Sénatoriales 2023 : on vous explique pourquoi le scrutin du dimanche 24 septembre ne passionne pas les Français

Les élections sénatoriales 2023 ont lieu ce dimanche 24 septembre. Elles vont permettre de renouveler la moitié des sièges du Sénat. Un scrutin qui ne passionne pas les foules pour plusieurs raisons.

Le Sénat est composé de 348 sénateurs qui sont élus pour six ans, mais il est renouvelé de moitié tous les trois ans. Ce sont donc 170 sénateurs qui seront élus cette année. 

Mais une immense majorité de Français ne savent même pas qu'on va voter dimanche prochain pour ces élections sénatoriales. Il faut dire que la plupart d'entre eux ne votent pas, et qu'on ne vote pas dans tous les départements de France. 

En Pays de la Loire, par exemple, 11 sièges sont concernés, 5 en Loire-Atlantique, 4 dans le Maine-et-Loire, 2 en Mayenne.

Les enjeux en Pays de la Loire

Ce n'est pas parce qu'une élection ne fait pas de bruit qu'elle ne fait pas de casse. La preuve avec ces Sénatoriales 2023. En Pays de la Loire, 11 des 17 sièges au Sénat sont en jeu, et ils valent un peu plus cher qu'on ne le pense.

Si en Mayenne, on se dirige vers un probable statu quo avec deux sortants,  Élisabeth Doineau et Guillaume Chevrollier plus que favoris, ailleurs, la guerre de succession est déclarée.

En Maine-et-Loire, la gauche part divisée, un classique qui pourrait bien lui coûter son unique siège dans le département.

En Loire-Atlantique, c'est pire, la gauche se déchire. Après les règlements de compte, les socialistes et écologistes se sont rangés derrière le sortant, Ronan Dantec. Du vert plutôt que du rose.

Et la confusion générale pourrait profiter à l'ancien président du département Philippe Grosvalet. Il a quitté le PS, mais rêve, lui aussi, d'une place au soleil avec sa liste dissidente.

Déjà privés de députés, les socialistes pourraient donc devoir faire un trait sur le Sénat, d'autant que la droite revient en force et espère glaner un deuxième siège aux côtés de Laurence Garnier. 

Ne cherchez pas votre carte d'électeur

À moins d'être un élu local, vous ne serez donc pas appelé aux urnes ce dimanche 24 septembre, pas besoin de chercher votre carte d'électeur et le numéro de votre bureau de vote, car il s'agit d'un scrutin indirect.

Les sénateurs ne sont pas élus directement par les Français, mais par leurs représentants, c'est ce qu'on appelle les grands électeurs. Ils sont 5 939 en Pays de la Loire.

Députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux, mais également délégués des conseillers municipaux, ce sont eux qui voteront dimanche. 

Quatre questions au politologue Arnaud Leclerc

Face à ce mode de scrutin et toutes ces subtilités, peut-on parler d'anomalie démocratique comme l'avait fait Lionel Jospin ?

"Oui, estime Arnaud Leclerc, professeur de sciences politiques à Nantes Université, parce que dans tous les pays européens ou presque, à part la Suède, il y a une deuxième chambre, mais elle est élue la plupart du temps au scrutin universel, en mobilisant les citoyens, souvent à l'échelle de la région"

C'est tellement indirect, tellement invisible, incompréhensible, avec des modalités hyper spécifiques d'un peu partout. Franchement, on a tout fait pour ne pas rendre le Sénat visible et pour que les électeurs puissent s'y intéresser.

Arnaud Leclerc

Professeur de sciences politiques à Nantes Université 

Ils sont 75 000 grands électeurs en France, répartis proportionnellement à la population.  À 95 %, ce sont des maires ou des conseillers municipaux.

"C'est peut-être là qu'il y a une difficulté, une déformation par rapport à la société française, avec une surreprésentation dans des petites villes, explique estime Arnaud Leclerc, du coup, on a un Sénat qui est extrêmement conservateur, puisque dans ces petites villes, il y a plutôt la droite qui l'emporte".

Les élus locaux estiment que le Sénat, c'est leur chambre, que c'est là qu'ils se font entendre. À tort ou à raison ?

"C'est vrai que le Sénat représente les territoires, mais la manière dont c'est organisé pose un problème, parce qu'on peut dire, des pouvoirs très importants, notamment ceux des régions, sont globalement très peu représentés".

Gérard Larcher, le président, LR sortant de ce Sénat, dit que le palais du Luxembourg tempère les excès de l'Assemblée nationale. Est-ce vrai ?

"Ça a été vrai dans certains moments de l'histoire, comme au moment du général De Gaulle. C'est beaucoup moins vrai, la meilleure preuve, c'est que la loi sur les retraites, qui a été tant contestée, a été adoptée très facilement, presque sans débat, au Sénat. Il n'y a pas eu vraiment d'effet de contrebalancier"

Le Sénat, ça sert à quoi ?

Une fois élus, les sénateurs siègent au palais du Luxembourg et tout comme les députés, ils ont un rôle législatif. Ça veut dire qu'ils votent les lois, mais ils peuvent également déposer des propositions de loi et des amendements. Enfin, ils contrôlent aussi l'action du gouvernement.

Traditionnellement, le Sénat examine les lois après un premier vote à l'Assemblée nationale, mais ça n'est pas toujours le cas. Il a d'ailleurs la priorité sur les projets de loi qui touchent à l'organisation des collectivités territoriales.

Et puis les sénateurs peuvent également saisir le Conseil constitutionnel pour qu'il se prononce sur la conformité d'un texte de loi. 

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