Coronavirus : à Cholet, des bénévoles équipent les soignants de surblouses

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yann Ledos

Plus d'une cinquantaine de bénévoles se relaie chaque jour pour fabriquer des surblouses pour le personnel de l’hôpital de Cholet, dans le Maine-et-Loire, à partir de plastiques de récupération.

Dans les locaux de l’IFSI, l’école des soins infirmiers fermée depuis le confinement, quatre salles de classe ont repris du service. Dans chacune de ses pièces, une quinzaine de personnes découpe et assemble des sacs plastiques pour former des surblouses jetables.

En tout, il sont ainsi près de 500 volontaires à s’être manifestés auprès des organisateurs de cet atelier, mis en place par le groupe de bénévoles Solutions Covid-19.

L’idée vient du constat d’un manque cruel de surblouses pour le personnel soignant de l’hôpital de Cholet et de la volonté d’une poignée de personnes "de se rendre utile, malgré le confinement".

À l'origine du projet, un habitant du Choletais, Damien Prévost s'est intéressé "aux EPI, les Équipements de protection individuels, pour les soignants." Selon lui, "il fallait une solution innovante et libre, en open-source pour que ce projet soit reproduisible partout."

Après trois semaines de réflexion et de recherche, il procède à la création d'un patron (un schéma de découpe reprenant la forme de la future blouse), et le fait ensuite valider par l'hôpital, notamment au niveau du plastique utilisé pour sa réalisation.

Ce plastique, justement, est issu d'un don de l'agglomération choletaise : il s'agit d'un stock important de sacs jaunes qui servent habituellement au tri sélectif. Après découpe, les éléments sont soudés au fer à repasser pour constituer la surblouse jetable.

On a un processus de production strict vis-à-vis de l'hygiène. Tout est borné : de la désinfection des outils et des salles jusqu'aux conditions sanitaires des bénévoles équipés de gants, de charlotte et de gel hydroalcoolique - Benoît Benard, bénévole Solutions Covid-19

L'initiative mobilise de façon active près de 150 personnes : production, contrôle qualité, vérification des règles d'hygiène, gestion des stocks et approvisionnement ou encore secrétariat. Toutes les compétences des bénévoles sont utilisées.
En pleine amélioration de leur rendement, les bénévoles arrivent désormais à sortir chaque jour près de 750 surblouses de leurs ateliers, après seulement dix jours de production.

À l'hôpital de Cholet, la laverie tourne déjà à plein régime pour pouvoir réutiliser les blouses des soignants.

Cet apport de surblouses est une véritable aubaine. Il ne permet pas, pour autant, de subvenir aux besoins du personnel qui devrait faire usage de près de 2 000 surblouses par jour pour faire face aux conséquences de la pandémie.