"#DitesJeSuisLà", un site d'aide créé en Sarthe, le département de la région le plus touché par le suicide

150 décès par suicide en moyenne en Sarthe chaque année. Dans la région des Pays de la Loire, le taux de suicide est supérieur de 24 % à la moyenne nationale.

 Yann Massart, infirmier à l’Etablissement Public de Santé Mentale de la Sarthe, s’adresse au grand public avec "#DitesJeSuisLà"
Yann Massart, infirmier à l’Etablissement Public de Santé Mentale de la Sarthe, s’adresse au grand public avec "#DitesJeSuisLà"

Le suicide intervient à n'importe quel moment de la vie et était, en 2012 selon le rapport de l'OMS, la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.
 

Le site "#DitesJeSuisLà"

Pour aider à prévenir du suicide, le site "#DitesJeSuisLà" fondé en septembre dernier par Yann Massart, infirmier à l’Etablissement Public de Santé Mentale de la Sarthe s’adresse au grand public.

 "Il s’agit de montrer que l’on est une autre porte que ce passage à l’acte suicidaire. On compte 9 000 suicides par an en France et si on changeait ça ensemble. Il y a 3 fois plus de suicides que d’accidents de la route. C’est un vrai constat de santé publique." confie Yann Massart.

La crise suicidaire suscite de nombreuses questions. Accompagné de psychiatres, psychologues, experts, soignants, l’idée de porter un message national est venu à ce soignant en activité à L'EPSM d'Allonnes.

Un site qui s’adresse d’abord à l’entourage des personnes en crise suicidaire pour leur permettre de détecter les signaux d’alerte. Une action plus pertinente en terme d’effets de santé publique selon lui.

"L’exemple du confinement. S’il a permis de faire plus attention aux proches, d’observer des changements de comportements plus soudain….L’idée de permettre aux aidants d’être proches de cette personne en lui disant qu’on est là avec les  "bons" messages … Banaliser la consultation auprès d’un psycholoque, comme chez les Anglosaxons.

On n’est pas un service d’écoute, pas de consultation.

Si chacun peut faire plus attention avant que les choses aillent trop mal, être à l’écoute, encourager l’autre dans ses capacités personnelles, orienter la personne en crise vers le médecin traitant, les éducateurs, ou encore la maison des ados, il faut le faire.Ces gestes sont importants" ajoute l'infirmier.
 

Une Equipe Mobile de Prévention du Suicide (EMPS)

Face à ce fléau de santé publique, l’Etablissement Public de Santé Mentale a constitué une équipe mobile qui intervient dans les 24 heures à 72h selon les disponibilités des personnes, au domicile de la personne ou dans un autre lieu . Son intervention se fait à la demande d'un professionnel ou d'un bénévole. 

Cette équipe composée de deux psychologues, trois infirmiers et une secrétaire existe depuis 2014 après une demande de l'ARS. Elle apporte une réponse, une évaluation de la crise suicidaire et élabore une prise en charge rapide.

Selon Nadège, infirmière de l'équipe mobile: " Nos missions s'articulent autour de plusieurs axes : intervention de crise, prévention et formation. Nous sommes particulièrement satisfaits d'avoir mis en place un groupe de paroles pour adultes et nous souhaitons prochainement en ouvrir un autre aux adolescents"

"Une sensible baisse des suicides s'est fait sentir depuis 6 ans mais il faut souligner que, depuis l'arrivée du covid, nos missions ont augmenté de 25-30%."

Contact EMPS : 02.43.78.85.25

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