Guérie du coronavirus, Mylène Demongeot témoigne : "Je n'ai jamais eu conscience que je frôlais la mort"

La comédienne Mylène Demongeot a contracté le covid-19 alors qu'elle pensait avoir attrapé un simple rhume. L'un des médecins de l'hôpital de Laval lui laisse alors peu d'espoir sur ses chances de survie. C'était bien mal la connaître.

Mylène Demongeot, lors d'une séance photos le 10 avril 2018
Mylène Demongeot, lors d'une séance photos le 10 avril 2018 © MaxPPP
Touchée par le covid-19, elle a passé un mois à l'hôpital de Laval. Mylène Demongeot est aujourd'hui de retour dans sa ferme en Mayenne. 

Elle se dit fatiguée et n'accorde, de ce fait, qu'une interview par jour, mais, à 84 ans, l'actrice semble avoir puisé en elle de nouvelles ressources.

"Ça va, mais je me fatigue vite, ça m'énerve, je n'y peux rien, c'est comme ça, il faut avoir de la patience mais ce n'est pas exactement ma qualité principale", lance-t-elle d'une voix dynamique et rassurante.


"Chère madame, je suis très pessimiste"

Lorsque le confinement est annoncé le 16 mars dernier, Mylène Demongeot est en plein tournage d'une comédie réalisée par Thomas Gilou avec Gérard Depardieu, Kev Adams ou encore Antoine Duléry.

Elle repart alors en Mayenne, dans sa petite ferme de Château-Gontier, pour se confiner entourée de ses animaux. Prise de fièvre, elle pense avoir attrapé froid sur le tournage. Le 21 mars, elle est transportée à l'hôpital de Laval.

"On m'a foutu dans un lit, je me suis endormie, après je vois le médecin qui me dit : "chère madame, je suis très pessimiste en ce qui vous concerne", raconte-t-elle, je me souviens de lui avoir dit : moi pas ! Il a été sidéré mais m'a dit "on va faire ce qu'on peut pour vous tirer de là".

"Il a été assez rude, je reconnais que ce n'est pas ce qu'on attend d'un médecin de vous dire : "ben écoutez, faites pas chier, vous êtes foutu, quoi !"

Je n'ai jamais eu conscience que je frôlais la mort - Mylène Demongeot

"L'autre jour, j'ai commencé à remonter dans mes épreuves, je me suis dit : mais qu'est ce que j'ai traversé dans la vie !", lâche-t-elle dans un rire, malgré tout.
Mylène Demongeot s'est prise en selfie avec l'une des infirmières de l'hôpital de Laval, le jour de sa sortie
Mylène Demongeot s'est prise en selfie avec l'une des infirmières de l'hôpital de Laval, le jour de sa sortie © DR Mylène Demongeot
 

"Si on laisse tomber, on meurt très vite"

En 1999, son mari, le metteur en scène Marc Simenon, avec qui elle vivait depuis une trentaine d'années, meurt accidentellement.

En 2012, elle découvre qu'elle est la victime d'une escroquerie de la part de son banquier.

L'an dernier, c'est un cancer que doit affronter l'actrice. Un combat qu'elle gagnera comme elle a gagné celui qu'elle a engagé contre le covid-19.

"Ce que je peux dire aux gens, c'est qu'il ne faut pas baisser les bras, il faut dire "la vie continue", si on laisse tomber, on meurt très vite", dit Mylène Demongeot, qui semble posséder une forte capacité de résilience.

"C'est peut-être Boris Cyrulnik (célèbre neuropsychiatre, NDLR) qui m'a indiqué la voie à suivre, d'ailleurs il m'a envoyé un petit mot adorable l'autre jour, c'est vraiment un ami. Il y a des gens merveilleux comme ça, des gens qui vous apprennent à vivre".
 

"Je veux finir mon film, nom de dieu !

Aujourd'hui, après sa sortie de l'hôpital le 9 avril dernier, Mylène Demongeot est confinée dans sa ferme et se repose.

Le confinement je trouve ça divin - Mylène Demongeot

"Je suis bien, je suis dans ma petit ferme avec mes livres, mes chats, mes amis, c'est merveilleux, dit-elle, j'ai la forme. Quand je marcherai bien, avec mes jambes, mes hanches et mes genoux, je pèterai la forme un petit peu mieux"

"Je suis divinement bien et comme j'adore la solitude, on ne peut pas dire que je sois malheureuse, au contraire", dit la comédienne qui a cependant hâte de retrouver le chemin des plateaux de cinéma.


"Je veux finir mon film, nom de dieu ! lâche-t-elle, c'est la seule chose qui m'importe parce que c'est un très beau rôle, dans un très beau film, une très bonne comédie, drôle, touchante".
 

"Les stars prennent tout, les comédiens ont des miettes"

Car la comédienne est consciente de cette chance de pouvoir tourner à une période où bon nombre de comédiens ont du mal à vivre de leur art, surtout à l'heure du confinement où tout s'est arrêté.

"Je suis inquiète pour mes copains comédiens qui n'ont pas beaucoup de sous et qui ont leur cachet du soir quand ils jouent dans une pièce, dit-elle, c'est mal payé ces cachets de comédiens de second rôle".

"De mon temps, quand je jouais la comédie au théâtre avec Serrault, nous étions bien payés, nous avions un intéressement sur la recette, se souvient-elle, mais les seconds rôles et les troisièmes rôles étaient bien payés aussi".

Aujourd'hui c'est exactement comme le problème entre les riches et les pauvres : les stars prennent tout,les comédiens ont des miettes - Mylène Demongeot

"Quand vous avez un copain comédien qui n'a que des miettes pour bouffer, que le théâtre s'arrête et que tout s'arrête, c'est épouvantable, je pense à eux tout le temps.

Celle qui a près de 70 ans de carrière et s'est fait connaître du grand public dans son rôle de la fiancée du journaliste Fandor, joué par Jean Marais dans Fantomas, se dit aujourd'hui privilégiée, "je suis une femme libre, qui habite dans la maison de ses rêves, oui, je suis privilégiée et très très heureuse". Et une comédienne à l'optimisme contagieux.

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