Pays de la Loire : les parcs de loisirs inquiets par l'extension du pass sanitaire

Dès le 21 juillet, le pass sanitaire, vaccination ou test négatif récent, sera obligatoire pour accéder aux lieux de loisirs et de culture. Un véritable casse-tête pour les établissements recevant du public.
Doué la Fontaine et passe sanitaire : le parc doit se réorganiser
Doué la Fontaine et passe sanitaire : le parc doit se réorganiser © France Télévisions

Parcs zoologiques, parcs d'attraction, jardins, tous ces lieux très prisés du public durant l'été doivent s'organiser en urgence pour répondre aux nouvelles mesures sanitaires annoncées le 12 juillet dernier, par Emmanuel Macron.

A compter du 21 juillet, le pass sanitaire, test covid négatif ou attestation de vaccination, sera exigé dans les lieux de loisirs et de culture réunissant plus de 50 personnes, pour tous les visiteurs à partir de 18 ans. Un délai est accordé jusqu'au 30 août pour les jeunes de 12 à 17 ans.

En pleine saison touristique, le délai est impossible à tenir pour le Bioparc de Doué, qui accueille 240 000 visiteurs par an.

"La vérification du pass sanitaire va rallonger de trois à quatre fois le temps nécessaire pour accueillir le public. Nos équipes ne sont pas formées pour demander l’identité et le passe sanitaire du public et ils ne sont pas assez nombreux pour le faire", explique ainsi François Gay, directeur du Bioparc.

Un coup fatal pour de nombreux parcs animalier

Sébastien Laurent, directeur du parc zoologique de la Boissière du Doré en Loire-Atlantique dénonce une mesure aux conséquences catastrophiques pour les parcs animaliers. 

"Les prises de rendez-vous pour les vaccinations sont saturées, les visiteurs ne pourront pas se faire vacciner avant à la fin de la saison estivale. Dans les territoires ruraux, les capacités des laboratoires ne sont pas suffisantes pour tester des centaines voire des milliers de visiteurs qui ne le seraient pas avant leur venue dans ces régions", écrit-il dans un courrier adressé aux élus et à la presse.

"Nous recevons déjà de nombreux appels pour des annulations car certains membres de la famille ayant initialement prévu une visite ne sont pas encore vaccinés ou pas totalement. Ceci risque de conduire à une baisse de notre fréquentation de 50 à 70% sur les deux mois à venir", souligne Sébastien Laurent.

Il s'inquiète aussi du coût financier : "la mise en place de cette mesure dès le 21 juillet 2021 engendrera des pertes sans précédent de 30 à 70% de notre chiffre d’affaires annuel. Ceci va être dramatique pour notre profession".

Aujourd’hui, c’est un coup qui sera fatal à de nombreux parcs animaliers.

L'association des parcs zoologiques a saisi le Conseil d'Etat. Elle demande que l'application de cette nouvelle mesure sanitaire soit reportée au 15 septembre.

Même son de cloche au parc aquatique "Atlantic toboggan" situé à Saint-Hilaire-de-Riez en Loire Atlantique. "Cela va être catastrophique", confie, en colère, la directrice, Peggy Geslin. Alors que le début de saison a été mitigé en raison d'une météo capricieuse, la direction s'attend à une baisse des entrées du parc. "On ne sait pas comment vont réagir les clients", s'inquiète la directrice. 

Le pass sanitaire déjà opérationnel au Puy du Fou

Le Puy du Fou, premier parc à thème de la région est plus serein car le site dispose déjà d'un centre de tests et son organisation est bien rodée.

Le pass sanitaire est en effet déjà obligatoire pour assister au spectacle "La Cinéscénie". "Environ 2000 personnes ont effectué un test antigénique lors des trois premières représentations", confirme Nicolas de Villiers. "Le dispositif est déjà éprouvé, nous allons multiplier par trois ou quatre les box de test et les équipes".

Le président du Puy de Fou reconnait que cette mesure sanitaire, à mettre en place dans un délai aussi court, peut s'avérer "tragique et entrainer de graves difficultés pour les entreprises du secteur déjà impactées par la crise depuis deux ans." 

Nicolas de Villiers précise avoir demandé l'aide financière de l'Etat, car le dispositif de tests et de contrôle aux entrées aura un coût réel pour les entreprises. 

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