Vacances de la Toussaint : une sélection de BD jeunesse pour les jours de pluie

Sans vouloir nous porter la poisse, on ne peut pas dire que la météo soit avec nous depuis le début du mois d'octobre, alors si rien ne change de ce côté-là, voici une sélection subjective mais assumée de bonnes lectures pour les plus jeunes, à lire au chaud sous la couette la plus proche…
 

Il est de retour dans une nouvelle édition, actualisée et augmentée de contenus inédits, Le Guide du Zizi sexuel pourrait bien être le compagnon idéal de tous les enfants à partir de 9 ans pendant ces quinze jours de vacances. Inutile de présenter son auteur, Zep, le papa du cultissime Titeuf. Dans ce livre, l'auteur aborde des sujets souvent tabous mais essentiels avec une drôlerie, une légèreté, incomparables. Élaboré avec le soutien et la relecture de professionnels de l'éducation à la santé sexuelle, le livre répond à toutes les questions que les enfants - mais aussi parfois les grands - peuvent se poser sur l'amour, le sexe, le baiser, la puberté, les règles, le clitoris, le pénis, les spermatozoïdes, les préservatifs mais aussi le consentement, le harcèlement... Sans surprise, Le Guide du Zizi sexuel a déjà séduit un million et demi de lecteurs. (Le Guide du zizi sexuel, de Zep. Glénat. 10,95€)
Il était une fois un royaume ou chacun vivait à sa place. Du roi aux paysans, en passant par la fille du roi, le cuisinier du roi, le meunier, sa femme et ses enfants mais aussi l'ogre du coin... tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie, dans le calme, assez pour entendre voler les papillons. Du moins jusqu'au moment où un chat, oui un chat, décide de se venger de ceux et celles qui lui ont fait des misères. Et il faut dire qu'il en a connu des misères. Chaussé de grandes bottes en cuir, le chat s'est tout simplement promis de semer la misère et la discorde... Son nom ? Robilar. Connu par d'autres latitudes et d'autres époques sous le nom du Chat botté ou du Maistre des chats. David Chauvel au scénario et Sylvain Guinebaud au dessin nous offrent avec Robilar un nouveau détournement du conte popularisé par Charles Perrault à la fin du XVIIe siècle. Une adaptation aussi rusée que le personnage mis en images, bourrée d'humour, d'action et de dialogues savoureux à double lecture. Pour les petits et les plus grands ! (Robilar, de David Chauvel et Sylvain Guinebaud. Delcourt. 15,50€)
Cinquième volet d'une série pleine de sensibilité, Le Silence est d'ombre aborde comme les précédents la thématique de la mort mais ici sous un angle singulier, comme l'explique l'auteur : "L'univers imaginé est né d'une idée simple : et s'il existait un monde identique au nôtre qui soit son double négatif réservé aux défunts ? Dans un tel cas, les risques pour les habitants seraient inversés. Si les vivants risquent la mort, les morts risqueraient la vie. J'aimais beaucoup ce concept sans savoir quoi en faire. En effet, pourquoi un mort craindrait-il de vivre ?". Dans ce récit que Loïc Clément porte depuis des années en lui, Amun est un jeune garçon à qui la vie n'a pas franchement fait de cadeau. Mort dans l'incendie de sa pension, il se retrouve  dans le monde sombre, un entre-deux entre sa vie passée et une vie à venir. Nullement pressé de retourner parmi les vivants, Amun fait la rencontre de Yaël avec qui il apprendra à voir les choses sous un angle nouveau... Un récit émouvant ! (Le Silence est d'ombre, de Loïc Clément et Sanoe. Declourt jeunesse. 10,95€)
Sept albums en un peu plus de trois ans, Brice Cossu au dessin et Olivier Bocquet au scénario enchaînent les albums à la vitesse d'un TGV en rase campagne. Retour donc vers la préhistoire pour une aventure un peu dingo avec un gamin de 13 ans pour héros, gamin qui s’est retrouvé propulsé là en cherchant ses parents. Frnck, je sais c’est difficile à prononcer mais vous pouvez l’appeler Franck, est un ado d’aujourd’hui, moderne, jean, baskets rouges au pied, du genre à avoir tout le temps le nez sur les écrans. Sauf que là, dans la préhistoire, il n'y a pas plus de TGV que de réseau, pas d’internet, pas de Facebook… mais des bestioles monstrueuses en pagaille, des hommes poilus qui mangent les voyelles, de jolies filles et, dans ce nouvel opus, un avion avec passagers arrivés là on ne sait trop comment... Poilant! (Frnck tome 7, de Cossu et Bocquet, Dupuis, 10,95€)
Sixième volume pour cette série de Mathieu Reynès qui remporte un vif succès auprès des jeunes filles. Il faut dire que l’héroïne que l’on a pu découvrir dès novembre 2015 dans les pages du journal Spirou puis à partir de janvier 2016 en album, est dotée d’un sacré tempérament et d’un pouvoir surnaturel qui peut faire fantasmer, la télékinésie, faculté métapsychique hypothétique de l’esprit qui permettrait d’agir directement sur la matière. Ça peut aider à déplacer des montagnes. Harmony, c’est du fantastique plutôt bien écrit, quelque part entre réalité scientifique et croyances ancestrales.  (Harmony tome 6, de Reynès. Dupuis. 12,50€)
