L'usine d'engrais chimiques Yara condamnée à la fermeture, les salariés en grève

Le groupe norvégien Yara, qui fabrique des engrais chimiques à Montoir-de-Bretagne va stopper sa production. Le site deviendrait un simple site de stockage. Au prix de 139 licenciements. À l'appel des syndicats CGT et CFDT, les salariés se sont mis en grève ce mercredi 22 novembre pour protester contre cette décision.

L'annonce par le groupe Yara de la transformation du site de production de Montoir-de-Bretagne en un simple site de stockage d'engrais chimiques a eu l'effet d'un coup de tonnerre dans le bassin nazairien.139 salariés sur les 170 vont perdre leur emploi.

Ce 22 novembre, ils ont décidé de se mettre en grève. Jour où la direction présente son plan social.

139 licenciements

Rassemblés devant les grilles de l'usine, les salariés sont écœurés et se sentent méprisés. "Ils nous ont pressurés pendant des années, et maintenant ils nous jettent, " déclare amer Philippe Nicolas, délégué CGT. 

Ils nous ont pressuré  pendant des années, et maintenant ils nous jettent"

Philippe Nicolas,

Délégué CGT Yara Montoir-de-Bretagne

La direction campe sur ses positions. " La justification de la fermeture du site pour raisons économiques ne tient pas. Le groupe fait des milliards de profits. Toutes les solutions qui pourraient nous sauver ont été balayées d'un revers de la main. Il y a un dédain de la part de la direction", continue le délégué syndical. 

Salariés entre 35 et 45 ans

Ici les salariés sont âgés entre 35 et 45 ans. Et un tiers des effectifs sont des opérateurs en chimie. "Où retrouver un emploi après ces licenciements ? "s'interrogent les salariés.

Tôt dans la matinée, le député LFI, Mathias Tavel est venu les soutenir. Il a aussi interpellé, par un courrier en date du 20 novembre, le Ministre délégué à l'industrie, Roland Lescure.

" Yara choisit la casse sociale et industrielle plutôt que l'investissement dans la bifurcation écologique et le respect des salariés", dénonce le député. "Cette décision vient en flagrante opposition avec la volonté affichée par le ministre ainsi que le gouvernement d'industrie verte, de réindustrialisation comme souveraineté industrielle et alimentaire".

Pour Mathias Tavel, "l'État doit refuser l'arrêt de la production décidé par Yara et exiger la poursuite d'une activité de production industrielle via une mise aux normes du site et, ou une évolution de la production, y compris par la recherche d'un repreneur privé ou une reprise publique". Le député demande également aussi" que Yara libère le foncier portuaire qu'il occupe, entièrement dépollué et remis en état initial ".

Remboursement des aides publiques perçues

Il réclame également " le remboursement de l'ensemble des aides publiques perçues par un groupe licenciant 139 personnes alors qu'il réalise d'importants bénéfices". Enfin, le député LFI rappelle qu'il " serait inconcevable que Yara continue de participer au projet Zone industrielle bas carbone (ZIBAC) du bassin nazairien et puisse bénéficier des études cofinancées par l'argent public".

Thierry Noguet, le maire de Montoir-de-Bretagne, soutient également les salariés. Il y a quelques semaines il avait déclaré à notre micro. "J'avais déjà qualifié la direction de Yara de voyous. Et je le confirme. Le groupe réalise d'importants profits. On aurait pu prendre 100 millions pour investir dans ce site".

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