pendant la plus grande partie de 2020, il rêve déjà du temps où il pourra à nouveau performer avec ses potes.

Espace - Kae Carvalho

S'approprier l'espace, s'en inspirer, le sentir, le ressentir... 

Dans «Espace», le danseur Kae Carvalho, performe dans 2 lieux aux espaces très différents : une rue étroite du centre-ville et l'esplanade des traceurs de coque sur l'île de Nantes.

L'espace étroit, entre 2 murs, de la rue Lambert laisse à Kae peu de place pour évoluer, l'occasion de rechercher et d'optimiser l’espace utilisé.

Pour l'esplanade, l'effet est inverse, le danseur a ici un vaste espace où il gagne en amplitude et en explosivité.

durée de la vidéo: 04 min 11
Espace - Kae Carvalho

Kae est né dans la danse et la Capoeira, ses parents sont danseurs et fondateurs de la Cie Ladaïnha.

À 22 ans, son palmarès est impressionnant : champions de France et Bretagne en junior, il récidive dès sa majorité.

Danseur au style singulier, il puise son énergie et sa fluidité dans la Capoeira et la danse contemporaine. Membre du groupe FROM DOWN TOWN aka « FRENCH BREAK BOYZ CREW » avec son frère AYA, ou avec la compagnie Ladainha, il sillonne la France et le monde et apporte un nouveau souffle dans les battles.

Aujourd’hui, il vit à Combourg en Ille-et-Vilaine, et fait toujours partie du crew Rennais qu’il a fondé : « Les Ratz » et collabore à la compagnie Primitif . Il a été récemment vainqueur du Chill in the City à Paris.

Kae Carvalho envahit l'espace
Kae Carvalho envahit l'espace © France Télévisions

Gravité - B-Girl Kastet

La chute du corps est un sujet qui a été abondamment développé en danse.

Ici, la danseuse, Kastet joue avec la gravité.

Elle investit le musée d'Arts de Nantes, et le grand escalier devient alors un terrain de jeu où la force gravitationnelle s'exprime. Son corps chute, se tord, se redresse, il est comme en "suspension". 

durée de la vidéo: 03 min 07
Gravité - B-Girl Kastet

Natasha Kiliachikhina aka B-Girl Kastet, est originaire de Krasnodar, en Russie. Cette danseuse dont le surnom signifie "poing américain" en anglais, a commencé à breaker à l'âge de 12 ans.

Passant des danses latines au judo avant de trouver finalement le break, Kastet a appris de son crew russe 3 :16, notamment des membres B-Boy Marvel et de son mari, B-Boy Jerry Metal.

Ayant remporté de nombreuses compétitions comme le Combonation 7 2v2 B-Girl battle ou le Combonation 9 1v1 B-Girl battle, Kastet étudie également l'art à l'université et voit son avenir à la fois dans le break et l'art.

En remportant la finale mondiale Red Bull BC One B-Girl en 2019 et 2020, Kastet la première danseuse à avoir remporté le Red Bull BC One deux fois de suite.

Kastet utilise tout son corps lorsqu'elle danse, elle pense qu'il est très important de laisser son âme briller à travers sa danse. En dehors du break, elle est inspirée par la religion, la famille et les amis.

Kastet, une danse en apesanteur
Kastet, une danse en apesanteur © France Télévisions

Posture - Mounia Nassangar

Une statue c'est une posture.

Que ce soit la statue de la fontaine de la place Royale ou celle du cours Cambronne, Mounia observe. Elle scrute leurs postures : la tenue, le port de tête, l’amplitude du corps...

Elle va s’inspirer de ces caractéristiques, s'en imprégner pour développer un mouvement corporel, son mouvement. Amenant son corps par plusieurs étapes, à reproduire ces postures pour ensuite s’en extraire.

durée de la vidéo: 03 min 07
Posture - Mounia Nassangar

En 2002, Mounia Nassangar commence la danse à 10 ans sous l'influence de son frère breakeur. Son premier coup de cœur artistique est donc logiquement pour le Hip-Hop et en particulier pour la danse debout (Locking, Popping, House Dance, New Style ).

En 2007, Mounia se découvre une nouvelle passion pour le Waacking et le Voguing et devient membre de l'iconique "House Of Mizrahi". Elle enchaîne, dès 2013, des battles nationaux, puis internationaux et remporte plusieurs compétitions prestigieuses comme le "Waack To the Future" en 2017 à New York.
Elle envisage une carrière professionnelle de danseuse et met de côté ses études de communication. Elle s’inscrit alors à la formation Choreia, au Centre des Arts Vivants pour acquérir des bases en danses académiques.

Elle co-fonde avec Josepha Madoki et Sonia Bel hadj Brahim, le collectif de Waacking français : "Ma Dame Paris" où elle danse et chorégraphie, et participe en 2018 et 2019 au spectacle de Jean-Paul Gaultier "Fashion Freak Show".

Avec Viola Chiarini, elle créé l’association « Made In Waack » en 2017, dans le but de promouvoir la culture Waacking en organisant des évènements (entrainements, battles, soirées, conférences, rencontres).

Suite à des rencontre artistiques, Mounia apparaît dans des clips vidéo, des publicités, des courts-métrages et des reportages. Elle obtient un rôle dans le film de Gaspard Noé “Climax”, primé à la quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2018.

En 2021, elle croisera Kae Carvalho dans "Earthbound" une création chorégraphiée par Johanna Faye et Saïdo Lehlouh.

Mounia : une femme, une statue, une posture
Mounia : une femme, une statue, une posture © France Télévisions

Brahim Yaqoub, un réalisateur passionné par le corps

Le réalisateur nantais, Brahim Yaqoub travaille depuis 2014 sur un sujet qui lui est cher, le corps en mouvement.

Il a à son actif plus d’une centaine de productions mettant en valeur des danseurs nationaux et internationaux. Dans ces productions, le lieu a souvent pris l’apparence d’un second personnage. A ce titre, sa mise en valeur est aussi importante que celle du danseur.
Aujourd’hui, le réalisateur Nantais continue à accompagner des initiatives visant à mettre en valeur la beauté et la diversité des territoires par le corps en mouvement.

► Ces 4 clips sont réalisés par Brahim Yaqoub, une coproduction France 3 Pays de la Loire et Sourdoreille

 

►Ci-dessus la playlist des danseurs qui ont participé au magazine de la création artOtech, une carte blanche pour chorégraphier un lieu de notre région.

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