Coronavirus : en Vendée, pour désengorger les hôpitaux, le retour à domicile s'organise avec les infirmiers libéraux

Pour visiter les patients, les infirmiers et infirmières ont besoin de matériel de protection. / © Jean-François Otonello / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
Pour visiter les patients, les infirmiers et infirmières ont besoin de matériel de protection. / © Jean-François Otonello / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Certains patients actuellement hospitalisés pour covid-19 pourront bientôt sortir et libérer des lits. Mais il faudra assurer la continuité des soins à domicile : en Vendée, les infirmiers libéraux s'organisent.

Par Romane Idres

Les lits d'hôpitaux sont limités, et dans la mesure du possible, il faut envisager le retour à domicile des patients covid-19 dés que leur état de santé le permet. Sans pour autant les abandonner à leur sort sans suivi médical.

Assurer une continuité de soin

Pour ces patients, "si la maladie évolue normalement, trois visites d'infirmiers sont nécessaires : une au troisième jour, une au septième, et une aux alentours du dixième jour", nous explique Christian Briola, infirmier libéral à La-Roche-sur-Yon. Mais on ne visite pas un patient covid-19 comme on le fait pour les autres. Alors en Vendée, les libéraux s'organisent. 
 

En lien avec l'ARS, les hôpitaux et l'URPS infirmiers, Christian coordonne les 670 infirmiers et infirmières qui se sont portés volontaires pour visiter les patient covid-19 (soit l'immense majorité des infirmiers présents sur le département). "Neuf personnes m'aident pour organiser un pré-planning. Comme ça, je sais qui est disponible quand. Et lorsque l'hôpital m'appelle pour un retour à domicile, je peux voir qui est disponible pour s'en occuper. L'idée, c'est que les infirmiers ne visitent que des patients covid-19 dans la journée."

Désengorger les hôpitaux

Les infirmiers passeront donc prendre les constantes et mesurer la saturation en oxygène. Ou en cas de nette amélioration, organiser une télé-visite avec le patient. "Les médecins généralistes peuvent aussi me contacter pour la prise en charge de patients pour lesquels l'hospitalisation n'est pas nécessaire, mais qui doivent être surveillés", ajoute l'infirmier. "Ça permet de libérer des lits à l'hôpital et de ne pas mélanger les patients sains avec les patients atteints."

Appel au don de matériel 

Mais pour que ces visites se passent dans les meilleures conditions possibles, les infirmiers ont besoin de matériel. "Pour chaque visite, on a besoin d'une charlotte, d'un masque, de gants et d'une surblouse, que l'on peut jeter en sortant de chez le patient." Mais les stocks sont limités. Alors Christian Briola en appelle à la solidarité, notamment de la part des entreprises : "on ne sait pas combien de patients vont sortir alors on essaie de se préparer. On a par exemple un fabricant de yaourts qui nous a amené des surblouses. Les entreprises agro-alimentaires ou les écoles par exemple peuvent nous aider."
 

Pour cela, il faut envoyer un mail à l'adresse suivante : cpts.terresdemontaigu@outlook.fr. On vous indiquera alors où déposer le matériel près de chez vous, dans l'un des 14 centres covid du département. "C'est hors de question d'envoyer des collègues en visite sans matériel. Nous avons à coeur de soigner les patients, mais pas sans matériel. Et nous le partagerons également avec les auxiliaires de vie, qui ne sont pas considérées comme du personnel soignant et qui pourtant sont au plus près des patients, notamment lorsqu'elles font leur toilette."
 

D'autant que pour le moment, l'épidémie reste assez contenue dans le département. "Notre région est celle la moins touchée par le virus et la Vendée est le département le moins touché, il faut continuer comme ça. C'est signe que les mesures de confinement sont bien respectées ici, et que ça fonctionne.

Sur l'ensemble de la région, d'après les derniers chiffres communiqués par l'ARS (en date du 28 mars), 163 patients ont déjà pu regagner leur domicile après un séjour à l'hôpital.
 

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