Transat Jacques Vabre : le duo Tripon-Barnaud joue la prudence

Armel Tripon et son co équipier Vincent Barnaud (à droite) sur le multicoque Réauté Chocolat / © Pierre Bouras
Armel Tripon et son co équipier Vincent Barnaud (à droite) sur le multicoque Réauté Chocolat / © Pierre Bouras

L’euphorie d’un départ parfaitement réussi a vite cédé la place à la prudence, à bord du Multi 50 RÉAUTÉ CHOCOLAT engagé dans la Transat Jacques Vabre. La première nuit de course a été très sportive dans une mer désordonnée… Et la deuxième devrait l’être encore plus. 

Par Céline Dupeyrat

Après la traversée d’une zone de vents faibles ce lundi 6 novembre, jusqu’ici tout va bien pour le duo Armel Tripon-Vincent Barnaud. C’est ce que raconte Armel, joint ce midi en mer, quelques heures avant de devoir affronter à nouveau du gros temps, prévu pour la nuit prochaine.

Le moins qu’on puisse dire c’est que pour leur première grande course transatlantique à bord de ce bateau, le départ du Havre, hier dimanche, a été plus que réussi pour Armel Tripon et Vincent Barnaud, les deux marins de RÉAUTÉ CHOCOLAT. Excellents sur le coup de canon ils ne pouvaient guère rêver meilleure entame ! Les couleurs de RÉAUTÉ CHOCOLAT ont été portées haut et fort. « On s’est même offert le luxe de naviguer quelques instants devant l’Ultime Gitana (deux fois plus grand et archi favori toutes catégories confondues, ndr) pour la première et la dernière fois de la Transat » a plaisanté Armel Tripon.

Côté météo, « après ce super départ et un début de course magnifique jusqu’à Etretat, les choses se sont gâtées comme prévu en soirée et dans la nuit : beaucoup de vent et une mer démontée, une multitude de manœuvres et de prises de ris à assurer. On a eu jusqu’à 30 nœuds dans les grains et surtout une mer difficile. L’objectif dans ces cas-là, c’est surtout de tenter de freiner le bateau qui, lui, ne demande que l’inverse : aller toujours plus vite ! Nous voulons rester fidèle à notre ligne de conduite qui est d’abord de préserver le bateau et on fait tout pour ça. Il y a du boulot, mais nous n’avons rien cassé et tout va bien à bord…» . 

DEUX NUITS TRES DELICATES

La première nuit de course a donc été engagée, humide et laborieuse. « Vincent et moi, nous avons dormi chacun une heure » témoigne Armel. « Nous avons été rapides pour ‘démancher’, nous étions dans les parages de Ouessant dès 4h du matin. Mais maintenant, comme prévu le vent est tombé à l’approche d’une dorsale anticyclonique. Il faut traverser cette dorsale par l’ouest avant de pouvoir de nouveau espérer faire du gain vers le sud. »

 A bord de RÉAUTÉ CHOCOLAT, Armel et Vincent ne se préoccupent guère du classement pour le moment. Ils se préparent à affronter le gros temps, avec l’idée de trouver la bonne trajectoire pour éviter autant que possible le plus gros de la mer et du vent. « Dans l’accalmie, nous allons essayer de bien nous reposer pour nous préparer à cette deuxième nuit. S’il faut aller jusqu’à réduire la grand-voile à trois ris et ne pas mettre de voile d’avant, nous le ferons sans hésiter. Jusqu’ici tout va bien mais je le répète, l’objectif numéro un dans ces conditions très musclées c’est d’abord et avant tout d’essayer de ne rien casser. »

Il sera toujours temps de s’intéresser vraiment aux pointages quand la mer et le vent seront moins forts, à partir de demain normalement. Mais pour l’instant, il faut tenir et jouer à fond la carte de la prudence. Au pointage de 12h ce lundi 6 novembre, RÉAUTÉ CHOCOLAT était toujours classé 3e et semblait reprendre un peu de vitesse après le gros coup de frein dans la dorsale constaté ce lundi matin. Selon toute vraisemblance, la nuit qu’Armel et Vincent s’apprêtent à vivre sera la plus difficile de toute la course. Ils le savent, ils sont prêts, ils ont confiance.

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