"Nous sommes à 3km du Capitole !" : l'implantation d'une usine de paracétamol classée comme dangereuse suscite l'inquiétude, 20 ans après AZF

D'un côté, c'est une usine de paracétamol qui se veut innovante, écologique et 100% française. De l'autre, c'est un site industriel dangereux classé Seveso. Les riverains du quartier Croix de pierre à Toulouse (Haute-Garonne) se mobilisent contre l'installation de la société Ipsophène sur l'île du Ramier.

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La société Ipsophène travaille depuis de longs mois sur l’installation de son activité de synthèse du paracétamol. On sait désormais où sera implantée cette usine. L'installation est prévue dans un bâtiment désaffecté du site d'ArianeGroup, sur l’Ile du Ramier à Toulouse (Haute-Garonne). Les riverains du quartier Croix de pierre, à Toulouse, déjà durement touchés par la catastrophe d'AZF, l'ont appris en décembre dernier. Pour eux, cette usine, classée Seveso (elle produit ou stocke des matières dangereuses pour l'homme et l'environnement) ne doit pas être implantée aussi près des habitations, dans un quartier de plus en plus peuplé.

Un site dangereux déjà classé Seveso

Au lendemain de la catastrophe d'AZF en septembre 2001, l’activité d'ArianeGroup, anciennement SNPE (société nationale des poudres et explosifs), avait été maintenue sur le site de l'Ile du Ramier en raison du coût trop élevé d'un déménagement. On y fabrique notamment du perchlorate d'ammonium, "principal constituant du propergol destiné aux moteurs à propulsion solide des lanceurs spatiaux et militaires, comme Ariane 6 et le missile balistique M51". C'est un site dangereux, classé Seveso seuil haut, soit le plus haut niveau d'alerte concernant les sites industriels.

Les membres du comité de quartier, rappellent que cette tolérance devait être assortie de la garantie que "toute nouvelle exploitation de bâtiments existants, qui ne serait pas strictement nécessaire au fonctionnement de l’usine et qui n’aurait pas un lien direct avec l’activité industrielle du site, est interdite". Pour eux, avec cette usine de fabrication de paracétamol, ce n'est plus le cas.

Des riverains très inquiets qui tentent d'alerter

Quand ils ont appris, en décembre, que c'est dans leur quartier qu'allait s'implanter cette usine de fabrication, également classée Seveso, ils ont décidé de se mobiliser. Contacté par téléphone, le président du comité s'étonne du choix de cette implantation.

Nous sommes à trois kilomètres de la place du Capitole ! Nous n'avons rien contre cette usine de fabrication de paracétamol, mais comment peut-on, de nos jours, autoriser une telle implantation ?

Le président du comité de quartier

Pour le comité de quartier, cela représente également une cinquantaine de camions par semaine, dans le centre de Toulouse. Dans un communiqué, le comité précise :

Après les catastrophes d’AZF à Toulouse ou Lubrizol à Rouen, il avait été acté que les activités « Seveso » ne seraient plus jamais installées dans les zones à forte densité urbaine, ce principe est-il toujours d’actualité à Toulouse, à 3 km du cœur de ville, en limite du futur « poumon vert » que constitue l’Ile du Ramier ? Pourquoi un tel projet prospère-t-il sans qu’aucune alerte n’ait été déclenchée ?

Comité de quartier Croix de pierre/Route d'Espagne

Le comité de quartier conclu : "Si la perspective de l’installation d’une usine dans le cadre de la réindustrialisation et de la garantie d’indépendance pour la production d’un actif pharmaceutique est attrayante, le classement Seveso des futures installations contraint à un choix adapté pour sa localisation".

Un projet soutenu par la Région

Le projet avait été dévoilé en 2023. La start-up Ipsophène implantée sur la commune de Saint-Orens, Haute-Garonne, avait obtenu le soutien de la Région pour s'implanter dans ce secteur, à proximité du secteur de l’Oncopole, pôle d’activités majeur dédié aux activités pharmaceutiques.

À lire aussi : Pénurie de médicaments : pour y remédier, le paracétamol, antalgique le plus consommé en France, sera bientôt produit dans l'hexagone

La direction d'Ipsophène avait prévu de commencer la production du paracétamol durant le premier semestre 2025. L'unité pourrait produire et commercialiser près de 4.000 tonnes de principe actif de paracétamol par an. Ce qui correspondrait à environ 40% de la consommation française. Contactée par téléphone, la direction n'a pas répondu à nos sollicitations.

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