Six tomes, six histoires, six géants et six enfants dotés de capacités naturelles hors-norme forment l'ossature de cette bien nommée série Les Géants qui propose des aventures aux proportions titanesques. Tout commence en Arctique où une multinationale du nom de Crossland Corporation découvre une gigantesque et inquiétante créature prise dans un bloc de glace. Au même moment, en Ecosse, Erin, déjà confrontée à la récente mort de ses parents, doit faire face aux menaces d'une sale bande de gosses jusqu'à ce qu'un géant à priori sympathique intervienne. Ces apparitions simultanées sont-elles dues au hasard ? Toujours est-il qu'Erin se découvre un don très spécial, celui de ressentir l'énergie des arbres. Du fantastique à forte teneur en écologie ! (Les Géants, de Paul Drouin et Lylian. Glénat. 10,95€)
Là-aussi, il est question de géants, tout simplement nous les humains, et surtout de minuscules créatures vivant dans le bois des Mille Feuilles. Entre les deux, ce n'est pas le grand amour. Les premiers ignorent les seconds et les seconds se méfient des premiers depuis qu'une rencontre a tourné au drame. C'est en tout cas ce que raconte une légende. Quoiqu'il en soit, il est désormais interdit pour les petites créatures d'établir le moindre contact avec les géants, au risque de se faire exclure de la communauté. C'est exactement ce qui arrive à la jeune Rameau. Soupçonnée d'avoir enfreint l'interdiction en sortant du périmètre autorisé et de vouer une certaine admiration aux humains, Rameau est condamnée à vivre en exil dans la "Ville monstre" jusqu'à ce qu'elle reconnaisse que les humains ne sont pas fréquentables. Au-delà d'une simple déambulation dans l'Angleterre victorienne, l'auteur Phicil nous offre ici une aventure introspective, 200 pages de féérie graphique réunis dans un écrin de toute beauté publié dans la collection Metamorphose des éditions Soleil. (Le grand voyage de Rameau, de Phicil. Soleil. 26€)
Prenez Patrick Sobral, auteur des Légendaires, plus de six millions d’exemplaires vendus, ajoutez Patricia Lyfoung, auteure de La Rose écarlate, plus d’un million d’exemplaires, complétez avec Philippe Ogaki, qui s’est fait connaître du grand public en adaptant la trilogie de Pierre Bordage Les Guerriers du silence en compagnie d’Algésiras et vous obtiendrez Les Mythics, une série qui met en scène six héros en lutte contre le mal à travers le monde. Avec ce dixième volet se clôt le second cycle. Retour aux affaires dès le 18 novembre avec le tome 11 et des Mythics en lutte contre les 7 péchés capitaux... (Les Mythics tome 10, de Sobral, Lyfoung, Ogaki. Delcourt. 10,95€)
On change de style et d'environnement, retour à la vraie vie, en l'occurrence dans le quotidien d'une banlieue. Rahim en est issu, un gamin pas méchant pour un sou mais mais prêt à tout pour se faire repérer par le caïd du coin. "Je m'appelle Rahim et je pourrais vous être utile", lui lance-t-il à la première occasion. Mais la concurrence est rude. Era, un autre gamin du quartier, sait beaucoup mieux s'y prendre pour se faire remarquer et attirer les faveurs du caïd. Alors Rahim a une idée, montrer qu'il na pas que de la gueule, taper fort. Pour ça, il doit trouver un flingue. Et bien sûr, à partir de là, tout dérape... D'origine nantaise, le dessinateur Akeussel s'est associé au scénariste polonais Sztybor pour réaliser cette fable urbaine au graphisme original, loin du réalisme cru et brutal du scénario. (Que de la gueule, de Sztybor et Akeussel. Sarbacane. 18,50€)
On termine avec un manga, Jizo, un manga oui mais un manga qui n'est pas japonais à 100%. Si la dessinatrice, Mato, est bien originaire du Pays du Soleil levant, le scénariste est lui français. Il s'agit de Mr Tan, alias Antoine Dole, connu de ce côté-ci de la planète pour sa série à succès Mortelle Adèle. Attaché au Japon et notamment à sa culture, Mr Tan a souhaité évoquer ici la question du deuil, de la perte, de l'absence à travers le folklore japonais. "Jizo est un récit initiatique très lumineux, même si le point de départ est sombre", explique l'auteur. Tout commence dans un parc. Aki, un jeune garçon, est assis là, sur un banc. Il ne se rappelle plus le chemin pour rentrer chez lui. Il ne sait même pas comment il est arrivé là. Personne ne prête attention à lui, personne sauf Jizo, un autre garçon, qui lui propose de le suivre. Pas vraiment rassuré, Aki accepte. Au cours de leur périple, ils croisent une sorcière qui chasse les enfants la nuit tombée... Une belle couverture, un bon format, un graphisme soigné et limpide, une histoire émouvante... Coup de coeur assuré !  (Jizo, de Mr Tan et Mato. Glénat Manga. 10,75€)
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