Panne électrique d'une usine d'engrais près de Saint-Nazaire : "le risque d'explosion a été clairement exprimé"

Une réunion s'est tenue, organisée par la préfecture, pour évoquer la panne de courant à l'usine de fabrication d'engrais Yara, à Montoir-de-Bretagne, le 29 mars. Une enquête sur les risques industriels du site est ouverte. Yara a reçu une sanction de 363 600 euros pour la non-conformité de ses rejets atmosphériques avec les normes.

Que s'est-il passé le 29 mars dernier sur le site de fabrication d'engrais chimique de Yara, à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) ? Un "accident", affirme la préfecture dans un communiqué, publié jeudi 11 avril à la sortie d'une réunion pour évoquer la panne de courant qui a touché, fin mars, l'usine classée Seveso. "Pour la première fois, le risque d'explosion a été clairement exprimé", abonde Thierry Noguet, le maire de la commune.

La discussion s'est tenue à la mairie Montoir-de-Bretagne, autour des agents du bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI), l'instance d'État chargée des analyses sur les risques industriels. La présence de ces enquêteurs est le signe d'un incident considéré avec gravité. Étaient aussi sur place le sous-préfet de Saint-Nazaire, le maire de la commune de 7 000 habitants, les représentants des riverains, des salariés du site, et les dirigeants de la société Yara.

Risque d'explosion

Autre signe que l'évènement a été pris au sérieux, trois cadres de la société de fabrication d'engrais norvégienne ont fait le déplacement : le directeur du site de Montoir, mais aussi le président de Yara France, Nicolas Broutin, et le responsable de Yara pour l'Europe du sud. "C'est un signal fort", a lancé à la presse, en guise de seul commentaire, le président de Yara France, à sa sortie de la réunion.

Le 29 mars, aux alentours de midi, l'usine de Montoir est touchée par une coupure de courant, dont la cause est extérieure à son site. Mais le groupe électrogène de Yara met deux heures avant de se mettre en marche. Conséquence : un réservoir de stockage d’ammoniac monte en pression, risquant l'explosion. "L’exploitant a utilisé dès le début de l’accident un laveur de gaz pour dissoudre l’ammoniac en excès dans l’eau. Cette action de sécurité a été efficace et a permis de maîtriser la montée en pression dans le réservoir", précise la préfecture dans son communiqué.

La catastrophe est évitée. Mais "la principale conséquence de cet accident sur l’environnement a été le rejet d’eaux contenant de l’azote dans la Loire", affirme la préfecture, qui ajoute : "Ces rejets n’ont pas amené à un impact significatif sur le fleuve". Le BEA-RI a ouvert une enquête, dont les résultats devraient être connus dans quelques mois. Le site de Yara devrait cesser ses activités industrielles pour être transformé en entrepôt de stockage d'engrais.

363 600 euros de sanction pour Yara

Le préfet de Loire-Atlantique informe avoir réclamé une sanction financière de 363 600 euros au groupe Yara "pour les non-conformités relevées sur les rejets atmosphériques et sur l’air en 2022 et 2023".

Jeudi 11 avril, en marge de la réunion avec le BEA-RI, une trentaine de personnes manifestaient devant la mairie de Montoir-de-Bretagne, réclamant la mise en conformité du site de Yara avec les normes de sécurité. "On aurait pu avoir une catastrophe", commentait Marie-Aline Le Clerc, la présidente de l’AEDZRP (Association environnementale dongeoise des zones à risques et du PPRT), présente devant la mairie.

À l’issue des discussions, le préfet de Loire-Atlantique a indiqué réclamer à l'industriel norvégien, par arrêté préfectoral, "la mise en sécurité du site à travers la vidange des réservoirs d’ammoniac et de solution chaude de nitrate d’ammonium suivant un échéancier strict" et "le renforcement significatif des exigences en cas de perte de l’alimentation électrique".

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