Saint-Longis près de Mamers, Sarthe : son élevage de lapins détruit à la pelleteuse après une liquidation judiciaire

Son ancienne exploitation d'élevage de lapins vient d'être rasée à la suite d'une liquidation judiciaire prononcée en janvier 2020. À l'origine de cette faillite économique, l'éleveur Patrick Pilon dénonce une surmortalité de ses animaux, qu'il attribue à la proximité d'une antenne-relais.

Les cages à lapins de l'ancienne exploitation de Patrick Pilon ont été entièrement détruites.
Les cages à lapins de l'ancienne exploitation de Patrick Pilon ont été entièrement détruites. © Patrick Pilon

Quand il débute son élevage, à Saint-Longis près de Mamers en 1989, tout va pour le mieux pour Patrick Pilon.

Les premières années d'exploitation sont prometteuses : il devient rapidement un des plus gros éleveurs de lapins de la région, voire même de France.

Et puis, au fur et à mesure du temps, il commence à constater une mortalité anormale chez ses lapins, associée à des changement de comportement de ses animaux.

Malformations, défenses immunitaires en berne, et des morts en pagaille chez les lapins et les lapereaux.

Les pertes iront même jusqu'à 2, 5 tonnes de lapins morts par mois ! L'éleveur réagit et passe alors en revue toutes les causes probables de cette surmortalité : alimentation, chronobiologie, médicaments... Sans trouver de réponses.

Convaincu, dès lors, que ces problèmes ne sont pas liés à sa manière d'élever les animaux, Patrick Pilon décide d'étudier ce qui ce passe dans l'environnement de son exploitation.

Une antenne-relais à 160 mètres de l'exploitation

C'est en 2018 que l'éleveur entrevoit ce qu'il pense être la source des tous ces problèmes. Lors de relevés réalisés à sa demande par un géobiologue de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, il est prouvé que ces lapins sont soumis à des ondes électromagnétiques à haute fréquence, à des doses bien trop élevées.

Une mesure réalisée à l’intérieur du bâtiment indique une fréquence de 600 mV/m (lire milli-Volt par mètre) à 800 mV/m, lorsque la recommandation (en géobiologie) est de 500mV/m.

Patrick Pilon fait alors le lien avec l'antenne-relais, située à 160 mètres de son exploitation. Installée depuis 2004, avant l'apparition des premiers cas de surmortalité, l'antenne ne servait d'abord qu'à un seul opérateur, puis deux, puis trois... Avant d'intégrer le déploiement de la 3G, puis de la 4G.

Depuis 2014 et l'amplification des phénomènes de mortalité sur son élevage, Patrick Pilon estime avoir perdu près de 200 000 bêtes en seulement quatre ans.

© Maxppp

Difficile, voire impossible, de se relever financièrement après de telles dommages : Patrick Pilon estime ses pertes à 700 000 euros. La liquidation judiciaire était inéluctable.

La mort dans l'âme, l'éleveur se voit dans l'obligation d'arrêter son activité professionnelle après trente ans d'activité.

Le combat se poursuit

Pour dénoncer les méfaits des ondes émises par les antennes-relais, Patrick Pilon a sillonné le pays à la rencontre de nombreux éleveurs et de personnes électro-sensibles.

Devenu lanceur d'alerte malgré lui, l'ancien éleveur de Saint-Longis, poursuit ses recherches pour tenter de comprendre. Il interpelle les élus et les pouvoirs publics sur ces nuisances, relaie les témoignages sur son blog, éleveurs sous tension.

Il élargit aussi ses recherches aux dommages potentiels causées par d'autres sources de rayonnement de ce que l'on nomme les champs électromagnétiques artificiels, comme ceux émis par les lignes à haute-tension ou encore les éoliennes.

Aujourd'hui, Patrick Pilon a dû changer de métier. La destruction en cours de son ancienne exploitation a été décidée par le liquidateur judiciaire, en charge de son dossier. 

L'ancien éleveur estime qu'il s'agit là de l'effacement des preuves que son exploitation a été sous l'effet néfaste des ondes émises par l'antenne-relais.

Malgré une dette qui court toujours pour rembourser les emprunts contractés dans son ancienne vie professionnelle, Patrick Pilon est toujours déterminé à poursuivre son combat.

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