Fillette brûlée par du détergent ingéré dans un restaurant de Pornic : le procès du restaurateur débute ce mardi 22 juin

Le 1er août 2019, Elisabeth, âgée de 22 mois, avalait un verre de détergent à la place d’un verre de jus de fruit dans le restaurant La Fontaine aux Bretons à Pornic, près de Nantes. Le procès, qui devait s’ouvrir en janvier 2021, débute finalement ce mardi 22 juin, à Saint-Nazaire.

Elizabeth a subi une vingtaine d'opérations mais ne peut toujours pas s'alimenter normalement.
Elizabeth a subi une vingtaine d'opérations mais ne peut toujours pas s'alimenter normalement. © Boris Vioche, France 3 Pays de la Loire

Alexandre Gérard, le propriétaire du restaurant La Fontaine aux Bretons à Pornic, comparaît ce mardi 22 juin au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. L’audience a débuté à 14 heures. 

Initialement prévu le 26 janvier 2021, le procès avait été reporté sur demande de la procureure, Mathilde Defretin, le temps d’étudier les conclusions de la défense, envoyées tardivement. 

L’homme et la société sont poursuivis pour blessures involontaires avec incapacité supérieure à trois mois par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence et pour mise en danger d’autrui.

Il y a deux ans, le 1er août 2019, une fillette de 22 mois ingérait un verre de soude caustique - destinée à nettoyer un lave-vaisselle - à la place d’un verre de jus de raisin, dans son luxueux établissement. 

L'œsophage brûlé, Elisabeth s'alimente maintenant par sonde

Sa bouche, sa langue, son palais, ses lèvres et son œsophage ont été brûlés. Après 11 jours de réanimation, et des dizaines d’opérations, Elisabeth n’en est pas sortie indemne. Lourdement handicapée, elle s’alimente depuis en partie par sonde. 

Dès août 2019, la famille a porté plainte pour blessures involontaires dûes à un manquement aux consignes de sécurité. En juillet 2020, le père, Arnaud Kob, confiait à France 3 que placer le détergent dans les bouteille de jus de fruits était une "habitude" pour l'équipe, encombrée par le bidon d'origine.

Les employés du restaurant retiraient alors l'étiquette et inscrivaient une croix rouge pour éviter toute erreur. Ce jour-là, visiblement, "cette bouteille est passée de l'endroit où on fait la plonge à la cuisine, de la cuisine au frigo et du frigo au verre de ma fille, donc il y a eu plusieurs personnes qui ont fait transiter cette bouteille, il y a eu quelques fautes qui ont été commises", affirmait le père de la victime. 

Pornic : Fillette brûlée au détergent, le témoignage des parents ©France 3 Pays de la Loire

Il espérait alors“une condamnation lourde”. Originaires de la région parisienne, lui et sa compagne, la mère d'Elisabeth, ont fait le déplacement pour être présents au procès. 

"Le préjudice est extrêmement grave" 

France 3 a pu recueillir de nouveaux éléments concernant l’état de santé d’Elisabeth. Depuis le début de l’année, il connaît une évolution positive mais lente. Elle ne peut toujours pas s’alimenter normalement, les séjours à l’hôpital se poursuivent, tout comme l’attention portée à la fillette, 24h/24.

‘’Le préjudice est extrêmement grave, commente Arnaud Kob. Et on le subit encore aujourd’hui, on a pris des jours de congés pour défendre notre fille devant la Justice, on espère que le message de la Justice sera celui qu’une erreur doit être réparée”.

Le propriétaire du restaurant avait également répondu au micro de France 3, en 2020 : “il y avait des procédures pour éviter ce genre de choses et malheureusement, ça n’évite pas l’erreur humaine. Je suis absolument navré de tout ça, navré des conséquences que ça a pour cette famille, pour cet enfant”. 

Alexandre Gérard encourt trois ans de prison. 

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