Fillette brûlée par de la soude caustique ingérée dans un restaurant de Pornic : le procès aura lieu en janvier

L'été dernier, une petite fille avait été intoxiquée à la soude cautique dans un restaurant de Pornic. L'enquête est désormais terminée, la date du procès a été fixée au 26 janvier 2021. Le propriétaire du restaurant encourt trois ans de prison.

Elisabeth avec son infirmière
Elisabeth avec son infirmière © France Televisions
C'était il y a  un an, jour pour jour. Lors d'un déjeuner à la "Fontaine au Bretons", à Pornic, la vie de la famille Kob a basculé.

Leur petite fille, alors âgée de 22 mois, boit deux gorgées de ce que tous croient être un jus de raisin. Suite à une erreur de manipulation, le contenu se révèle être de la soude caustique.

La petite Elisabeth, est immédiatement emmenée au CHU de Nantes; plongée dans un coma artificiel, son pronostic vital est engagé pendant plus de 24 heures après l'ingestion de la soude caustique. Sa bouche, sa langue, son palais, ses lèvres et surtout son œsophage sont brûlés.

Depuis l'accident, Elisabeth a subi plus de quinze interventions chirurgicales. Elle est nourrie grâce à une sonde placée au niveau de son estomac. Un quotidien suspendu aux opérations qu’endure leur fille. Lourd et éprouvant pour toute sa famille.
 

"Nous sommes totalement isolés. C’est la date anniversaire de l’accident et rien ne va, rien n’a évolué. Tout le monde a oublié « la gamine brûlée au restaurant » mais pour nous c’est un calvaire. On tient avec l’espoir que ça s’arrête". Arnaud Kob, le papa d’Elisabeth.

Entre colère et dégoût

L’annonce d’une date de procès en janvier prochain, met un peu de baume au cœur de ce père éprouvé. "Je suis content  de la proximité de la date d’audience. Janvier ce n’est pas si loin. Je savais qu’elle devait être annoncée car cela fait plusieurs mois que l’enquête est bouclée".

Ce qu’il attend de ce procès ?

" Une condamnation lourde. Pour moi c’est le procès de l’argent contre la santé. Les salariés du restaurant n‘étaient pas formés à la toxicité des produits, à leur manipulation. La Fontaine aux Bretons a été rachetée quelques mois avant l’accident par le groupe Innov’on. Ce sont des investisseurs. Ils font de l’argent mais cela implique des responsabilités".

De fait, la Fontaine aux Bretons n’est qu’une des 8 entreprises gérées par ce groupe de 400 salariés, spécialisé à l’origine dans la réparation des flexibles hydrauliques.

Arnaud Kob est en colère.
"Quand je vois les publications sur Facebook de la Fontaine aux Bretons qui invitent à « se déconnecter ». Leurs projets d’en faire un hotel-restaurant quatre étoiles, de doubler la taille de l’établissement, leurs efforts pour gommer ce qui nous est arrivé en communiquant sur les méthodes de travail des salariés…je trouve cela indécent. Il faut quand même savoir que le propriétaire, Mr Gérard, qui était en vacances au moment des faits n’est pas revenu de congés lorsque ma fille a été intoxiquée et brûlée. Il n’a jamais cherché à venir nous voir ou à en  parler de vive voix  avec nous. En revanche il nous a conseillé par texto, de contacter un coach de développement personnel qui exerce non loin de chez nous ! C’est à vomir ».
 

" Il faut quand même  avoir à l’esprit que si, pour ce restaurant, les affaires continuent, que pour tout le monde ce qui est arrivé à Elisabeth est un épisode du passé, oublié, pour nous il en va autrement. Ça nous a ravagés".



Dès août 2019, la famille avait porté plainte pour blessures involontaires dues à des négligences et à la manipulation de produits chimiques.
L'enquête, diligentée par le parquet de Saint-Nazaire, est désormais close. La date du procès est fixée au 26 janvier 2021 à 14h. Le propriétaire de l'établissement encourt trois ans de prison.

Mais c’est une autre date que la famille Kob attend autant qu’elle la redoute.

Le 12 août, Elizabeth sera de nouveau opérée. Une colo plastie, qui vise à remplacer son œsophage par un morceau de son propre colon. Pour ses parents, l’appréhension de cette nouvelle intervention, dont l'enjeu est, ni plus, ni moins, la perspective pour leur fillette de retrouver une vie normale, est "indescriptible".
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