Sécheresse : une situation catastrophique dans le marais breton en Loire-Atlantique

A Saint-Mathurin sur Loire, dans le Maine et Loire, la Loire est une succession de bancs de sables. / © France Télévisions Olivier Quentin
A Saint-Mathurin sur Loire, dans le Maine et Loire, la Loire est une succession de bancs de sables. / © France Télévisions Olivier Quentin

La Loire est basse et les conséquences commencent à être graves pour les zones humides qui s'alimentent dans le grand fleuve. Un exemple avec le marais breton.

Par Olivier Quentin

Le Directeur du Syndicat d'Aménagement Hydraulique du Sud-Loire à Machecoul est très inquiet.

"Ça fait 32 ans que je travaille ici, je n'avais jamais vu ça, témoigne Hervé De Villepin. On est dans une situation hydraulique catastrophique. Et il n'y a pas de pluie en vue dans les dix prochains jours !"

Pour faire simple, le marais breton au niveau du Pays de Retz en Loire-Atlantique est une zone humide qui est alimentée en eau par la Loire. En période estivale, le Syndicat d'Aménagement Hydraulique prélève 20 millions de m3 dans le fleuve et en injecte la moitié dans le marais pour maintenir le niveau.
 

On ne peut plus prélever...


Grâce à des dérogations, ces prélèvements avaient pu continuer mais là c'est fini. La station de pompage de Saint-Même-Le-Tenu près de Machecoul est à l'arrêt depuis le vendredi 23 août.

"C'est le débit de la Loire qui est en cause, explique Hervé De Villepin. On est en dessous des 100 m3 par seconde au niveau de Montjean-Sur-Loire. On ne peut plus prélever."

Pour information, lors des crues de janvier, c'était un débit de 5200 m3 par seconde.

Si on prélève dans une Loire trop basse, c'est une eau trop fortement salée que l'on va injecter dans le marais. Car c'est la mer qui remonte dans la Loire depuis l'estuaire.
 

Catastrophe écologique possible


Même lors de la sécheresse de 1976, lorsqu'il était stagiaire, Hervé n'avait pas connu une telle situation.

"Ce seront des secteurs entiers du marais breton qui n'auront plus d'eau. Les poissons ne survivront pas et les oiseaux s'en iront."

Catastrophe écologique en vue donc.

Il y aura aussi des conséquences pour l'élevage, on ne pourra pas laisser le bétail sur place s'il n'y trouve pas l'eau nécessaire.
 
Aux Rosiers sur Loire, le pont enjambe une Loire bien basse. / © France Télévisions Olivier Quentin
Aux Rosiers sur Loire, le pont enjambe une Loire bien basse. / © France Télévisions Olivier Quentin

Dans le Maine et Loire, Julien Dugué confirme que la Loire est à un niveau historiquement bas même si ce n'est pas un record.

Le chef du service eau, environnement et forêts de la Direction Départementale des Territoires 49 surveille la Loire comme le lait sur le feu. Et la situation évolue très vite.
 

Les prévisions annoncent une remontée


A l'heure où nous l'avons appellé, un débit de 100m3 était à nouveau constaté à Montjean-sur-Loire et les prévisions donnaient une remontée à 110 m3, une situation donc meilleure mais pour combien de temps ?

Même si les barrages situés en amont dans les départements de la Loire et de la Lozère devraient permettre de soutenir le débit du fleuve, rien ne dit que ce niveau ne va pas à nouveau baisser.

"Un des premiers enjeux explique Julien Dugué, c'est la question de l'eau potable. Le risque c'est une coupure de l'alimentation des usines d'eau potable dans ce département où elle vient principalement de la Loire. Pour le moment, pas de situations critiques signalées mais tout le monde reste bien vigilant."

Ce qui permet de limiter les dégâts, c'est que le Maine et Loire n'a pas le niveau touristique de la Vendée. Les habitants sont encore pour certains partis en vacances. Il n'y a pas de pression sur l'eau potable. Mais dans quelques jours, ils vont revenir...

La navigation est évidemment impactée. Mais il semble que les entreprises touristiques aient réussi jusqu'à présent à faire avec et aucune n'a signalé une saison perdue.

Quant à l'environnement, il est pour le moment difficile selon Julien Dugué d'estimer les conséquences sur les milieux naturels. "On verra un peu plus tard (avec la remontée du fleuve) comment les milieux se sont réinstallés."



 

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