Pornic : fillette brûlée par du détergent servi dans un verre, 6 mois de prison avec sursis requis contre le gérant

Deux ans après l'incident, le procès du responsable du restaurant de Pornic, la Fontaine aux Bretons, a débuté ce mardi 22 juin à Saint-Nazaire. 6 mois de prison avec sursis et plus de 20 000 € d'amende ont été requis contre lui. 

 

Elisabeth, âgée de 22 mois lors du drame, ne peut plus s'alimenter normalement.
Elisabeth, âgée de 22 mois lors du drame, ne peut plus s'alimenter normalement. © France 3 Pays de la Loire

Alexandre Gérard, le propriétaire du restaurant La Fontaine aux Bretons à Pornic, comparaissait ce mardi 22 juin au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. L’homme et la société sont poursuivis pour blessures involontaires avec incapacité supérieure à trois mois par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence et pour mise en danger d’autrui.

Il y a deux ans, le 1er août 2019, une fillette de 22 mois ingérait un verre de soude caustique - destinée à nettoyer un lave-vaisselle - à la place d’un verre de jus de raisin, dans son luxueux établissement. 

Les parents d'Elisabeth Kob, ce 22 juin, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire.
Les parents d'Elisabeth Kob, ce 22 juin, devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. © Christophe François, France 3 Pays de la Loire

Absence de formation aux produits dangereux

L’audience a débuté à 14 heures, ce 22 juin 2021. France 3 Pays de la Loire y était. La procureur a souligné les multiples manquements aux obligations de sécurité, évoquant notamment l'absence de formation aux produits dangereux, les mauvaises habitudes  -consistant à utiliser des bouteilles de jus de fruits pour stocker le détergent pour lave-vaisselle - qui ont conduit à ce qu'un jeune étudiant embauché en extra remplace le barman habituel, en repos ce jour là, et serve la bouteille empoisonnée. 

La procureur a également assuré que le personnel était victime de cet état de fait et aurait tout à fait pu, elle aussi, consommer le détergent. La responsable de salle et restauration, qui avait été placée en garde-à-vue après les faits, n’est ainsi pas convoquée ni mise en cause. Elle est aujourd’hui au tribunal des Prud’hommes car elle conteste son licenciement.

Le gérant, lui, affirme qu'il n'était pas au courant de cette pratique. "Mon client, lui, ignorait tout de cela", a plaidé son avocat. Il a depuis procédé à des formations du personnel et renforcé la sécurité autour des produits dangereux. 

6 mois de prison avec sursis requis contre le gérant

Dénonçant un modèle économique d'entreprise "libérée" où les salariés sont "livrés à eux mêmes", la procureur a requis 53 000 euros d'amende pour l'entreprise et 6 mois de prison avec sursis et plus de 20 000 euros d'amende pour son responsable, Alexandre Gérard, père de trois enfants. Il encourrait 3 ans d'emprisonnement. 

Le jugement sera rendu le 12 juillet 2021. 

 

 

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