Coronavirus : difficile d'adapter les mesures de confinement aux personnes sans-abri

Face aux consignes de confinement, comment continuer à protéger les personnes sans-abris (ici rue Saint-Laud à Angers en 2012, photo d'illustration) ? / © Josselin Clair / MAX PPP
Face aux consignes de confinement, comment continuer à protéger les personnes sans-abris (ici rue Saint-Laud à Angers en 2012, photo d'illustration) ? / © Josselin Clair / MAX PPP

Alors que les Français sont appelés à se confiner chez eux pour endiguer la progression du coronavirus, les personnes sans domicile fixe (SDF) restent aux abois. Les bénévoles et agents de l'État tentent de s'adapter pour continuer de porter secours à ces populations démunies. Exemple à Angers.

Par Valentin Pasquier

Face à la propagation du coronavirus en France, le président de la République a appelé, ce 16 mars, chaque citoyen à rester isolé à domicile et limiter ses interactions sociales au strict minimum. Dans ces conditions, comment continuer à porter secours aux populations les plus démunies qui ne disposent pas de domicile fixe ?

À Angers, tout fonctionne au ralenti. Les accueils de jour et le Point accueil santé solidarités (PASS) ont été fermés, stoppant ainsi le service de restauration sociale. La halte de nuit du Chemin de traverse est contrainte de restreindre sa capacité d'accueil pour respecter les consignes de prévention.

"Les familles ont été mises à l'abri dans des hôtels, dans des lieux qui restent fermés, [par les agents de l'État de la Direction départementale de la Cohésion sociale (DDCS)]", souligne Dominique Trenit. Cette bénévole au Secours populaire participe aux veilles dans ce centre d'accueil d'urgence situé non loin de la gare Maître-école et du centre Espace Anjou.
 

Arrêt des veilles solidaires

Grâce à ces veilles, mises en place à Angers chaque hiver depuis 5 ans, les personnes sans-abri sans hébergement pour la nuit reçoivent un repas devant la halte de nuit à l'ouverture du site à 20 heures.

"Vendredi, la DDCS nous a demandé de limiter ces veilles. Lundi, les gens continuaient à s'attrouper, c'était difficile de respecter les consignes. Depuis hier soir [le 16 mars, NDRL], on nous a demandé de cesser ces veilles, explique Véronique, une autre bénévole. On a fait circuler l'information auprès des autres veilleurs. On est composés de jeunes mais surtout de moins jeunes, ce qui pose des problèmes de vulnérabilité."

Au lieu de distribuer la nourriture en personne, les bénévoles s'adaptent. Pour le repas du soir du 16 mars, "des colis de nourriture sont constitués en amont par des bénévoles qui ont fait le choix de continuer à travailler. Ils distribuent ces colis sans contact physique, par une fenêtre. Le problème, c'est que ces bénévoles sont en droit de demander à ne plus travailler vu le contexte," confie Dominique.

Loin d'être démobilisés, ces bénévoles sont en attente de consignes ce 17 mars. Inquiète, Véronique se questionne : "j'espère que l'État va prendre en charge l'accueil des personnes isolées. Parce que si tout continue à fermer, elles vont avoir de sérieux problèmes pour s'alimenter."







 

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