Un magnétiseur accusé de plusieurs viols devant les Assises de la Sarthe

L'homme est âgé de 85 ans et a déjà été poursuivi pour des agressions sexuelles par le passé. Il doit être jugé devant la Cour d'Assises de la Sarthe du 13 au 15 décembre pour des viols commis lors de séances de magnétisme.

C'est une situation de récidive que les jurés de la Cour d'Assises de la Sarthe ont à juger du 13 au 15 décembre.

L'accusé est un homme d'aujourd'hui 85 ans qui a déjà été condamné par le passé pour avoir agressé des patients.

Un magnétiseur déjà connu de la Justice

Jean-Maurice Latsague exerce depuis de nombreuses années l'activité de magnétiseur et c'est dans le cadre de cette pratique qu'il a déjà eu affaire à la Justice il y a près de 30 ans. En 1994, il avait été condamné à 10 ans de réclusion pour des viols et attentats à la pudeur sur des mineurs. C'était en Dordogne.

En février 2023, récemment donc, l'homme qui s'est installé après sa sortie de prison en Sarthe, a encore été condamné, mais pour des agressions sexuelles. Cette fois-là, c'était devant le tribunal correctionnel du Mans.

On parle aujourd'hui à nouveau de crimes avec une accusation de viols sur deux femmes.

Il reste de marbre face aux victimes

Ce mercredi main, lors des premières heures d'audience, Jean-Maurice Latsague écoutait les débats, courbé sur sa canne. S'il a demandé à ses patientes de se dénuder, c'est parce que "le magnétisme ne passe pas à travers les tissus" explique-t-il.

L'homme semble avoir eu une emprise psychologique importante sur ses victimes. Seules deux ont porté plainte. Une mère et sa fille, en pleurs à l'audience lors de l'exposé des faits alors que l'accusé restait de marbre.

Un protocole similaire avec plusieurs victimes

Lors de leur enquête, les gendarmes ont pu recueillir les témoignages de neuf femmes, mais seules deux ont souhaité porter plainte. L'homme agissait toujours de la même manière, commençant par des séances de discussions puis de prières avant de demander à ses victimes de se dénuder et de les violer, prétextant des massages avec de l'huile.

Le magnétiseur inventait des pathologies pour créer une forme d'addiction à ses soins.

Voir le reportage de Maïna Sicard-Cras, Charles Lemercier et Dominique Le Brun.

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Procès devant les assises de la Sarthe d'un magnétiseur accusé de viols ©France Télévisions Maïna Sicard-Cras, Charles Lemercier et Dominique Le Brun
Mère et filles témoignent

Dans l'après-midi, à la barre, mère et fille sont venues témoigner de ce qu'elles avaient subi. 

Pus de 20 séances pour la mère, 45 ans, à l'époque des faits. Des séances qui pouvaient durer jusqu'à quatre heures, douches, prières, attouchements. La victime était totalement sous l'emprise du "magnétiseur".

"J'avais tellement confiance en lui, dit-elle. Il savait tout de moi. Il m'écoutait. Il était très pieux et croyant. Il m'a dit que j'avais un zona aux lèvres vaginales, que j'avais un kyste au sein. Mais je n'avais rien. J'ai fait une mammographie, un examen pour le zona."

"Faire naître des maladies qu'elles n'avaient pas"

"On est vraiment sur de la manipulation psychologique dans ce dossier, déclare l'avocat de cette victime. Il (l'accusé) a mis en place un grand nombre de leviers au point de faire naître chez les victimes des peurs qu'elles n'avaient pas, des maladies qu'elles n'avaient pas, pour qu'elles acceptent le plus de choses possibles."

Ce procès se poursuivra jeudi avec l'audition de plusieurs témoins, d'autres anciennes patientes sarthoises qui ont subi des agressions sexuelles mais qui n'ont pas porté plainte.

Le verdict est attendu pour vendredi soir.

Olivier Quentin avec Maïna Sicard-Cras.

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