Loire-Atlantique : le retour précoce des cigognes

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Écrit par Sandrine Gadet et Fabienne Béranger

Notre région n'est pas sur le parcours migratoire des cigognes et pourtant on en observe en Loire-Atlantique depuis 1955. La population atteint environ 1500 individus après la période de reproduction de mars. Depuis quelques jours, certaines des cigognes qui étaient parties en migration sont de retour ce qui n'est pas fréquent en janvier.

Les températures aussi douces que la lumière qui baigne les prairies, donnent des faux airs de printemps au marais breton. Des cigognes y ont d'ailleurs pris leurs quartiers. Un phénomène plutôt rare en cette période de l'année.

Un observateur passionné par cette espèce nous explique pourquoi. Balade dans le marais breton avec Jean-Yves Brié, de l'association Acrola.

C'est vraiment une vision apaisée de la nature

Jean-Yves Brié, passionné d'ornithologie

"Elles sont en train de se nourrir dans la prairie, explique Jean-Yves Brié, on est dans une zone de prairies inondées et c'est vraiment ce qui leur convient. A cette époque-là, elles mangent des écrevisses".

"Je suis étonné parce que je croyais que les écrevisses étaient bien enfouies pendant l'hiver mais là on les voit les attraper",
raconte Jean-Yves, surpris. 


"Il y a deux facteurs qui expliquent sans doute leur présence, poursuit-il, c'est à la fois le réchauffement climatique et la présence de nourriture".

La migration c'est une façon pour les oiseux de trouver de la nourriture pendant la mauvaise saison, ce n'est pas le froid qui les gêne, c'est l'absence de nourriture

Jean-Yves Brié

"Comme les cigognes ce sont des prédatrices, elles trouvent quelque chose tout l'hiver, sauf en période de gel", raconte le passionné.

Les premières arrivées ont déjà pris possession de leur nid, on en dénombre 266 en Loire-Atlantique dont une trentaine sur des plateformes, comme celle que Jean-Yves est en train d'observer.

"Les deux cigognes que je vois là sont baguées. Dans le couple habituel, il n'y en avait qu'une de baguée, explique Jean-Yves, donc le mâle c'est bien le mâle habituel mais la femelle c'est une autre femelle".

Tous les oiseaux ne sont pas revenus de migration et du coup on voit des couples éphémères

Jean-Yves Brié

"Il va y avoir probablement de la bagarre, prévient Jean-Yves, étant donné que la femelle n'est pas la femelle habituelle, si l'autre revient elle va vouloir reprendre son nid".

Si au cours d'une balade vous apercevez des cigognes, n'hésitez pas à relever leur numéro de bagues et à faire part de vos observations sur le site Ciconiafrance

De précieuses données y sont consignées sur le parcours de ces oiseaux qui ont bien failli disparaître dans les années 70.