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Sécheresse : les agriculteurs en appellent au gouvernement

À St Maurice le Girard en Vendée. La sécheresse a grillé les prairies où paissent les bovins. / © Olivier Quentin/France3
À St Maurice le Girard en Vendée. La sécheresse a grillé les prairies où paissent les bovins. / © Olivier Quentin/France3

Les agriculteurs souffrent de la sécheresse. La Coordination Rurale demande au ministère de l’Agriculture de mettre en place "un plan d'urgence", qui comprend des dérogations exceptionnelles, des aides financières et un versement précoce des aides de la PAC. 
 

Par Emma Derome

Alors que des orages devraient toucher la plupart des Pays de la Loire, en ce début du mois d'août, et nous permettre de respirer un peu, les agriculteurs, eux, souffrent toujours de la sécheresse. Les multiples restrictions d'eau qui ont été mises en place, notamment en Vendée et en Loire-Atlantique, ont asséché les cultures des producteurs de maïs.

Entre le manque de nourriture pour les animaux d'élevage et le sol, trop sec, qui empêche de pouvoir faire les semis (SIE) nécessaires au versement des aides financières de l'Europe, les agriculteurs se retrouvent coincés. Le syndicat agricole Coordination Rurale a donc lancé un appel au ministre de l'Agriculture Stéphane Travert.
 

Dans cette lettre ouverte au gouvernement, publiée vendredi 3 août, la Coordination Rurale veut alerter sur les maux qui touchent ses agriculteurs depuis le début du mois de juillet.

"Les conditions exceptionnelles de sécheresse de ces dernières semaines entraînent de graves difficultés dans de nombreux secteurs de production, l’élevage mais aussi pour les cultures en place." Le syndicat agricole en appelle au ministère de l'Agriculture : "la Coordination Rurale vous demande d’envisager la mise en œuvre d’un plan d’urgence exceptionnel pour atténuer les conséquences de cette période de sécheresse."


Une maigre récolte estivale


En cause, notamment, la montée des prix des fourrages donnés aux bêtes, du fait de la maigre récolte estivale. "On est moins touché dans les Pays de la Loire que dans le reste de la France, concède Catherine Laillé, éleveuse de porc près de Redon et présidente de la Coordination Rurale de la Loire-Atlantique. Mais à cause de la sécheresse, le rendement des céréales était seulement d'1/3. Résultat, les éleveurs n'ont plus rien à donner aux bêtes !" déplore-t-elle.

Le mois de juin, très pluvieux, a été suivi par un mois de juillet très sec. Conséquence pour les agriculteurs ? Des céréales qui ont séché, et un fourrage moins abondant, et de moins bonne qualité.

Résultats, les agriculteurs sont obligés d'entamer leur stock de l'hiver pour nourrir leurs bêtes, ou d'acheter à l'extérieur à des prix plus cher. "C'est un phénomène qui s'ajoute à la crise agricole actuelle, les agriculteurs ont très peu de trésorerie et donc peu de marge de manœuvre.", explique Catherine Laillé.

Face à ces dépenses, de nombreuses exploitations sont en danger, selon l'éleveuse. La Coordination Rurale estime que l'aide de l'Etat est nécessaire "pour reconnaître cette situation comme catastrophe naturelle", et ainsi débloquer des aides financières.
 

Des semis impossibles à planter

Autre impact de la sécheresse : l'assèchement des sols. Dans sa lettre ouverte, le syndicat explique que les agriculteurs sont dans l'obligation de semer, entre chaque culture, des couverts végétaux ou SIE pour surface d'intérêt écologique, afin de recevoir les aides européennes de la PAC. Mais, souligne la lettre, les sols sont dans tel état de déshydratation "qu’imposer un semis dans de telles conditions serait une insulte au bon sens et au savoir-faire paysans".

Les agriculteurs demandent donc une dérogation exceptionnelle "afin que les agriculteurs ne se retrouvent pas dans une situation d'illégalité, souligne Catherine Laillé. "Aujourd'hui nous allons payer pour acheter nos semis, mais ils ne vont pas lever. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose."

Quant à la pluie attendue prochainement sur les terres : "cela ne changera rien", selon l'éleveuse. "La récolte de blé est finie, ce dont on a besoin aujourd'hui c'est d'une aide financière, et de dérogations au niveau européen". 

Le ministre de l'Agriculture a répondu, via un communiqué publié sur Twitter, que "les décisions de la Commission européenne (...) seront connues début septembre."
 

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